30 août 2007

Rentrée scolaire !

Lorsque des enseignants se retrouvent en stage, c’est à dire qu’ils vont se retrouver dans la position d’élèves, il n’est plus un IUFM qui ne débute pas la première journée de la session par un accueil sympa : café, croissants attendent les stagiaires ; il y a d’ailleurs dans tous ces établissements un hall d’accueil, des coins pour discuter tranquille à deux ou trois, souvent des fauteuils. La première journée démarre presque toujours avec une heure de retard. On a le temps de décompresser, se retrouver, faire connaissance… et se rendre paisiblement dans sa salle. Bref, on a compris que l’on avait tout intérêt à s’engager cools pour les quelques jours que l’on devra passer ensemble. D’ailleurs, même pour une journée de colloque, de conférence pédagogique, plus personne n’hésite à consacrer une heure à…. l’accueil.

Mardi matin, c’était la rentrée de mon fiston. L’école des grands. Ecole comme toutes les autres écoles ou presque. Mon fiston était pas mal stressé, et moi aussi ! L'inconnu stresse tout le monde. Mais il était aussi plein d’envies, et je n’hésitais pas d’ailleurs à en rajouter une couche : « Tu vas voir, tu vas faire plein de choses intéressantes, des choses que tu n’as encore jamais faites,  ça va être génial »

Arrivée devant les grilles. Et oui, à la campagne il y a les mêmes grilles qu’en ville, les mêmes trottoirs qui font office de hall d’accueil.  Et puis, on sait jamais, les terroristes peuvent aussi sévir au milieu des vignes, Vigie pirate veille. Et il vaut mieux ne pas arriver en avance ce jour : les grilles ne s’ouvrent réglementairement que 10 minutes avant l’heure officielle. Il vaut mieux ne pas arriver en retard non plus : pour le premier jour cela la ficherait mal et ce serait le premier regard négatif assuré porté sur le môme… et la famille. Et un stress supplémentaire. Quand la plupart des parents sont obligés d’amener leurs mômes en bagnoles, ont dû négocier avec leurs patrons pour arriver en retard au boulot qu’ils rattraperont d’ailleurs, le timing de la rentrée, c’est du serré. Mais le réglement, c'est le réglement et les enseignants ne sont pas des missionnaires mais des fonctionnaires. Vous avez dit qu’il fallait éviter le stress ?

La première découverte de l’école où il va vivre 4 ans (c’est un peu plus que les 8 jours de stages de ses instits), c’est cette grille, devant laquelle attendent mères, pères qui ont déjà largués leurs pitchouns et qui ont quelque mal à ne pas rester en contact par le dernier lien qui leur reste, le regard.

Et qu’est-ce qu’il voit le pitchoun ? une cinquantaine de mômes dans une cour goudronnée, des plus grands qui s’agitent, des petits figés… et deux maîtresses qui trônent comme des cerbères au milieu de ce qui s’apparente à l’espace de promenade des prisons.

Faut bien le lâcher quand même, mais je sens que son enthousiasme commence à faiblir. Pas un « bonjour », pas un sourire. C’est sûr, ce n’est plus de la rigolade. L’école, ce n’est pas de la rigolade.

Et tout le monde attend. Les mômes dans la cour, les parents sur le trottoir. Attend quoi ? que la montre, le signal et la directrice fassent mettre tout le monde en rang. Il y a deux classes seulement, mais pas question de rentrer dans le temple (ou la prison) si la première manifestation de l’ordre, de l’autorité, de la mise au pas, ne soient pas cet alignement militaire dont on a du mal à trouver un autre sens. Même les moutons ne sont pas astreints à cet exercice. Si j’étais directeur d’IUFM, j’obligerais les étudiants, les profs en stage, à ne rentrer dans l’établissement qu’en rangs par deux, impeccables. Après avoir attendu dans une cour, été comme hiver, par beau temps ou sous la pluie ou dans le gel. Comme tout le monde réclame le retour à la « vraie » discipline, j’imagine que tous apprécieraient.

Et ça y est, le rang est fait. Les anciens sont déjà formatés. Mais je vois dans le dernier regard de mon môme une immense incompréhension et un peu de détresse, lui qui les années précédentes rentraient directement dans « sa » classe en faisant péter un bonjour sonore à sa maîtresse qui le lui rendait par un sourire, pouvait lui faire voir la bestiole qu’il avait trouvé, caresser le lapin, commencer à tapoter à l’ordinateur en attendant que les autres arrivent ou ressortir attendre Jean avec son ballon de foot. Et même il pouvait m’amener voir ce qu’il ou ils avaient fait la veille. Nous étions tous deux dans « son autre maison ». Et cette « maison » était ouverte dès que la « maîtresse… de maison » y était.

Mais voilà, pour sa quatrième rentrée, Martin venait cesser d’être un enfant, voir un simple être humain : il n’était plus qu’un « élève ». Il ne manque plus que l’uniforme et un matricule.

Quand la porte s’est refermée et la cour vidée, étrangement les parents restants ont eu quelque mal à rentrer. Quelques-uns se sont retrouvés au bar du village devant un café. Dans les yeux de quelques-uns de mes coreligionnaires parentaux, il m’a bien semblé lire un peu de détresse. Mais voyons ! Il faut bien qu’ils y passent ! j’y suis bien passé et je n’en suis pas morte ! Faut bien qu’ils apprennent la vie ! (curieuse conception de la vie, et on s’étonne que parfois le chaudron de cette vie explose !), ça va leur faire du bien, ça va les dresser ! (au niveau du « dressage » on en a les résultats tous les jours, même aux infos de la télé !)

En rentrant, je me suis dit que bon, cela allait s’arranger dans la classe, que c’est là qu’allait avoir lieu le véritable accueil. Lorsque je suis retourné le chercher le soir, il avait l’air éteint. Dans la voiture, il m’a expliqué qu’il avait eu sa première… punition. Cinquante lignes parce qu’il avait bavardé après un exercice, à faire pendant la récréation. Cinquante lignes à un môme de 7 ans qui commence tout juste à écrire. Je lui ai suggéré de négocier une « réduction de peine ». A-t-il osé le faire ?

Je n’ai pas voulu aller, dès la rentrée, rappeler à cette maîtresse que pensums et privation de récré étaient interdits. Ce qui aurait été pris d’emblée comme une déclaration de guerre. Et puis je sais que cette maîtresse a peut-être peur, peur des mômes, peur des parents, peur d’elle-même  et qu’elle devait être encore plus stressée que tout le monde. Le stress, notre école française en est la championne du monde. Je sais qu’elle fait des choses intéressantes dans sa classe, qu’elle favorise un peu l’expression, la coopération. Il faut que je lui donne une chance en même temps du coup qu’une chance à mon enfant. J’ai relativisé avec Martin, commencé à lui apprendre qu’il fallait se méfier de ce monde, être malin, voire tricher avec les institutions pour y survivre au mieux, tirer son épingle du jeu.

Il venait de découvrir ce qu’on appelle « la société ».  Mais c’est bien triste.

Bien sûr il s’adaptera. C’est le propre de l’espèce humaine de s’adapter. Les esclaves, les prisonniers s’adaptent. Jusqu’au point d’intégrer leurs conditions comme normales, voire naturelles. Il va falloir que je lui apprenne à résister intelligemment… pour se sauvegarder lui-même.

Et pourtant, ces maîtresses sont de « braves » femmes. Consciencieuses. Voulant bien faire leur métier comme l’immense majorité des enseignants, pour le « bien » des élèves. Mais comment expliquer ce manque absolu de simple bon sens ? Ce qui relève presque de l'ignorance ? Cette perte d’humanité dont pourtant ellles se réclament ? Cette absence de lucidité ? Comment expliquer qu’elles soient incapables de saisir que ces enfants vont passer l’essentiel de leur temps à vivre (vivre) ensemble pendant 4 ans et que cela ne se fait pas par simple coup de sifflet, mise en rang et punitions dès la première seconde ? Comment expliquer que personne ne le leur ait expliqué ?

Il n’y a pas de doutes, il faut les mettre en rang et assortir de quelques punitions leurs conférences pédagogiques ou leurs stages. Peut-être comprendraient-elles alors.

Quand je pense que, lorsque j'enseignais en classe unique, le premier jour de la rentrée... nous ne rentrions pas mais nous partions en pique-nique, bader le long des buissons pleins de mûtes, avec les parents disponibles qui mangeaient avec nous, pour prendre le temps de nous retrouver, raconter, se laisser aller, plaisanter, rire,... faire la fête ! pas facile d'être seulement père après ça !

Ce matin, Martin est parti à l’école, mais son regard ne brillait pus.

Je vais avoir du boulot !

Le 29 août 2007

Posté par bernard_collot à 11:29 - - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires sur Rentrée scolaire !

Aaaarrrrrgggghhhhh !

Quel tableau !...... Malheureusement même pas caricatural !!!!

Mes enfants ne rentrent que dans cinq jours, et en dépit de mon enthousiasme factice, ils ne sont pas très emballés :-/...

L'année dernière, pendant la première matinée de mon fils en CE1 la maîtresse s'est VANTEE d'avoir arraché 40 pages pour leur apprendre à respecter les consignes !!!!...

Mama mia, quel sadisme nous pousse à les laisser dans les griffes de telles personnes ? J'y pense presque chaque jour avec beaucoup de honte et pas mal de mépris pour moi-même ...

Heureux les parents, comme mon mari, qui ne permette même pas au doute de les effleurer : l'école, c'est un passage obligatoire, point-barre, il n'y a rien à discuter...

Une amie m'a même dit lorsque je lui racontais que mon fils de 3 ans ne voulait plus aller à l'école "Ah oui ! Mais là, c'est une chose que les parents ne peuvent pas entendre ! Avec laquelle ils NE PEUVENT PAS être d'accord !"... Heu... Ben si : je peux entendre, et même j'ai été d'accord avec lui puisque, en accord avec la maîtresse, on a fait un break ....

Hauts les coeurs !

Posté par Laurence*, 30 août 2007 à 15:30
à Laurence

Pas de honte ou de mépris pour soi : l'école n'est qu'une face d'une société qui s'accomode des guerres, massacres, et autres fabioles. Se retirer dans une île déserte n'est pas possible. A des situations qui dé&passent un entendement normal, il faut faire bouger les situations ! Il y a plus de gens "raisonnables" qu'on imagine. Il y en a même qui peuvent devenir raisonnables. Le tout est de rouiver les stratégies qui peuvent remettre, même un tout petit peu, les têtes à l'endroit. Constituer peu à peu une force et mettre au point des stratégies, les essayer, les rectifier... voilà un bon sujet d'échanges.

Posté par bernard_collot, 30 août 2007 à 17:15
les larmes au yeux

Et bien moi j'ai les yeux qui brillent ,sûrement pas ceux de l'enfant épanoui qui trucule de joie parce qu'il sait qu'il va vivre ,s'éclater et apprendre dans la convialité la liberté et le vrai "laché "mais j'ai bien les yeux qui brillent parce les larmes m'en tombent , comme les bras ,comme la boule au ventre que j'ai eu ,les presques 15 ans de ma scolarité , je suis révolté ,j'en ai marre de ma diplomatie et j'ai envie de tout péter ,après on s'étonne que certains enfants soient violents ,mais se sont les plus intéligents !!!! Les plus sensés !!! il est même étonnant ou inquiétant qu'il n'en ai pas plus . Courage Martin nous t'aimons Toi, et on les emmerde !!!!!!!!

Posté par jy, 30 août 2007 à 19:46

Ben oui Bernard, ce n'est qu'une face de la société...... alors pourquoi faire comme si elle était INCONTOURNABLE ? Dans les guerres, les forces d'interposition viennent de pays en paix, je me trompe ? Et dans les famines, les pays qui peuvent aider ceux qui la subissent sont ceux qui ont réussi à la dépasser, pas vrai ?

Il ne s'agit pas de se retirer dans une île déserte ! Il s'agirait au contraire de ne pas parachuter tous nos enfants d'office par paquet de 30 dans une île déserte hostile pas loin de 1000 heures par an MINIMUM pour les chanceux qui ne se fadent ni cantine, ni garderie ni étude (pour ceux-là, on peut presque doubler ce temps !)...

Alors, bien sûr, oui pour les stratégies...... Pour ma part, là, je crois que je n'aurais pas laissé mon fils négocier tout seul : il ne fait forcément pas le poids ! Les 50 lignes à faire pendant la récré, c'est une doucle infraction aux règles professionnelles de cette dame non ?! Et la peur de l'Autre ne justifie pas l'attaque, si ?! C'est arrivé à deux ou trois reprises à un de mes fils et je suis intervenue diplomatiquement, mais fermement (textes en main mais je n'ai pas toujours eu à les sortir ...). Je sais qu'il a été rassuré de se voir soutenu concrètement et il a pu ensuite gérer seul plus sereinement d'autres mésaventures de ce genre...

D'ailleurs, ne penses-tu pas qu'elle TE testait en utilisant ton fils ? Est-ce acceptable ?...

En réfléchissant à ce que peut être une stratégie un peu plus générale, je suis trèèèèès pessimiste sur celle de l'imprégnation au compte-goutte... Depuis combien d'années existe-t-elle ? Les discours ambiants me laissent malheureusement penser que c'est une aventure un peu vaine, non ?!!!... Alors, faire SANS pour mes propres enfants dont les 10 années fatidiques sont tellement vite passées, c'est vraiment plus que tentant... C'est même la seule isssue qui me paraisse vraiment digne vis-à-vis d'eux... d'où ma honte et mon mépris de moi persistants !

Allez ! Je retourne profiter de nos quelques dernières journées de vacances : je vais faire la sortie "cueillette de mûres" sans les maîtresses !!!

Posté par Laurence*, 31 août 2007 à 09:56
re- à laurence

Le "incontournable" est effectivement insupportable. C'est pourquoi je lui préfère le "changeable". Ce changeable, l'histoire des révolutions a démontré qu'il n'avait jamais été réellement effectif par un changement global instantané. C'est donc bien par une multitude d'actions au quotidien que peu à peu on peut passer ans une autre planète. C'est d'ailleurs l'expression qu'avait employé un jour Marcel Trillat de Franc 2 venant faire un reportage dans mon école : "on a l'impression de débarquer dans une autre planète", cette autre planète incluant parents et village. C'est donc possible. Et dans ma nouvelle vie de ce RPI, je ne suis pas resté inerte et par petites touches j'ai pu légèrement modifdier la donne. Le problème c'est que comme parent, je n'ai pas dix ans pour modifier la planète scolaire locale. C'est notre problème d'avoir à faire au mieux dans le quasi immédiat, celui auquel se heurtent nos enfants.
Cettte action se situe aussi bien dans des rapports de forces à établir (opposer un contre-pouvoir)que dans des rapports inverses de libération : il faut aussi aider les enseignants à se libérer (de leur stress, de leurs peurs, de leurs croyances souvent imbéciles, de l'image qu'ils se font des parents etc.). J'ai commencé cela dès l'entrée à l'école de mon fils en aidant d'abord les parents à constituer un collectif, une entité. Les problèmes de l'un sont aussi ceux de tous. Et cela commence à prendre. A condition de respecter les identités de tous comme on le fait ou devrait le faire pour les enfants. A condition que cela devienne une force tranquille. Et les enseignants qui s'inquiétaient quelque peu de ce que pouvait bien faire un huluberlu de mon genre commencent à m'en être gré et de réels petits changements ont pu avoir lieu dans au moins 3 classes. Il est vrai que je suis un vieux singe... même si le fait d'être un vieux singe parent m'a placé dans une position identique à celle d'un noir ou d'un arabe débarquant il y a 30 ans dans un village du fin fond de la France ! Le racisme, la peur de la différence, la suspicion, dépasse largement les couleurs d'une peau.
En ce qui concerne l'intervention à faire ou à ne pas faire quand son enfant est en but à une stupidité scolaire, tu poses un vrai problème. Dans le cas de Martin, il était également important que, dans un premier temps, du côté de son père et de sa mère, il sache d'abord qu'il pouvait nous raconter, tout nous dire, sans crainte des conséquences imprévisibles que cela pouvait avoir ensuite dans sa relation à l'école. Nombreux sont les enfants qui, souvent très justement, se taisent pour éviter une intervention dont ils sentent bien qu'ils en paieront les retours de bâton (pouvoir absolu subtil et non contrôlé des enseignants à l'intérieur de leur territoire). C'est d'ailleurs un vrai problème puisque ceci favorise l'immobilisme de l'école, les stupidités, voire les infamies (les pédophiles ou tortionnaires ont ainsi pu sévir en toute impunité).
J'ai donc d'abord aidé Martin à relativiser, à ne pas se laisser démolir par les heurts qu'il rencontrera avec l'Institution, voire à lui apprendre le contournement...
Mais n'ait crainte, je ne vais pas rester inerte ! Je suis vraiment un vieux singe !

Posté par bernard_collot, 31 août 2007 à 13:17
d'un instit

Prof des écoles, je comprends malheureusement bien tout ce que dit Bernard Collot. Pendant 5 ans, j'ai bien aussi usé de mon pouvoir.... pour me protéger. Me protréger des enfants, des parents et probablement de moi. Oui, dès le premier jour, par peur d'être débordé, j'ai eu tendance à "les mettre au pas", sans intention méchante pourtant. C'est seulement maintenant que j'ai à mon tour un enfant que je commence à comprendre que j'ai affaire à des enfants. C'est triste mais c'est tout le système éducatif qui est triste. Cette année, j'ai enfin compris que nous allions d'abord vivre ensemble, comme lorsque mon enfant est né j'ai compris qu'on allait aussi vivre ensemble et que cela allait se faire peu à peu, tranquille comme le dit Bernard dans son site. J'ai compris que l'important n'était pas là où je le croyais. Mais c'est dur !
Merci à Bernard Collot de nous renvoyer crument ce que nous devrions savoir.

Posté par Jean, 31 août 2007 à 13:27

J'allais vous dire que l'école n'est pas obligatoire seulement, vous le savez sûrement déjà
C'est affreux ce que vous racontez.
C'est toujours la même histoire, le pouvoir des adultes exercé sur les enfants au nom de quoi et de quel droit ?!?
Bon courage pour la suite.

Posté par mamansursaplanet, 02 septembre 2007 à 20:27
affreux ?

Ce que j'ai décrit (la rentrée) parce que étant directement concerné et aussi parce que mon passé me pertmet de le voir avec une certaine lucidité cruelle, c'est ce qu'est d'une façon générale le système éducatif français. Ce que d'une façon aussi générale on ne voit pas ou on ne veut pas voir ou on ne peut pas voir. Paradoxalement, je n'en veux pas aux enseignants dont leurs propres comportemeents leur échappe, tant le système mis en place depuis plus d'un siècle induit ce type de comportement. Si un grand nombre de parents, de citoyens, prenait conscience de cela, alors une transformation, même une révolution (au bon sens du terme) deviendrait possible. C'est cette prise de conscience qui doit d'abord avoir lieu.
Concernant la déscolarisation, je comprends que l'on puisse être amené à la mettre en pratique, qu'un environnement favorable puisse la permettre, mais comme citoyen et même comme parent, il ne m'est pas possible de la prôner. Ce ne peut être pour moi qu'un pis aller accessible à quelques-uns mais c'est quand même une fuite (ce quui ne m'empêche pas d'estimer celles et ceux qui prennent cette otpion).

Posté par bernard_collot, 03 septembre 2007 à 10:21
même accueil froid ici

pour une rentrée en petite section ! y'a vraiment du boulot, s'il n'entenait qu'à moi.......

Posté par estouest, 03 septembre 2007 à 10:55
Quelques grammes de douceur....

Juste un témoignage plus positif...
Rentrée ce matin pour mes deux grands... L'un intenable depuis trois jours telle est son impatience à rentrer à l'école des "grands", l'autre beaucoup plus mitigé à l'idée de retourner à l'école...
Accueil dans la cour pour tous les parents, quelques mots pour présenter les enseignants et leur classe, dire "voilà, c'est parti".
Accueil dans le vestiaire-salle de gym pour les PS et MS, qui aura lieu tout au long de l'année. L'instit de maternelle est accompagnée de DEUX atsem !!! En effet, l'une part en retraite dans quinze jours et a choisi de faire la rentrée, l'autre est sa remplaçante, qui arrive donc deux semaines plus tôt. Il y aura donc trois paires de bras disponibles pour tenir une main pas rassurée ou réconforter un gros chagrin. J'ai d'ailleur laissé monsieur Deuz accroché à l'une de ses mains, après un calin de maman et un bisou de la maîtresse....
Quand à Prems, chaleureusement accueilli par la maîtresse de CP, qui cotoyée l'an dernier dans la cour, savait QUI il était, il a foncé sans se retourner vers les copains, exhiber son cartable neuf et expliquer que maman n'avait pas trouvé l'un des cahiers...
Une année qui reprend dans la bonne humeur donc...

Je précise peut-être : mes enfants sont en "privé non-confessionnel sous contrat", je crois qu'on dit ça...
CHAQUE instit en nous croisant nous a salué d'un retentissant "Demat !" et "mand ara, mat ?"
Bonjour, ça va bien ?

ya ya trugarez....
et cette deuxième rentrée chez les bretons nous confirme dans un choix que nous avions eu bien du mal à faire.....

Posté par picokoa, 03 septembre 2007 à 11:57

entendu ce matin à la radoi : à l'essai dans une école communale : le "permis à points" pour enfant...
Les enfants de maternelle et de primaire disposent de 6 points, ne pas se mettre en rang correctement coûte un point, jouer avec la nourriture 3 points, dès trois points perdus, convocation des parents pour les avertir, si tous les points sont perdus, exclusion temporaire de la cantine.............

Rien n'est dit sur les moyens de récupérer les fameux "points".

Que dire ?? Les bras m'en tombent...
responsabiliser les enfants, je veux bien (j'ai pu constater que même jeunes ils en sont bien souvent capables, à leur mesure... ). Mais là....

Posté par picokoa, 04 septembre 2007 à 22:09

Je pense que certains parents sont demandeurs de ce type de rentrée, pour preuve un collègue hier qui me racontait tout heureux celle de sa fille et qui continuait en me disait que vu la petite n'avait pas eu de devoir le premier jour il lui en avait inventé un pour l'habituer, je suis restée bouche bée!
Mes fistons sont rentrés hier, l'école est humaine, ouf, cela a commencé par un petit-déjeuner pris tous ensemble...et lorsque mon premier rentré en CP (je suis belge et donc 1ère année primaire ici) m'a raconté sa journée, il m'a dit qu'ils avaient beaucoup parlé et que son instituteur aimait les barbecues, je pense donc que la journée fut toute en présentation et mise en confiance.
Maintenant, tout n'est pas parfait non plus et les écoles belges ont d'énormes lacunes tout comme en France vu qu'elles suivent de fort près votre système.
Heureuse de vous lire et d'en apprendre un peu sur l'autre "bord" de l'enseignement.

Posté par Et-fée-mère, 05 septembre 2007 à 10:56
à et fée mère

Etr oui il y a heureusement des enseignants qui privilégient l'humain, ne serait-ce que parce que ce n'est qu'à partir de l'humain que toute construction humaine (apprentissages) peut avoir lieu. Je crois avoir été de ceux-là et même d'en avoir fait l'a priori fondamental de l'école. Malheureusement ils ne constituent pas une majorité et l'Isitituion ne le prône pas, encore moins aujourd'hui chez nous.
Paradoxalement, je vais prendre la défense (toute relative !) de l'autre majorité, celle des parents, qui croit de toute bonne foi que tout doit passer par l'ennui, la contrainte, l'effort qui fait souffrir, la coercition : à leur décharge, d'une part ils n'ont que les représentations que l'école, leur propre scolarité dont on s'efforce de dissimuler les souffrances et les gâchis, leur ont forgées à leur insu. Si l'on rajoute à cela l'énorme pression médiatique en France qui ressasse sans cesse ce qu'il faut penser, ignore délibérément que d'autres choses existent, sont possibles et sont efficaces, on ne peut s'étonner.
Mais c'est à nous, parents, enseignants, citoyens qui savons que l'on peut sortir de l'absurdité de contribuer à ce que se forge une autre opinion publique ! j'ose espérer que ce blog y contribue modestement ! après tout, c'est à nous de faire d'internet un média démocratique.
Mais en Belgique, chère amie, il existe aussi des écoles géniales ! j'ai été invité à deux reprises à Bruxelle et à Gand pour intervenir dans les groupes des "écoles Freinet", et, ma foi, nous pouvons même vous envier quant aux écoles pionnières et humaines : ainsi à Gand quand un tiers des écoles communales sont de type Freinet et que les parents ont ainsi la possibilité de choix pédagogique réel, c'est inimaginable dans n'importe quelle ville française !
Intenationalisation la lutte pour l'humain ! le vieux rêve de la chaîne non pas industrielle mais humaine !

Posté par bernard_collot, 05 septembre 2007 à 15:33
S'adapter?

Bonsoir,

Après avoir passé bien des soirées à lire dans tous les sens votre "pédagogie de la mouche", je découvre avec plaisir ce blog...
Vous êtes fort courageux : après une matinée "d'accueil" de ce type pour ma fille de 3 ans, je l'ai déscolarisée ; et après une année suivante à mi-temps, nous avons décidé que nous ferions sans... nous entamons donc notre quatrième "non-rentrée", et les enfants ont la joie de profiter enfin du soleil, du jardin, et des copains du quartier en fin d'après-midi, après l'école. Savez-vous qu'ils sont tous incrédules, ces chouettes copains, et viennent tous vérifier auprès de moi (autorité de référence!) que mes enfants ne racontent pas des bobards, c'est vraiment vrai qu'ils ne vont pas à l'école? La chance... lâchent-ils alors ...

Cela dit : j'aurais apprécié d'être relayée par une structure telle que vous l'avez pratiquée, une structure qui ne me mettrait pas à la porte, une structure qui accepterait qu'on voyage avec le papa (sur temps scolaire), un lieu de vie où on irait partager, échanger, chercher avec les autres, mettre en commun...

Et c'est aussi en tant que citoyens, croyez-le, que nous refusons de cautionner ce système archaïque et coercitif.

Je reviendrai vous lire, bon courage à votre fils...

Posté par Maille1, 06 septembre 2007 à 01:40
à Maille1 - déscolarisation

Je comprends parfaitement votre choix de déscolariser. Je fais partie des très rares enseignants qui ont de l'estime et une certaine admiration pour ceux qui font ce choix.
Mais peu-être est-ce parce qu'après toute une vie à défendre cette école publique pour ce qu'elle pourrait être, devrait être, que je n'ai pu m'y résoudre. Et puis aussi parce que j'ai un privilège : je connais tellement la machine, ceux qui y opèrent, que j'ai encore quelques moyens que n'ont pas les parents lambda, pour en atténuer les effets, modifier les comportements, compenser les méfaits, et surtout aider mon môme à ne pas être détruit, voire à en tirer un certain nombre de bénéfices qu'il ne pourrait avoir, seul à la maison. Je suis un vieux singe !
Il n'empêche que je garde toujours dans ma poche ce recours ultime après celui d'un éventuel changement d'école qui a l'inconvénient de couper l'enfant de la vie parallèle qu'il se construit malgré l'institution (ces copains, d'autres parents etc.)
On peut faire changer les choses dans beaucoup de cas. Les 4 années précédentes, bien qu'avec deux institutrices traditionnelles, l'école a été réellement humanisée.
Et, alors qu'au départ sa mère et moi étions bien les seuls à demander toute autre chose de l'école, nous sommes maintenant un petit noyau de 5 ou 6 familles qui perçoit dans ses tripes les absurdités des comportements ensignants et des principes auxquels ils se cramponnent. Ce n'est pas un renversement de tendance, loin de là, mais, mine de rien, une modification des rapports de force et de la pression qui dicte souvent la conduite des enseignants.
Par exemple, tous les parents sont maintenant au courant que les devoirs écrits sont interdits et les institutrices savent qu'ils le savent ! Si peu sont encore convaincus de leur nocivité et si les instites continuent par des moyens détournés, cela limite les excès et surtout les excès sont cette fois perçus par la majorité qui réagit alors.

Posté par bernard_collot, 06 septembre 2007 à 10:07

L'école est un moyen de plonger les mômes dans la société. C'est une mini société où l'on oblige les enfants à faire ce que l'on leur dit, à accepter les injustices, à travailler dur pour avoir une « récompense », à être le premier.
Enfin, c'est ce que j'ai retenu de mes tristes années de primaire où on m'a littéralement bourré le crâne.

Mais je vois qu'au plus ça va, au plus cette mini-société évolue... On accumule les interdictions, les systèmes de points, les sanctions. Ce qui est dommage dans les systèmes de points actuels c'est qu'ils sont encore plus négatifs que l'ancien système de nos « bons points ». Comme si les bonus avaient été remplacés par des malus.

Je crois que l'erreur dans tout ça, c'est qu'on enferme les enfants dans un système et dans une société de stress, de brimades et de privations qui ne les éduque absolument pas. Opressés et angoissés, ils perdent tout repère et deviennent violents, insolents... Ils sont frustrés.

Outre la rigueur des professeurs, le contact avec les autres élèves, qui oblige l'enfant à ne plus être le seul, le chouchou des adultes, à faire partie d'un groupe, à s'y intégrer, est extrêment dur. L'élève peut-être rejeté, subir des moqueries et est dévalorisé. Ils ont besoin d'un soutien mature et ne reçoivent qu'avertissements et punitions.

Me trompé-je ?

Posté par MarieMagenta, 12 septembre 2007 à 10:17
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