Canalblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Publicité
Le blog de Bernard Collot
Le blog de Bernard Collot
Derniers commentaires
3 novembre 2009

Il y a 100 ans, était fusillé un grand pédagogue, Francisco Ferrer

« Vive l’école moderne ! » fut le dernier cri du pédagogue, attaché au poteau d’exécution, avant que les premières balles ne le fassent taire définitivement. C’était le 13 octobre 1909, il y a tout juste cent ans, Francisco Ferrer i Guardia était fusillé, condamné injustement à mort par un tribunal militaire. Ce fut, sans doute, le seul pédagogue à être exécuté pour avoir voulu mettre en place une école émancipatrice. Triste centenaire : qui s’en souvient ? Sa propre « école moderne », à Barcelone, n’aura fonctionné que cinq ans. Pourtant, lorsqu’elle doit fermer, en 1906, elle compte près de 200 « succursales » s’inspirant de ses idées, en Espagne et dans le monde (Portugal, Brésil, Suisse, Pays-Bas, Russie…).

FranciscoFerrer a écrit :

Il est évident que ceux qui se disputent le pouvoir ne voient que la défense de leurs intérêts, ne se préoccupent que de leurs avantages et que de la satisfaction de leurs intérêts. Les hommes de progrès commencent à voir que l’instruction produit seulement des illusions. L’organisation de l’école, loin de répondre à l’idéal qu’elle prétend servir, constitue le moyen le plus puissant d’asservissement. Les professeurs en sont les instruments conscients ou inconscients, formés eux-mêmes selon ces mêmes principes. Un seul mot caractérise cette organisation : violence. L’école assujettit les enfants physiquement, intellectuellement et moralement ; elle les prive du contact avec la nature pour les modeler à sa manière. Éduquer, c’est actuellement dompter, dresser, domestiquer : que les enfants soient habitués à obéir, à croire et à penser selon les dogmes sociaux qui nous régissent. Il ne s’agit pas d’accompagner le développement spontané des facultés de l’enfant, de le laisser librement satisfaire ses besoins physiques, intellectuels et moraux ; il s’agit de lui imposer des pensées toutes faites, de l’empêcher de penser autrement que ce qui est nécessaire à la conservation des institutions de la société. Une telle éducation ne saurait avoir aucune influence sur l’émancipation humaine. Il n’y a aucune raison pour que les gouvernements changent de système.

Toute la valeur de l’éducation réside dans le respect de la volonté physique, intellectuelle et émotionnelle de l’enfant. La véritable éducation est celle qui laisse l’enfant se diriger et qui l’accompagne en cela. Il est très facile d’altérer cette idée et très difficile de la respecter. L’éducateur impose, oblige, violente ; le véritable éducateur est celui qui, contre ses propres idées et contre sa volonté, peut défendre l’enfant, s’en remettant au maximum aux énergies propres de l’enfant. Il est facile de modeler l’éducation et de dominer les individus. Les meilleures méthodes peuvent se révéler des instruments puissants et parfaits de domination.

Extrait de La Escuela Moderna, Tusquets

Publicité
Publicité
Commentaires
Publicité