Violence à l'école
En raison de l'actualité, je diffuse un chapitre du livre à paraître "Abécédaire des fondements d'une école du 3ème type" : Violence .
Commentaires sur Violence à l'école
Très intéressant ce texte. Il change des approches habituelles. Je suis ethnologue et je trouve que votre analyse se rapproche plus de l'anthropologie (et de la sociologie) que de la pédagogie ! Je vous contacte personnellement sur des points dopnt je voudrais discuter avec vous.
Casser les grosses écoles, personne n'y a encore pensé ! c'est trop simple (et un peu trop cher !). Mais pas trop cher de donner des milliards aux banques ! A vous lire je comprends que l'on marche sur la tête.
Au fait, quand votre livre sera-t-il publié ? Où peut-on trouver celui que vous citez "Une école du 3ème type ou la pédagogie de la mouche"?
Je l'ai trouvé chez Alapage. Il vaut le coup. Sauf qu'il ne se lit pas en une soirée ! j'attends aussi avec impatience le prochain.
Vous posez la question à la fin du chapître:Une école du 3ème type est un autre monde. Peut-elle exister ?
Moi, je ne me pose pas cette question, mais plutôt où, quand, comment ??? Y a t'il déjà des endroits où celà se vit ?
Qu'attendez vous pour la mettre en place ?
Voulez vous absolument quelle soit publique et reconnue par l'EN ? (dans ce cas...peut-être celà sera t'il pour mes petits enfants ou mes arrières...)
Si j'ai pris l'option de l'école à la maison, c'est pour sauver mes enfants maintenant, pas dans 20 ans.
Oui elle a existé ! Dans trois ou quatre classes uniques dont la mienne. C'est à partir des problèmes apparemment rédhibitoires de l'hétérogénéité, retournés, et dans la continuité des pédagogies actives que l'école du 3ème type est née ! Ce n'est pas une utopie, c'est ce qui a déjà pu être ! Et un certain nombre (petit !) d'enseignants travaillent dans ce sens, en particulier dans les écoles urbaines. Le problème est un renversement profond des représentations, qu'elles soient celles des enseignants ou celles des parents... sans parler des élus !
Je pourrais dire que... je n'ai pas attendu !
Mais j'ai... 70 ans !
Bien sûr que cette école doit être non pas seulement publique mais être l'école publique. Ce n'est même pas une reconnaissance de l'EN, c'est la transformation de l'EN. Ce n'est pas un rêve si, rapidement petit à petit (!), se développe l'envie que les enfants aient autre chose... et nous aussi. Personnellement et avec une poignée d'amis, nous avons démontré et le possible, et le pourquoi et le comment. Le reste, le renversement des croyances, des opinions, vous apparttient !
Ce qui m'a intéressé dans ce texte, c'est que contrairement à tout ce que j'ai pu lire sur le sujet, il ne prend pas pour cible les enseignants, les jeunes, les parents. Il ne préconise pas comme dans les écrits de Eric Debarbieux,le directeur de l'observatoire de la violence, au demeurant intéressants,des mesures à insérer dans le système éducatif actuel. Il décortique et démolit le système éducatif lui-même. Et par la bande le système de la société elle-même. Et il trace les lignes de ce que devrait être l'école. C'est assez décoiffant ! Je suis d'accord avec le commentaire de Charles l'ethnologue, c'est bien plus qu'une vision pédagogique. Cela vaudrait le coup que cela ne reste pas confiné dans un blog.
Tout le monde il est beau ! allez, vous n'allez pas me faire croire que la violence va s'éradiquer ainsi d'un coup de cuillère à pot ! Faudrait supprimer les glandes qui produisent l'adrénaline ! Même l'amour est violent !
Mais j'ai quand même lu le chapitre... je me suis fait violence !
Mon cher bof!, ce n'est pas parce que la soupe est trop salée qu'il faut rajouter du sel ou refaire la même !
Bien sûr que nous sommes violents, mais ne peut-on se donner les conditions qui fassent que la violence soit moins exarcerbée, plus acceptable ?
Quand on compare votre école du troisième type à votre réquisitoire contre les devoirs la réaction des lecteurs est éloquante. Au lieu d'un "Vous n'exercez plus, vous vous êtes fait virer" on y lit "on ne prend pas pour cible les enseignants, les jeunes, les parents". C'est exactement mon analyse. Il faut absolument écarter cette "chasse au coupable". Je voudrais ajouter que "mais si mais si c'est aussi ça la pédagogie". La pédagogie n'a pas à rougir devant la sociologie, l'ethnologie, la psychanalyse ... C'est une pratique fondamentalement imparfaite organologiquement. Philippe Meirieu le montre bien lorsqu'il évoque cette difficulté à concilier le principe d liberté et le principe d'éducabilité. Mes réflexions personnelles m'ont amené à ajouter deux paramètres à ceux évoqués dans ce texte sur la violence: Le premier concerne l'enseignant qui est ou qui n'est pas préparé à une rencontre authentique avec les jeunes qui lui sont confiés. Lucien Piloz parle de "rencontre des inconscients" dans son excellent pouvrage sur Maitriser la violence chez De Boeck. Le deuxième concerne l'univers extérieur à l'école où les enfants nous arrivent complètement laminés par une société d'hyperconsommation. Leur attention et leur capacité de jugement sont détruits par les instruments des industries de programmes que Bernard Stiegler nomme les psychotechnologies dans son ouvrage "prendre soin de la jeunesse et des générations" chez Flammarion. Ce dernier point me paraît pertinenet si l'on veut rapprocher les enfants d'aujourd'hui des enfants d'il y a une seule génération et couper court aux discours rétrogrades.
Je suis tout à fait d'accord avec les points que vous soulevez.
Dans la formation des enseignants (si elle existait !) comme dans leur recrutement, il est évident que la "personne" n'existe pas. Ce qui revient à la conception d'un système fait pour des objets. Les finalités d'un système éducatif n'ont jamais vraiment fait l'objet d'une réflexion et d'un débat collectif et citoyen.
Pour le second point, des enfants laminés, c'est aussi évident. Je ne l'ai pas abordé parce qu'il l'est longuement par tous les analystes. Il ne faudrait pas cependant qu'il serve de prétexte à se défausser.
L'interaction école société ne fait aucun doute. Je continue de penser, pour l'avoir constaté dans la micro-société que constitue un village, que si l'on agit sur le premier élément de l'interaction, l'école, (ce qui est le plus facile), le second se transforme quelque peu. A l'inverse, le maintien en l'état ne fait qu'accentuer les conséquences auto-destructrices comme la violence par exemple.
Au lieu de "lutter contre la violence", je pense plus pertinent d'éliminer ce qui produit de la violence. Ce n'est même pas idéologique. Je ne sais pas quelle forme de société pourront faire nos enfants et il vaut mieux que nous ne la pensions pas pour eux (propension de l'adulte pour faire faire à ses mômes ce qu'il a été incapable de faire !). Mais il nous incombe de leur donner les conditions pour pouvoir le faire.
Cordialement et en vous remerciant ainsi que les autres commentateurs d'élever et de rester dans une réfllexion argumentée, que l'on soit d'accord ou non. Même si ce blog est microscopique !
Il semblerait que ce soit complètement intéractif ce qu'illustre chaque couverture des cahiers pédagogiques "Changer la société pour changer l'école, changer l'école pour changer la société"
Bonjour,
j'ai parcouru ce document. Merci de le partager, beaucoup de choses sont très justes et intéressantes.
Ceci dit, c'est très joli tout ça, mais en tant que mère d'un enfant scolarisé au sein d'une école "pédagogie nouvelle", je peux affirmer sans aucun doute que la violence existe dans ce genre d'écoles!
Je ne m'étendrai pas en détails, ce serait trop long (et ce sera sûrement fait ultérieurement), mais:
* Les enfants subissent des pressions (il s'agit d'une école associative privée sous contrat avec l'EN), tout comme les enseignants (ceci explique cela d'ailleurs)
* les rythmes individuels ne sont pas réellement respectés
* les comparaisons sont légions, et la confiance en soi grandement mise à mal! Malgré les beaux discours, l'enfant doit se conformer à un certain moule.
* Les techniques dites de "communication non violente" très en vogue dans les milieu "alternatifs", font un tabac auprès des adultes de ce genre d'écoles (enseignants et parents), alors qu'il s'agit d'approches non respectueuses de l'individu qui le rendent fou et agressif. L'écoute n'est alors que coquille vide, empêtrée dans les impossibilités du système, et demeure bien souvent sans suite.
* Nos questionnements, remarques, critiques éventuelles n'ont reçu que des bouffées d'orgueil et de la froideur, voire du mépris, en tout cas de l'incompréhension, et des réponses bien souvent aberrantes et contradictoires.
* Et je finis sur la violence entre enfants, dans la cour de récré notamment: moqueries, insultes, agressions, rejet, coups, blessures, jeux dangereux, etc...
Voilà le constat qui aujourd'hui, après avoir "cru" aux écoles à pédagogies nouvelles, nous décide à déscolariser notre enfant.
Je ne connais pas les approches utilisées dans l'enseignement privé (à part quelques-unes dans les écoles Montessori). Je ne connais donc pas à quoi correspond "pédagogies nouvelles" quand ces établissements l'utilisent.
En tous cas, ce que vous décrivez ne correspond en rien aux approches qui guident ou auxquelles se réfèrent les rares établissements publics entièrement dans des pédagogies dites nouvelles où le regard est différent, et sur les enfants, et sur les parents, même si cela ne va pas aussi loin que je le voudrais.
Ce que je voudrais encore souligner, c'est que dans mon propos il ne s'agit pas de "techniques de communication non violentes" qui palieraient à, ou qui traiteraient, une violence que par ailleurs l'approche et la structure institutionnelle de l'école laiseraient en état. C'est en renversant complètement l'approche de l'acte éducatif, la conception de l'école, la base des relations, que l'on constate ensuite qu'il n'y a plus ce que je peux appeler la normalité de la violence. Il ne s'agit plus de techniques, de méthodes, qui resteraient dans le même cadre institué (ce qui me semble être le cas que vous décrivez). Il s'agit d'une autre conception, d'une autre façon de vivre l'espace scolaire (aussi bien pour les enfants que pour les professionnels, que pour les parents. Et non pas d'une autre façon de faire faire aux enfants... la même chose, dans le même cadre !
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