J'ai trouvé que le commentaire d'un inspecteur (IEN3 après celui de IEN et IEN2)  mérite d'être mis en exergue.
En dehors de la réactivité d'abord émotive qui est, me semble-t-il, le premier niveau d'une conscience citoyenne, cette "petite affaire" (petite parce qu'elle ne concerne que les quelques personnes d'un petit village, d'une petite école) mérite de sortir de la banalité. A travers elle, à travers un concret, elle résume tout le malaise de l'école. Elle le pose involontairement dans tous ses aspects. Elle vaut la peine qu'on s'en empare à tous les niveaux (jusqu'au plus haut), non pas pour accuser, fustiger, mais pour comprendre... Il faut que toutes les voix de tous les compartiments du "mamouth" s'expriment, citoyennement. BC
Retraité, j'ai été IEN moi aussi. Par chance, les IA-DSDEN successifs ont respecté mes approches, mes actions – même sans toujours bien les comprendre. Mais, à l'évidence, depuis l'ère De Robien, l'évolution du système tend vers une « caporalisation » inquiétante en cascade des recteurs, des DASEN, des IEN, des enseignants (voire des écoliers ) (1). Heureusement, le plus souvent, la femme, l'homme qui incarne sa fonction a conservé sa conscience, ses valeurs, sa raison pour interpréter ses missions, si bien que la caporalisation institutionnelle ne débouche pas nécessairement sur une caporalisation effective. 

Dans le cas de Nicolas R., le blog de Bernard Collot nous renseigne à partir du seul point de vue (et c'est tout à fait normal) de l'enseignant et de la majorité des parents. Ce n'est pas mince, bien sûr..., mais pas exhaustif pour autant. 
Or l'expérience m'a montré que les explosions brutales de telles situations s'inscrivent dans un contexte local, une histoire particulière, une complexité (comme dans une classe, d'ailleurs, et surtout une classe qui veut s'inspirer du « troisième type »). Si la communication minimaliste de l'institution est parfois le signe d'un manque de courage ou de loyauté, c'est au contraire la plupart du temps une marque appréciable de loyauté à l'égard des personnes concernées, contrairement à ce que beaucoup d'enseignants croient (dont moi-même avant d'être IEN). En effet, mettre sur la place publique la complexité d'une situation est techniquement difficile mais surtout trop dangereux, dans la mesure où les médias ont tendance à vouloir la « simplifier » : les raccourcis peuvent alors être dévastateurs. Ce devoir de réserve de l'institution est donc un bon signe, à mon avis, car la conclusion de telles « affaires » est toujours une sortie de crise intelligente, constructive, dépassionnée, respectueuse des personnes et de la complexité des choses. 
Compte tenu de la bonne réputation de l'IEN de circonscription et de celle du DASEN, je me plais à penser que c'est cette voie positive qui sera choisie. 
Vigilance certes, mais confiance aussi. Au fait, le ministre ne vient-il pas lui-même de vanter la nécessité d'un climat de confiance, à tous les niveaux ? 

(1) Cf. l'excellent ouvrage (prémonitoire) « Du taylorisme scolaire à un système éducatif vivant » d'une certain... Bernard Collot, et de Christian Drevet, Philippe Lamy, Laurent Ott et Philippe Ruelen.
BC - Ci-dessous, je rappelle des commentaires d'autres inspecteurs eux aussi touchés et qui contribuent à éclairer une affaire qui n'est pas celle d'ennemis.
- Je connais un peu cet IEN et il n'a effectivement pas du tout le profil pour ce genre de coup tordu. 
C'est sans doute ce qui est le plus inquiétant : si un collègue honnête peut en arriver là, comment aurait agit un cynique arriviste ?
- Je suis un collègue d'IEN. En dehors de nos personnes, de nos erreurs, nous sommes dans une situation de pouvoir apparent qui est ambigüe, trouble. 
Bien sûr que nous n'avons pas les compétences de pédagogues, mais elles nous sont attribuées, nous devons "inspecter" sous cette qualité, et, en réalité, faire appliquer les idées pédagogiques d'un gouvernement. Mais aussi bon nombre d'enseignants nous les demandent, ces compétences ! Si nous leur disons que nous ne les avons pas, nous n'avons plus l'autorité dont ils ont besoin pour se protéger. Parce que nous les protégeons aussi, bien ou mal. 
Nous sommes entre le marteau et l'enclume, les parents étant aussi dans l'enclume. 
Il y a tellement de désaccords à propos de l'école, à propos des pédagogies, que maintenir un ensemble cohérent et harmonieux s'avère de plus en plus impossible. Et ce sont nous qui sommes chargés de cela, sans beaucoup de moyens et même de formation ! 
Ce n'est pas pour me plaindre. C'est pour dire que la situation dans laquelle nous sommes tous devient inextricable. 
Je lis ce blog parce qu'il pose les problèmes d'une façon qui n'est pas manichéenne. 
Bernard Collot a eu raison de monter au créneau sur "un petit cas" comme il le dit. J'ai trouvé son appel au début un peu brutal, mais comme il le fait déboucher sur la raison, je le trouve salutaire.