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Premier jour. Je vais chercher mon garçon au car. « Comment cela s’est passé ? – Bien ! Ah ! J’ai un devoir ! »

Vous savez que dès que j’entends le mot « devoirs », la moutarde me monte au nez. A peine rentré au collège, en guise d’accueil : devoirs ! Le principal nous avait prévenus : discipline, discipline et travail ! Pour 7 ans ! Peut-être eut-il été préférable que nous mettions notre môme au séminaire !

Un peu de respiration contrôlée pour contrôler la moutarde et présenter à mon fiston un père cool, « on verra cela à la maison ». Ce d’autant qu’à la maison il allait y avoir le déballage des bouquins, la recherche du cahier seyès qui n’avait pas été prévu (petits carreaux, seyès, formats de toutes dimensions… très important les formats dans la pédagogie), le rangement de tout ça pour que ce soit opérationnel, etc.

« Alors, ce devoir ? » et je me prépare à ma montée d’adrénaline.

C’était un devoir de SVT, sciences de la vie et de la terre. Cela fait moderne mais si le collège enseigne la vie et la terre, il y aurait peut-être de l’espoir.

« Regarde par la fenêtre de ta chambre et note ce que tu vois. ». Mon adrénaline redescend. Voilà un « devoir » qui au lieu d’enfermer un peu plus les enfants dans leurs bouquins (pardon, leurs manuels) les sort de leur ordinateur et les fait regarder dehors ! Leur fait regarder ce qu’il ne voit plus ! D’ailleurs qui regarde encore par les fenêtres en dehors de celles de l’école pour tenter de lui échapper subrepticement ? La vie, c’est chez toi leur dit ce devoir… tout au moins c’est ce que j’ose penser qu’il leur dit ! Un devoir… intelligent !

Dommage que cela ait été qualifié de « devoir ». Un devoir, on s’en débarrasse au plus vite. C’est d’ailleurs le conseil que la plupart des parents donnent à juste raison. Et dans un premier temps mon fiston l’a bien pris comme cela. Le simple mot avait transformé ce qui aurait dû être un nouvel émerveillement, un plaisir, en une corvée. Quand se rendra-t-on compte de la similitude entre « devoirs » et « corvées » que devaient assumer en plus les serfs ? Dans ce dernier cas, les seigneurs au moins en bénéficiaient.

Il eut fallu pas grand-chose, simplement changer l’impératif « Pouvez-vous essayer de regarder ce que vous voyez par votre fenêtre et nous en discuterons ensemble au prochain cours ! ». Allez ! Les profs ! Inventez des devoirs intelligents et présentez-les intelligemment ! Et ce ne seront plus des devoirs, des corvées inutiles ! Au lieu d’empiéter sur la vie des enfants, profitez alors de leur vie.

A suivre…

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