Réforme, réforme et  re-réforme ! le mot miracle ! prononcé un nombre infini de fois ces derniers mois, ces dernières années, et encore plus aujourd’hui.

D’abord, il y a mille réformes possibles et différentes, mais tout est réduit en ce qui serait LA réforme. Bonnes gens, nous allons faire LA réforme, parce qu’il n’y en a qu’une !

 

C’est la plus vaste escroquerie intellectuelle à laquelle se prête complaisamment médias, pseudo intellectuels, politiques, tout ce qui a micro sur rue.

 

Or, tout ce qui est annoncé à grands cris, psalmodié comme la potion magique à faire ingurgiter de toute urgence au populo, n’a strictement rien à voir avec ce qui pourrait être une réforme ou une autre réforme. Les mesures annoncées,  soi-disant réclamées, ne changent strictement rien au système d’où découlent maux, injustice, inefficience. Elles ne font que, tenter d’aménager le système en restreignant certains de ses effets (retraites, sécurité sociale), l’amputer d’une partie sur laquelle il reposait (détricotage du code du travail), réorienter l’attribution de moyens (carte judiciaire), réorienter la distribution étatique (cadeaux fiscaux)... Ce qui ne réforme rien du tout !

 

 

Dans le domaine que je connais le mieux, l’éducation, ce serait à mourir de rire si ce n’était si dramatique. Voilà une réforme, annoncée à coups de clairons comme celle du siècle, qui consiste à supprimer trois heures de classe pour la majorité pour les faire subir à une minorité, à rajouter des contrôles et des évaluations à tous les coins de la scolarité comme on rajoute des caméras de vidéosurveillance à tous les coins de rue, à pondre un ennième programme, à instaurer des « stages » pour ceux que le système aura ou loupé, ou abimé, stages animés par… les mêmes, à proclamer une liberté pédagogique qui a toujours exister et qu’on aurait bien du mal à supprimer puisqu’on ne sait pas comment les enseignants pourront bien arriver à remplir les objectifs annoncés aux micros, tout en obligeant lesdits enseignants à pratiquer des méthodes officielles (comme si un ministre de l’agriculture décidait que les vignerons devront tailler comme ceci et pas comme cela, à tel moment et pas à un autre, ou comme si un ministre de la santé imposait le retour à la saignée systématique !) etc. Bref, faire croire au « peuple » qu’on a tout réformé quand on ne réforme rien du tout et qu’en fait de réforme on revient à toute allure à la préhistoire de l’école.

 

 

Dans le système éducatif il n’y a eu que deux moments où il y a vraiment eu tentative  d’un début de réforme, c’est à dire de modification du système éducatif :

 

- Lorsque l’on a instauré le collège unique pour tous. L’ennui c’est qu’à partir de cette modification partielle de la structure du système éducatif, on n’a pas d’une part modifié la conception éducative et les pratiques du collège, on n’a pas d’autre part modifié la conception et la structure de ce qui était en aval du collège. Cela a été comme mettre du gasoil dans un moteur à essence ! et de s’étonnetr ensuite que cela ne marche pas.

 

- Lorsque l’on a instauré les cycles. L’ennui, dans ce cas, c’est que cet embryon de réforme n’a jamais été appliqué ; et on accuse la même inappliquée réforme des maux d’aujourd’hui !

 

 

Ce qui est le plus inquiétant, c’est que tout le monde gobe cela sans sourciller. Seulement récriminer après un « programme » encore plus stupide que les autres, qui sera « appliqué » de la même façon que les autres, c’est aussi s’éviter de remettre en cause un système, remise en cause qui, elle, serait une réforme.

 

 

Finlandais, quelle potion magique avez-vous absorbée ?