Ce billet a été posté le 26 0ctobre 2006.... en mars 2014 l'appel pour le choix d'une approche différente dans l'école publique était lancé ! En juillet 2015 il avait déjà obtenu près de 120 000 signatures !

 

La question de la carte scolaire revient de façon récurrente en ces temps de campagne électorale. Et pourtant on tourne autour du pot en évitant soigneusement d’y tomber. Ce n’est pas la carte qui est en question, c’est le droit au choix..

 

Le choix de quoi ? Le choix d’une école où il n’y aurait que des riches ? que des blancs ? que des « intelligents » ? que des très obéissants ? plus de moyens ?… allons donc ! le seul choix sensé qui soit possible c’est entre deux types d’écoles radicalement différents. Ce sont ces deux possibilités que tout le monde, enseignants, comme parents, comme politiques évitent soigneusement. Paradoxalement au même moment où l’on s’étripe par médias et ministres complices pour proclamer que telle méthode (celle que l’on défend bien sûr) est bien meilleure que telle autre. Au même moment où la « liberté pédagogique » est intouchable au prétexte que, justement, on ne sait pas quelle est « la méthode » qui pourrait être universelle. Ce qui n’est qu’un aveu de l’incertitude absolue dans laquelle se trouve le monde enseignant quant aux façons de conduire ou favoriser des processus d’apprentissage dont on ignore encore quasi tout.

 

Dans le même temps, il n’est pas un responsable de l’éducation qui puisse ignorer qu’il existe, depuis plus d’un siècle, d’autres approches de l’école qui ont fait la preuve de leur efficience et qui inspirent d’ailleurs des système éducatif comme le Finlandais placé au hit parade de la réussite éducative. C’est le mouvement qui a débuté avec des Sébastien Faure (l’école de « La ruche »… malheureusement Sébastien faisait partie de la mouvance anarchiste), des Janus Korkszak (orphelinats « Dom Sierot » créée en 1912 et « Nasz Dom » ; en 1919… malheureusement Janus était Juif ), des Montessori (« Casa dei bambini »…malheureusement Maria n’était que la première femme médecin italienne), AS Neil (« Summerhill »… malheureusement Alexsander n’était qu’un psy), Célestin Freinet (« école de Vence » et des milliers d’enseignants en un siècle… malheureusement ce n’étaient que des instits), et Paolo Freire le Brésilien, Francisco Ferrer l’espagnol, etc. etc. Tous ces pionniers ont tous eu la caractéristique suivante : ils ont tous mis en œuvre ce qu’ils disaient, voire n’ont dit qu’après avoir fait. Ce qui n’est évidemment pas le cas de tous ceux qui tiennent le devant des micros et caméras actuellement.

 

C’est là, et là seulement qu’il y a une possibilité de choix. Comme je le disais précédemment entre Athènes et Sparte. Deux approches radicalement différentes, voire opposées, de l’école et de l’acte éducatif. Mais ni les enseignants, ni les parents, ni les politiques n’ont jamais osé admettre cela, même si on peut se demander d’ailleurs si l’immense majorité n’ignore pas carrément qu’il y a bien deux façons d’envisager l’école. Comme un tabou, soigneusement entretenu.

 

Et j’en viendrais presque à donner raison aux illuminés intégristes de la syllabique : à avoir voulu prendre des morceaux de ces pédagogies modernes en les sortant de la cohérence et de la globalité dans lesquelles ils étaient inscrits, tout en gardant le cadre général et antinomique de l’approche traditionnelle, on a abouti à une espèce de bouillie pédagogique dans laquelle personne ne s’y retrouve vraiment et qui ne cesse de boiter et d’être insatisfaisante.

 

Alors, engageons-nous résolument dans les propositions de Ségolène Royal (choix entre deux écoles au moins), mais à condition qu’il y ait la possibilité de choisir entre deux approches différentes ! C’est vraiment là qu’est l’enjeu. En plus, c’est la seule solution pour que l’on puisse vérifier la justesse des dire des uns et des autres et que cela aboutisse de facto à un véritable choix démocratique. Une réforme, révolution, du système éducatif pourrait ainsi avoir lieu en testant en temps réel les directions possibles à prendre.

 

Et, en plus, nous sortons de la ghettoïsation dont tout le monde s’accorde sur sa dangerosité : je peux par exemple assurer qu’il existe déjà des écoles qui se situent dans la mouvance des pédagogies modernes, en pleine ZEP, où j’aurais aimé pouvoir envoyer mes enfants, que des écoles publiques comme celle de Vitruve à Paris, Antoine Ballard à Montpellier, Célestin Freinet à Brest, Grimaud à Rennes, Anatole France à Vaulx en Velin, etc. font envie à beaucoup de parents. Il a été prouvé, à Gand[1] par exemple que kle choix ne se fait plus alors sur des critères sociaux, les écoles « Freinet » de la ville ayant autant d’enfants de parents immigrés (en particulier Turcs) que d’enfants de « bobos ».

Bien sûr que le choix dépend de critères variés dont la conception que l’on a de l’épanouissement de l’enfant ou une certaine vision des rapports humains. En ce qui concerne l’efficacité sur les apprentissages, peu peuvent encore vraiment juger, et pour cause. Seule une organisation permettant deux approches pourra un jour apporter de vrais éléments de réponse.

 

Alors pourquoi la possibilité que l’on ait un vrai choix à faire fait-elle si peur aux enseignants en premier, aux parents ensuite et enfin révulse les politiques  ?

 

Nous verrons cela dans un prochain billet !

Tous les billets à propos des parents : http://education3.canalblog.com/tag/parents

L'appel pour le choix d'une "autre école" : http://appelecolesdifferentes.blogspot.fr/

[1]  A Gand, la présence dans les écoles communales de ces deux types d’écoles est due à l’action du militant de gauche Armand De Meyer dans les années 70/80