L'éducation ou l'école au jour le jour

Réflexions pour une autre école, une autre éducation, sous forme de billets. L'école vue par un ex enseignant toujours parent, en complément au site "Une école du 3ème type" (http://perso.orange.fr/b.collot/b.collot/)

12 octobre 2008

Conseil d'école : les limites de la démocratie

Les élections des délégués des parents d’élèves au conseil d’école vont avoir lieu. Nous allons tous recevoir une enveloppe avec les instructions de vote de l’administration,  une ou deux listes à ne pas gribouiller, à en mettre une dans une enveloppe… et à mettre ladite enveloppe dans le cartable ou la cahier de liaison de nos mômes, et hop ! jusqu’à l’an prochain, nous n’en saurons pas plus. Pas plus que nous ne saurons d’ailleurs comment ces listes, le plus souvent de parfaits inconnus, ont été constituées. On vote quand même, machinalement, pour un machin dont tout le monde dit que ça ne sert pas à grand chose et dont nous ne saurons d’ailleurs le plus souvent jamais, les effets des 3 petites réunions annuelles de ce conseil.

Bien sûr, les pouvoirs d’un conseil d’école et des parents dans ce conseil sont limités. Mais c’est, dans le système éducatif, la seule institution dans laquelle sont admis les seconds principaux concernés par l’école après les enfants, les parents !

Or, légalement, ce conseil aurait de réels pouvoirs si son déroulement s’effectuait conformément aux textes… et si les parents délégués le savaient… et l’assumaient. Il n’a pas pour seule fonction de régler les problèmes de restauration scolaire, de sécurité, de fournitures, de locaux, des horaires, des transports scolaires, qui ne touchent pas réellement ce qui se passe dans l’école et qui font l’essentiel des discussions de la plupart des conseils et ne peuvent se solder que par… un avis.

Deux de ses attributions touchent pourtant à l’essence de l’école et doivent se conclure, elles, par un vote.

Le règlement intérieur.

C’est lui qui doit, en principe, régir le fonctionnement de la vie scolaire. Bien souvent c’est un truc poussiéreux dont on ignore quand il a été concocté et qui n’est brandi que lorsqu’on a besoin de rappeler quelques interdits aux élèves et à leurs parents. Et puis, dans chaque département, il y a un règlement type dont on nous dit qu’on ne peut modifier que quelques virgules ou les chiffres des heures d’entrée et de sortie dans les limites admises, ou rajouter quelques interdits ou règles morales. Mais il faut quand même qu’il apparaisse comme émanant de chaque conseil d’école, même s’il incombe à l’équipe enseignante de le proposer : « le conseil vote le règlement intérieur » ce qui suppose qu’il puisse en discuter, demander à ce qu’il soit amendé, modifié, pour être accepté… ou refusé ce qui sont les seules conclusions possibles de tout vote. On peut imaginer la variété que pourraient prendre les règlements intérieurs suivant la conception de la vie scolaire de chaque communauté éducative. Ne serait-ce que parce qu’il induit que l’on doit bien se forger une conception de la vie scolaire !

Mais ce « règlement type » est brandi comme celui qui doit être grosso modo celui de chaque école pour être accepté par les autorités. Or, un règlement type n’a jamais été autre chose qu’un exemple proposé. Si l’Inspecteur d’académie, simple représentant de l’État,  peut refuser les règlements qui ne lui conviennent pas, ce ne peut être que parce que des passages ne seraient pas conformes à la législation et il devrait alors étayer son refus par les textes législatifs. Par exemple, dans certains règlements il est fait allusion à l’aide aux devoirs ; et bien ces règlements devraient être refusés par l’IA puisqu’ils ne sont pas conformes aux textes qui stipulent que les devoirs sont interdits à l’école primaire !

Le projet d’école.

« Le Conseil d’école adopte le projet d'école préparé par l'équipe pédagogique » ce qui suppose que ledit projet puisse être discuté… et, éventuellement, ne pas être adopté, évidemment à la suite d’un vote.

Le projet d’école devrait être la pièce maîtresse qui fonde ou se base sur la pédagogie mise en œuvre. C’est rarement le cas et il ne concerne le plus souvent que des actions annexes, qui ne mangent pas de pain. Il n’empêche, qu’à travers lui, c’est bien la pédagogie qui est abordée. On nous dit, « il est interdit de parler pédagogie au conseil d’école ». Or, cette soi disant interdiction ne figure nulle part dans les textes ! Et je ne vois pas comment on peut présenter, discuter et adopter un projet sans parler de la pédagogie qu’il sous-tend ou sous-entend. Alors on sort « la liberté pédagogique » qui, elle, est quand même stipulée. Cette liberté n’exclut pas que la pédagogie librement appliquée par chaque enseignant ou l’équipe pédagogique puisse devoir être justifiée, être soumise à présentation, discussion, voire critiques et qu’il y ait des comptes à rendre quant à ses effets.

Si bien que, dans les faits, en ce qui concerne le projet d’école, le conseil ne joue que le rôle d’une chambre d’enregistrement. A ma connaissance, je ne connais aucun cas où le conseil d’école ait refusé d’adopter le projet présenté par les enseignants ! S’il y a amendement, ce n’est que lorsque les municipalités, représentées dans le conseil, refusent ou ne peuvent mettre à disposition les moyens nécessaires au projet. Par contre, même adoptés, des projets peuvent être refusés par l’administration qui n’a à justifier son refus qu’à son personnel !

D’autre part, ces projets établis pour 3 ans devraient faire l’objet, chaque année, d’un compte-rendu de leur réalisation et des effets obtenus. D’où, normalement, nouvelle discussion sur le fond… pédagogique ! Et possibilité que le conseil « donne son avis et émette des suggestions sur les actions pédagogiques entreprises ! »

Et puis, comme le CR de chaque conseil d’école doit être transmis à l’autorité hiérarchique, c’est aussi un bon moyen pour faire passer des messages à ladite autorité ! Les conseils d’école qui ont délibéré sur la mise en route de base élèves, ont pu quand même faire remonter par ce biais la façon dont ils percevaient et s’opposaient à ce fichage. Peut-être que si tous les CE l’avaient fait, le ministère ne se serait pas contenté d’en supprimer quelques champs.

Les textes, s’ils étaient appliqués, confèrent vraiment un rôle non négligeable au conseil d’école.

Mais, et c’est le second point d’une espèce de comédie démocratique, le « jeu » n’est pas joué par les parents eux-mêmes.

- Scrutin de liste. Cela suppose d’une part que des listes se constituent, d’autre part que chaque liste indique ce qu’elle va défendre, comment elle conçoit son rôle… et comment elle se constitue. Si en ville il y a au moins deux listes présentées par les grandes fédérations de parents d’élèves et que l’on peut supposer que chaque électeur peut connaître leurs orientations (pour effectuer un choix, donc un vote), si généralement chacune de ses fédération fait appel à candidature auprès de tous ses adhérents, en milieu rural tout est opaque et copinage :

Fut un temps, c’était carrément le directeur d’école qui, après quelque coups de téléphone, fabriquait LA liste ! c’était de bonne guerre pour avoir un « bon » conseil ! Depuis quelques années, il leur faut transmettre les instructions académiques  concernant l’élection des parents délégués. Comme elles ne sont pas forcément très claires, ils font encore souvent et simultanément appel pour recevoir les candidatures des parents volontaires. Alors que leur rôle se limite à enregistrer les listes proposées pour organiser le scrutin. A leur décharge, il faut bien qu’ils aient au moins une liste !

Ce qui est surprenant, c’est que là où il existe une association de parents d’élèves autonome, celle-ci ignore souvent que c’est son rôle de constituer une liste ! Lorsqu’elle le fait, c’est par copinage. Le jour de l’élection, chaque parent reçoit ladite liste à mettre dans une enveloppe, découvre qu’il a un délégué, avec un peu de chance il le connaît et l’apprécie, le plus souvent il ne sait pas comment ledit délégué s’est retrouvé sur le bulletin, pourquoi il devrait l’accepter, ignore sur quelles idées et comment celui-ci va le représenter. De toutes façons aucune importance puisqu’il n’y a qu’une liste et qu’il ne peut rayer personne ! « Tu n’avais qu’à constituer ta propre liste pour défendre tes posutions ». En milieu rural, c’est à dire dès que la taille des unités territoriales permettent un peu plus de connaissance des uns et des autres, il est rarissime qu’un petit groupe ose s’opposer ouvertement à un autre sur le plan des idées. A la limite au bistrot, et encore. Même quand il s’agit du conseil municipal et du maire ! pour l’unité du village, on s’imagine qu’il vaut mieux… ne pas avoir d’idées ou, tout au moins, les mettre dans sa poche. De même que se présenter contre, c’est courir le risque de ne pas être élu ! Dans les associations, parfois au conseil municipal, on n’est jamais candidat : on se fait prier d’être LE candidat !

- Une fois élus, les délégués de parents se comportent rarement comme des… délégués ! et la liste comme représentant d’une association si c’est le cas. Délégué, c’est un peu comme un titre, ça fait bien, mais chacun assiste au conseil pour son propre compte « comme ça je saurais ce qui se passe pour mon enfant ». Il est peu fréquent, qu’avant chaque conseil, l’ensemble des parents soit mis au courant de sa tenue, soit sollicité ou réuni pour que les délégués recueille des avis, sachent la position qu’ils doivent tenir pour représenter leurs collègues parents, les questions qu’ils seraient chargés de poser, etc. Chacun s’y rend pour son propre compte et ne représente que lui-même.

Après chaque conseil, l’ensemble des parents ignore généralement ce qui s’est passé, ce qui s’y est dit, s’il a été tenu compte de leurs observations au cas où il y en aurait eu. Le conseil d’école s’auto-suffit à lui-même. Les directeurs d’école effectuent pourtant bien ce qu’ils ont à faire : transmission du compte-rendu à leur autorité, transmission de ce CR aux membres du conseil, parfois, affichage à la porte de l’école. Sauf peut-être un point qui passe souvent à la trappe : à chaque conseil ce CR devrait être repris pour constater les effets des avis ou décisions précédentes.

Ce sont plutôt les délégués de parents qui ne jouent pas le jeu pourtant rendu possible par les textes législatifs eux-mêmes : il leur incombe de faire leur propre compte-rendu, avec leurs propres commentaires et de le transmettre à tous les parents. Ce compte-rendu, ou ces comptes-rendus, les directeurs d’écoles ne peuvent refuser de les distribuer aux élèves pour transmission. C’est le fonctionnement normal de toute institution représentative. Même les délégués des conseils de classe, dans le secondaire, s’astreignent très rarement à rendre compte de ce qui s’est passé dans un conseil. « s’il faut encore passer du temps à rédiger un compte-rendu ! ». Il est très peu d’associations de parents qui indiquent que cela fait partie du rôle de délégué « on n’aurait plus de candidats ! »

Le conseil d’école est un petit exemple des limites du fonctionnement de la démocratie. Pour une fois, on ne peut reprocher à l’État de ne pas l’appliquer. Le problème, c’est que la démocratie n’est aucunement intégrée dans les comportements. La notion de représentation des intérêts collectifs est quelque chose de bien lointain. Chacun pour sa pomme ! Pas de vagues ! Déjà qu’on se « dévoue » pour trois petites réunions par an et pour siroter le verre de clôture (chez nous !). Et avoir un petit titre quelconque, cela permet de prendre un peu d’importance. Pourtant, la démocratie ce n’est pas seulement de dévouement dont elle a besoin. A la limite, le dévouement occulte l’absence de démocratie en donnant bonne conscience.

J’exagère ? Certainement ! un peu ! Certainement en cas de crise (tiens !) où là, on fait appel à tous. Certainement pour tous ceux qui jouent consciemment et honnêtement le jeu. Mais globalement ?

A la décharge de tous, ce n’est pas facile, nous ne sommes pas « formés ». Mais n’est-ce pas l’école elle-même qui a formaté les non-démocrates que nous sommes devenus ?

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Posté par bernard_collot à 12:42 - L'école, vue de l'intérieur - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires

conseil d'école

Très intéressante votre analyse. J'ai même découvert ce qu'est un conseil d'école. Je ne crois pas que vous exagériez. J'habite dans un petit village, et c'est exactement ce qui se passe. On sait juste qu'il va falloir voter, et je me demandais à quoi ça pouvait servir. Et je me disais que dans ce cas, que je vote ou ne vote pas, c'est la même chose puisque de toutes façons, les noms de la liste seront élus.*
C'est finalement assez effrayant.

Posté par Pölo, 12 octobre 2008 à 12:51

Merci pour cette explication, je comprends mieux en quoi consiste cette responsabilité.
Ici , grande ville, une seule liste, et je ne sais pas au final pourquoi mon compagnon est dessus et moi non! Il ne sait même pas s'il est délégué ou puppléant...
Je vais aller farfouiller je pense, merci!

Posté par mariiram, 20 octobre 2008 à 07:57

NOUS POUVONS RESISTER

Oui, après avoir lu cette explication de texte,je suis rassuré. Nous ne sommes pas seuls à nous battre. Il est de notre devoir de tout mettre en oeuvre pour aider les parents à se responsabiliser et à y voir plus clair.
Membre de l'UPEM, Union des Parents d'Elèves de Martinique, nous nous battons au quotidien pour l'avènement d'une autre école en mesure d'amener le plus grand nombre d'élèves vers la réussite de leur projet futur.
C'est vrai que le législateur fait miroiter aux parents une place importante dans l'école, mais c'est pour se donner bonne conscience.
A titre d'exemple, les fameuses heures d'accompagnement des élèves dits en "difficultés" auraient du faire l'objet d'un vote pour une insertion dans le projet d'école. Les arguments développés lors d'un conseil d'école extraordinaire à l'école primaire Pierre CIRILLE en Martinique avaient permis le rejet de la mise en place de ces heures. L'inspecteur a voulu passer en force en demandant à la directrice d'organiser une réunion afin de présenter les décisions à appliquer.
Nous avons adressé un courrier au rectorat leur demandant de se conformer aux textes. Nous attendons la réponse. Il semblerait que le dossier ait été transmis au ministère.
Le positionnement de ceux qui ont voté contre s'appuyait sur les textes. L'étonnement de ceux qui ont en charge l'école, c'est que jusqu'alors, que ce soit pour un règlement intérieur ou un projet d'école, c'est le conscensus qui primait.
Il faut changer les habitudes.
Oui, nous pouvons résister, même si nous ne sommes pas nombreux. D'autres nous rejoindront.
En tout cas, nous développons chez nos adhérents des idées claires et responsables.
Notre regret pour ces fameuses heures en faveur des élèves en "difficulté", c'est que la majorité des enseignants et syndicats qui ont dénoncé cette réforme l'aient quand même fait adopter par les conseils d'école.
C'est là que nous comprenons le long chemin qui nous reste à parcourir afin d'amener tous les acteurs de l'école à penser et à agir en conscience.

Posté par ARNETON Joé, 01 novembre 2008 à 05:41

réaction

En lisant cette analyse du conseil d'école, je me suis régalée et projetée il y a qq années. En effet, en qualité de membre d'un conseil d'école dans une petite commune etn seine et marne, j'atteste de la véracité de ces commentaires. Cela se passe de la même manière. Je peux vous assurer qu'en qualité de parents, nous avons très peu l'opportunité de nous opposer aux enseignants.

De plus, en ce qui concerne les heures allouées pour les enfants en difficulté, je trouve très pitoyable qu'en qualité d'enseignants et donc je suppose de pédagogues, qu'elles soient fixées juste avant d'aller déjeuner. Tout adulte normalement constitué sait qu'il est difficile de réfléchir quand le ventre crie famine... Et le bien être des enfants, qu'en est-il ? ces heures sont elles mises en place pour se donner bonne conscience...

Posté par NADINE AYOUL, 07 novembre 2008 à 23:06

conseil et soutien

- En ce qui concerne la position des parents au sein du conseil, il me semble qu'il faut, psychologiquement (!), que ceux-ci "s'élèvent" dans leur rôle de représentants... presque du peuple ! on ne parle pas à un représentant du peuple comme à un emmerdeur potentiel, un subalterne... ou comme à un élève ! D'autre part, chaque délégué faisant partie d'une liste ou d'une partie de liste, on peut penser qu'ils peuvent aussi parler collectivement (c'est très rare dans la plupart des conseils) et manifester collectivement leurs sentiments vis à vis de ce qu'ils trouvent anormal dans le déroulement d'un conseil. Je sais bien que les dés sont pipés, chacun ayant aussi souvent en tête l'intérêt de son propre enfant : on laisse souvent passer des choses inacceptables de peur qu'ensuite l'enfant paie. Cela m'est arrivé, par exemple quand devant des commentaires insultants et diffamatoires d'un prof sur un bulletin, je voulais déposer plainte (le lycée est un espace sous le régime du droit commun), mon fils m'en a empêché "si tu fais ça, ils vont me rendre la vie encore plus impossible"
- En ce qui concerne les nouvelles dispositions du soutien, elles auront eu au moins un intérêt pour ceux qui ne sont pas encore complètement aveugles : elles montrent l'absurdité du système scolaire tout entier ! un bout de pansement même pas stérile sur un corps qui se décompose depuis sa naissance !

Posté par bernard_collot, 08 novembre 2008 à 09:43

outrée!

je suis outrée par le commentaire réducteur et sans nuances de bernard collot: quand je pense au sérieux des enseignants de l école dans laquelle je travaille, des questionnements quotidiens dont nous discutons entre nous, du mal que nous nous donnons chaque jour pour être efficaces, justes, honnetes, compréhensifs, nuancés....je ne peux pas supporter les 3 dernières lignes de son commentaire que je ne peux pas même recopier tant elles me dégoutent! bien sur qu il ne s'agit pas d'être naîf, bien sur il y a plein de choses qui ne vont pas et il faut lutter chaque jour pour résister au système sarkosiste, mais de la à qualifier mon travail de pourriture en décomposition....ça me donne envie de vomir et prendre ma retraite le plus vite possible!

Posté par blaireau, 21 décembre 2008 à 12:38

???

Je ne vois pas la relation entre ces lignes et une qualification du travail des enseignants. Seulement critique et constat d'un système qui produit des effets.
Mais bon, on n'est pas heurté ou "dégoûté" par les mêmes choses. Ce serait trop beau !

Posté par bernard_collot, 21 décembre 2008 à 14:21

Déléguée, attention DANGER §

Je suis depuis cette année Représentant des parents d'élèves dans une petite école de campagne. Je suis aussi depuis plusieurs années parent déléguée dans un collège. (Ce titre est pour moi synonyme de responsabilités et je n'assiste pas aux conseils pour connaitre les résultats de mes enfants !!!)
Il s'agit de deux mondes complétement différents. Ouverture d'esprit, dialogue et échanges enrichissants au collège et OMERTA à l'école primaire. Je me suis faite agressée verbalement lors du dernier Conseil d'école par un petit instituteur belliqueux. Il me reproche d'avoir incité mes collègues parents-délègués a remonter lors des conseils d'écoles les demandes des autres parents. Sacrilège !! Ca ne se fait pas !Les instituteurs sont des êtres supérieurs, les parents ne sont que des êtres incultes qui ne savent même pas s'occuper de leurs enfants !
Oui, c'est vrai, les parents changent! Ils évoluent et ne désirent plus assister silencieusement au Conseil d'école pour finalement rédiger bien sagement le compte rendu qui sera "corrigé" par le Directeur.
Après m'être fait remonter les bretelles, j'ai eu droit aux plaintes et gémissements des instituteurs pendant une bonne heure sur leurs conditions de travail, les agressions qu'ils subissent, le manque de respect à leur égard, la politique mise en place (tiens, revoilà le "système Sarkosiste", terme dont se délectent visiblement les instituteurs), le fameux fichier Base Elèves (Ohé, les instituteurs : nous sommes tous fichés dès la naissance !).
Quelle soirée !
Mesdames et messieurs les instituteurs, au journal télévisé, on parle d'enfants qui meurt de faim, de famille qui vont perdre leur maison car l'usine où ils travaillent ferme, d'enfants disparus, violés, morts, de catastrophes naturelles, de familles qui pleurent leurs disparus dans un accident d'avion, d'armement nucléaire ... Pitié, pitié, arretez vos lamentations, il y a un mur pour ça, mais pas les conseils d'écoles !
Grâce à l'attitude de mes charmants instituteurs, ma décision de me représenter l'année prochaine a été vite prise !
L'école est l'affaire de tous, l'école n'est pas la propriété exclusive des enseignants. Ce qui se passe dans les écoles ou nous laissons nos enfants pendant minimum 6 heures nous regarde !

Posté par florence, 25 juin 2009 à 11:36

Question et réaction

Bonjour,
suite à un problème rencontré dans l'école où je suis élue déléguée de PE, j'ai fait des recherches sur le conseil d'école, et je suis tombée sur ce site : merveilleux !!!
- tout d'abord, je ne me suis pas présentée pour le seul bien être de mes enfants, mais pour l'ensemble des enfants du village : effectivement en face, peu de parents sont aussi altruistes, et j'en ai fait les frais!
- la directrice s'accorde beaucoup de libertés, rend son école totalement hermétique, très peu de concertation, de communication...
enfin, tous vos commentaires rejoignent ce que l'on peut vivre au quotidien, dans un village de 500 ames...
Finalement, cette directrice répond a un stéréotype bien décevant.
Ma question est : a-t-on le droit de "zappé" (tels sont les termes employés par cette directrice) le dernier conseil d'école ? car c'est la dernière représaille de cette directrice qui ne connait rien de la démocratie et du respect des enfants et des parents!
J'ai tenté de règlé un probléme de "violences verbales, physiques et psychologiques" (humiliations, lancé de stylo, de brosse sur la tête des enfants) à l'amiable, avec discrétion : Plusieurs parents et moi-même, avons rencontré la maitresse et lui avons demandé de revoir ses méthodes de sanctions, sans prétendre à un futur départ (car si c'est pour pratiquer les mêmes choses ailleurs sans évoluer, où sont les bienfaits!)
Aujourd'hui l'ensemble des PE sont contre nous : nos enfants affabulent, nous voulons, soit-disant, son départ. Suite aux commérages et aux manipulations de la directrice, nous avons essuyé le mépris des partisans de la dite-maîtresse. J'ai donc écrit à toutes les instances(IEN, IA, Syndicats, Ministère, Mairie...) à titre d'information, et en me réservant le droit de porter plainte ultèrieurement.
Ce n'est pas facile,mais les intimidations me font relever la tête et non me détourner du sujet!
merci d'avance pour votre réponse.

Posté par filifred, 30 juin 2009 à 14:08

Pour aller plus loin..

Bonjour,

Effectivement, nous retrouvons dans ce billet, certes caricatural, des éléments existants régulièrement au sein de notre chère institution. Quel fossé entre les directives officielles sur la place des parents et du dialogue dans l'école et la réalité !
Me croiriez vous si je vous disais que le règlement intérieur d'une des écoles ou je suis élus comporte un article limitant illégalement le rôle des parents ? et oui : "le projet d'école élaboré par l'équipe pédagogique est présenté au conseil d'école et validé par l'inspecteur d'académie !" . Ce règlement a d'ailleurs été modifié entre l'année dernière et cette année sur d'autres points, sans que le conseil soit consulté..
Et que dire sur les coopératives scolaires ? C'est déjà bien si on a un "rapport d'activité", généralement strictement financier, mais jamais nous n'avons pu aborder les projets, l'implication des adhérents ou avoir un vrai compte rendu!
Notre APE locale et indépendante gène beaucoup : pour la première fois dans cette école, une APE prend son rôle dans sa globalité, là ou les anciennes APE étaient des APE "kermesses" qui ne présentait ni liste, ni aucune action autre que celles d'organiser des manifestation rapportant des sous à l'école (c'est à dire mobiliser les parents bénévoles sur un temps démesuré, pour faire payer aux familles des activités servant à payer l'école qui est normalement gratuite ?)Dur dur ! Arriver avec nos gros sabots pour faire avancer les choses ? Après un an d'existance, nous n'avons pas réussit à rencontrer collectivement les enseignants à qui nous voulons présenter nos visions des choses, mais aussi les plus que nous pouvons leur apporter, dès lors que l'on accepte de parler projet. Je m'arrête là, il y aurait tellement à dire.. Mais ou est l'intérêt des enfants et des familles dans tout celà ?

Posté par pilou, 08 septembre 2009 à 15:41

j'oubliais

Pour avoir réellement une information claire et précise sur les possibilités réelles d'action ds parents :

http://www.education.gouv.fr/cid2659/les-parents-d-eleves.html

N'hésitez pas à parcourir les liens à droite de la page, les textes officiels du BO, etc.. Vous en apprendrez énormément.

Posté par pilou, 08 septembre 2009 à 15:46

les limites de la démocratie

Bonjour,
Les limites de la démocratie...nous ne pensions pas les connaitre si vite. Nous étions dans le cas d'une directrice recrutant certains parents pour forger sa propre liste. 7 ans que mon premier enfant est dans le groupe scolaire et je n'avais jamais entendu parler du conseil d'école de manière concrète. Je fais partie d'une APE "kermesse" extrêmement motivée, et oui ça existe même si nous ne sommes qu'une petite dizaine pour 160 enfants. Votre billet nous a interpellé et notre motivation a trouvé là un nouveau moyen de s'investir dans cette école que nous aimons, avec une équipe enseignante que nous soutenons et avec qui nous avions de très bons rapports jusqu'ici. Malheureusement, le dépôt d'une liste APE a eu un effet contraire à nos attentes. Il semblerait que nous fassions peur à la directrice qui ne souhaite pas que le "pouvoir", s'il en est un, des parents soit tenu par les mêmes parents qui assurent le financement des activités et sorties scolaires. Nous n'avons pourtant aucun conflit avec l'équipe enseignante et notre but n'est que d'instaurer des pré-réunions de concertation avec les parents et de distribuer un compte rendu après le conseil d'école pour que les parents soient vraiment représentés et informés. Lors du dépôt de notre liste, la directrice s'est permise de déclarer à notre présidente que notre démarche était injuste et infondée, tout se passait très bien jusqu'ici. Elle n'a semble-t-il pas été sensible aux explications données. Elle s'est donc empressée de poursuivre le recrutement de sa liste contrairement à ses droits et nous refuse le droit de diffuser une profession de foi aux parents pour expliquer notre démarche. Nous sommes tous déçus de cette politique politicienne, démotivés en début d'année ce n'est pas le top et écoeurés du non respect de nos droits. Par ailleurs, la directrice a émis le souhait cette année que l'APE lui fasse un chèque global du montant disponible pour les sorties qu'elle répartirait elle même suivant les besoins. Nous avons refusé car ceci nous semble être une ingérence profonde dans la gestion de notre association et nous tenons à un soutien financier égal pour tous les élèves et non au favoritisme d'une classe par rapport aux autres. Les enfants de 50 % des membres du bureau étant dans la classe de la directrice, lorsque nous voyons comment elle s'emporte en critiquant ouvertement l'association qui a toujours apporté des fonds sans jamais s'opposer à un seul projet, nous nous demandons jusqu'à quel point elle fera la part des choses avec nos enfants !
En fait tout allait très bien quand nous nous limitions à dépenser notre temps et notre énergie pour la récolte de fonds pour l'école mais surtout chut ! taisez-vous ! Qu'est-ce que cette idée de vouloir introduire les parents dans l'école ????

Posté par Soazig, 08 octobre 2009 à 11:14

Réponse à Soazig

Votre commentaire, comme beaucoup des commentaires précédents, résume bien une situation qui est, malheureusement, quasi générale.
Parfois, c'est de la simple ignorance, un peu étonnante, des directeurs(trices) d'école.
Souvent, ce sont "les petits arrangements entre amis" pour ménager la tranquillité, éviter d'hypothétiques désaccords, discussions...
Souvent c'est l'ignorance par les parents(entretenue ?)du rôle du conseil d'école, des procédures qui le régissent. Comme l'ignorance du rôle, des fonctions, des devoirs, des responsabilités, d'une APE.
La croyance que les parents d'élèves, c'est juste bon pour écouter, appliquer et faire appliquer les instructions de la réunion du début d'année (obligatoire !, écouter les doléances des enseignants sur leur enfant (convocation), faire "des sous" pour compléter les carences municipales...
Lorsque des parents veulent assumer leur responsabilité normale, parentale et citoyenne, individuellement ou collectivement (APE, même en restant dans le cadre strictement légal,même en respectant scrupuleusement les procédures indiquées par les textes, alors cela fait peur !
Si beaucoup de parents craignent l'école (ils s'y conduisent... comme lorsqu'ils y étaient élèves), les parents font peur à l'école.
L'histoire récurente des conseils d'école est très révélatrice.
Mais, est-ce seulement dans l'école que cette peur et ce déni de démocratie existent ?
Ce qui est dramatique, c'est que l'école est sensée être le lieu où démocratie et citoyenneté s'appliquent et surtout... s'apprennent.
Et on n'arrête pas de s'étonner, de fustiger et d'accuser les irresponsabilités des uns et des autres, des parents, des enfants, des ados, pour ne pas dire de tout le monde, tous étant la cause de tous nos maux.

Posté par bernard_collot, 08 octobre 2009 à 13:12

Commentaires

Bonjour,

Comme vous tous je viens de tomber sur ce blog très intéressant. Ce n'est pas par hasard que je tombe dessus, c'est parce que comme vous, je me suis interrogé sur la nature, le rôle et l'efficacité de ce conseil. Et surtout sur l'intérêt d'en être. Jeune délégué des parents depuis cette année, je me suis proposé pour être le secrétaire. Quelle surprise lorsque la directrice m'a informé que je n'aurais pas du envoyer le compte rendu à l'ensemble des participants pour avis et correction. Une pratique qui pour moi est gage d'un échange de qualité entre les participants. Or cette conviction de l'équipe enseignante qu'il y a des domaines, comme celui de la pédagogie ou tout simplement du déroulement du conseil,qui sont chases gardés ferme le débat.
Au passage,je comprends néanmoins à la lecture des textes de lois que ce qui figure dans le procès verbal n'est de la responsabilité que du directeur(trice) et du secrétaire.
En tous cas merci pour ce blog qui vient de confirmer mon interprétation des textes.
Concernant ceux-ci seriez-vous en mesure de me dire quels sont les textes de lois que je dois prendre en référence pour être vraiment à la page. Juste avant ce blog je lisais le Décret n°90-788 du 6 septembre 1990 (http://eduscol.education.fr/cid48218/decret-n-90-788-du-6-septembre-1990.html)

Enfin pour le monsieur qui parlait de "vomir" : Certes l'auteur de ce blog n'y va pas de main morte. Mais ce que je comprends de son message c'est qu'il faut autoriser le dialogue et bannir la pensée unique. Je suis délégué (DPE) en maternelle (c pas encore trop compliqué !!) depuis seulement 2 mois et j'ai fortement ressenti tout ce qui est dit. Je n'ai pas l'intention de m'opposer à l'équipe enseignante que j'estime simplement pour le plaisir de montrer que j'existe. Mais je veux être simplement conscient de mes droits et devoir...et les exercer si nécessaire.
En parallèle je suis aussi d'accord qu'il y a du progrès à faire coté DPE surtout concernant la représentativité et la formation.

Merci

Posté par nialaz, 19 novembre 2009 à 01:03

CE des deux côtés

Parent d'élèves délégués, et cette année Directrice, je sais qu'il existe de nombreux dysfonctionnements dans les CE. Cette année, nouvellement formée à la fonction de Directrice, j'ai encore appris des choses sur le CE. Pour ce qui est du travail à faire par les parents délégués en amont, cela dépend beaucoup de chaque liste, association, etc.. Dans le cas le plus courant, les parents font passer une note d'information indiquant comment on peut les joindre. Parfois même, ils organisent des réuinions entre parents et délégués (ça c'est le top, je ne l'ai vu que dans un seul village). Nous sommes, nous parents délégués, dans le cas habituel : un papier, des numéros de téléphone et une boîte à lettres. Une réunion de préparation du CE avant entre délégués pour partager toutes les infos parvenues et se mettre d'accord sur une stratégie.
En tant qu'instit et Directrice, j'ai vu des parents arriver en CE sans avoir eu autre chose que des discussions devant le portail pour un évènement (indépendant de notre volonté) passé depuis 2 mois. Pas de travail en amont, pas d'idées ou demandes apportées alors que 15 jours avant j'avais fait passer une proposition d'ordre du jour à compléter, etc... pour pouvoir inclure dans l'ordre du jour leurs demandes. Et des parents qui sont montés au créneau hors-la-loi en quelque sorte quand j'ai rappelé les textes... Nous avons pu traiter le problème, mais les parents délégués n'avaient effectivement aucune espèce d'idée de ce qu'ils faisaient là ! Méconnaissance des textes (distribués il y a 3 ans lors de la sortie du nouveau décret ... et lors des élections)..., accusations sans fondement ou ...
Maintenant, en tant que parent d'élève, j'ai souvent du intervenir pour rappeler à mes collègues les textes ... J'estime qu'on doit lesrespecter des 2 côtés !
Enfin, il y a aussi les Mairies qui ne mettent pas forcément les moyens de communiquer à disposition des parents élus...
Bon courage à tous les délégués. Cela doit être une collaboration, un CE, pas une foire d'empoigne (je ne parle pas du cas où le CE est le lieu d'affrontement entre parents et Mairie ou entre 2 listes de parents d'opinion politique opposée (genre 2 listes aux municipales... ) là ce n'est plus un CE...)

Posté par so, 28 novembre 2009 à 15:47

suite so

Très bon exemple : la démocratie, nécessite que ses règles et son esprit soit appliqués des deux côtés, institution et citoyens. Je pense souvent que les citoyens, en oubliant ce que cela impose, contribuent fortement aux dérives qu'ils subissent ensuite.
L'école devrait être cet apprentissage, pas seulement pour ses élèves.

Posté par bernard_collot, 29 novembre 2009 à 07:58

Déléguée, attention danger : suite...

Ceci fait suite à mon commentaire du 25 juin.
Rien ne change, au contraire, c'est pire ! Je ne me suis pas représentée cette année, mes collègues délégués non plus. Résultat, le compte rendu du conseil d'école n'est plus distribué sauf demande écrite des parents! Outré, mon mari a été réclamé à l'oral auprès du directeur ledit compte rendu et les motifs de non distribution. Réponse du directeur : les RPE n'ont pas fait leur boulot. FACILE. Et le compte rendu ne sera pas distribué automatiquement pour économiser le papier, de plus, c'est bon pour la planète !
SIDERANT !!!!
Le directeur nous a signifié ensuite que si nous n'étions pas contents, nous pouvions changer d'école, mon mari lui a donc retourné le compliment !
Cela a durer 5-10 mn. La discution face à cet abruti été animée mais sans aucun geste, aucune injure. Juste une animosité bien partagée !
Hier, je recois ce courrier de l'Inspection Académique :
Madame, Monsieur,
J'ai été informé par différents courriers ainsi que par un certain nombre d'appels téléphoniques, d'attitudes que vous avez eues et de propos que vous avez tenus, dans l'enceinte de l'école, à l'égard du personnel enseignant.
...... rappel des personnes autorisés à entrer dans l'école ......
Aussi, je vous demande fermement d'adopter une attitude plus coopérative avec les enseignants qui ont la responsabilité de tous les élèves de cette école.
Si tel n'était pas le cas, je me verrais dans l'obligation de prendre des mesures adaptées, afin que soit retrouvée la sérénité propice à des conditions d'enseignement apaisées.
Formule de politesse (quand même!)

Voilà, je me suis faite disputée par le maître supérieur ! Quelle sera ma punition ? Le coin, des heures de colles ?

Cependant, je reste persuadée qu'il ne faut pas mettre tous les enseignants dans le même panier ! A nouveau parent déléguée au collège de ma fille, je suis revenue hier soir ravie du conseil de classe. (Tiens, c'était ma journée ying-yang hier !). Echanges d'idées, dialogues qui aboutissent. Du bonheur, merci aux professeurs et au Directeur !
Malgré tout cela, je suis un peu perdue. J'aimerais avoir vos conseils de parents et d'enseignant...

Posté par florence, 01 décembre 2009 à 15:38

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