Un peu de théorie... simplexe !

La complexité quand elle n’est pas la mesure de toutes les opérations et interactions entre les éléments d’un système nécessaires pour aboutir à sa finalité, s’entend au contraire comme l’impossibilité de déterminer tous les paramètres qui agissent, jouent un rôle dans un phénomène. Soit parce qu’ils sont infinis, soit parce qu’on en ignore une partie. On parle alors de complexité quand on ne peut plus la mesurer.

Tous les processus d’apprentissage sont complexes et s’effectuent dans la complexité. Comme il est impossible d’en déterminer tous les paramètres et de les maîtriser, il faut alors permettre la complexité et agir sur ses conditions.

Intervient alors un autre concept, celui de la simplexité récemment défini par le neurobiologiste Alain BERTHOZ :

«La simplexité, telle que je l’entends, est l’ensemble des solutions trouvées par les organismes vivants pour que, malgré la complexité des processus naturels, le cerveau puisse préparer l’acte et en projeter les conséquences. Ces solutions sont des principes simplificateurs qui permettent de traiter des informations ou des situations, en tenant compte de l’expérience passée et en anticipant l’avenir. Ce ne sont ni des caricatures, ni des raccourcis ou des résumés. Ce sont de nouvelles façons de poser les problèmes, parfois au prix de quelques détours, pour arriver à des actions plus rapides, plus élégantes, plus efficaces.»

 Dans une école du 3ème type c'est bien d'une « nouvelle façon » que nous posons les problèmes :

  • A la notion de transmission des savoirs nous substituons celle de la construction des langages de par les interactions et les interrelations dans un environnement et dans une entité sociale.
  • A la conduite collective d’activités demandées, maîtrisées, motivées et contrôlées par un enseignant pour aboutir à des apprentissages catalogués et découpés, nous substituons l’aide, notamment par le questionnement, à la réalisation de l’infinité de projets nés des besoins, des envies, des curiosités, des pulsions, des plaisirs, nés de la vie personnelle de chacun ou de la vie dans un collectif. La construction complexe de tous les langages s’effectue dans ces réalisations (les « faire ») et en partie dans l’entité sociale où elle a lieu.
  • Aux méthodes prétendant connaître les processus d’apprentissage, nous substituons un environnement et une structure provocateurs de processus.
  • A l’organisation et au découpage préétablis du temps, des activités, d’un programme, nous substituons l’auto-organisation induite par les projets, la vie dans le collectif.

 Ce faisant nous permettons, « par des chemins détournés », que les processus s’effectuent dans la complexité.

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