Très bousculé en ce moment, j'ai quelque mal à aborder tous les sujets qui quotidiennement mériteraient d'être soulevés !

Le dernier en date, les rythmes scolaires et la semaine de 4 jours. Tarte à la crème récurrente  ou os jeté aux médias ce qui évite de s'appesantir sur d'autres sujets bien plus gênants. De toutes façons, on a beau triturer la chaîne industrielle scolaire dans tous les sens, on ne la change pas, pas plus que son inefficacité et ses nuisances. Quatre jours ? cinq jours ? quatre jours et demi ? on a déjà tout essayé sans que cela ne change grand chose. Et puis tous les enseignants le reconnaissent : compressez la chaîne, vous compressez ce qui se passe dans chaque maillon. Si vous diminuez ce que doit produire la chaîne (l'ingurgitation de programmes), égosillements sur une soi-disant baisse de la "qualité" ! Alors ce que l'on enlève d'un côté (une demi-journée) il faut absolument le rajouter à un autre endroit de la chaîne (diminution parallèle des vacances), chacun sachant bien que les journées supplémentaires rajoutées avant les vacances ne servent pas à "finir des programmes" dont les mômes ont déjà l'overdose. Ce qui est finalement l'intérêt inattendu de ces journées où on peut souvent enfin respirer à l'école. Mais pas question de diminuer aussi l'emprise de l'école. Tiens ? serait-ce si nuisible ?

Tout le monde doit quand même bien se douter que le problème n'est pas dans une répartition de la dose obligatoire qui reste dans tous les cas tout aussi indigeste. Diminuer la dose en la servant toujours de la même façon n'a pas plus d'effets, tous les diététiciens vous le diront. Et les aliments indigestes seront toujours indigestes.

Vouloir se servir des travaux par exemple de Hubert MONTAGNER sur les rythmes scolaires de l'enfant c'est également l'impasse : celui-ci, que je connais bien, n'a fait qu'observer ce qui se passait dans l'enseignement traditionnel. Dans ce cadre pré-établi, il n'a fait que constater à quels moments les enfants, collectivement, répondaient le mieux aux stimuli de l'enseignant (réactions collective aux consignes) mais pas à quels moments et selon quels rythmes ils apprenaient réellement. Il m'a avoué lui-même qu'il lui était impossible matériellement de faire des observations du même type dans une classe fonctionnant dans une autre approche où les constructions individuelles de chaque enfant s'effectuaient à travers la réalisation d'une multitude de projets émanant d'eux-mêmes ou du collectif. Tous ces autres travaux (l'enfant auteur de ses apprentissages) vont d'ailleurs dans le sens des rythmes individuels, non linéaires, non prévisibles.

La croissance d'un enfant, qu'elle soit physique, intellectuelle, psychologique, cognitive n'a strictement rien à voir avec la production massive et programmée "d'objets" standardisés d'une chaîne industrielle.

On peut toujours le croire et s'évertuer à discutailler sur le rythme de la chaîne. Le seul point positif, c'est qu'à se propos on ne s'empoigne pas, anciens ou modernes. Mais est-ce vraiment positif ? Cela évite juste d'avoir à s'interroger sur le fond.

J'avais écrit il y a quelques années une contribution pour une table ronde d'une ennième concertation nationale qui n'a pas eu plus d'effets que les précédentes ou les suivantes.

A contrario, j'y défendais une école ouverte en permanence, y compris pendant les vacances comme cela se passait dans ma petite école (espaces éducatifs permanents). Elle mériterait d'être actualisée, approfondie et ré-écrite. Le temps me manque. Vous la trouverez là :

http://perso.orange.fr/b.collot/b.collot/rythmes.htm