Puisque c'est d'actualité, une analyse de ce qu'est PISA ici :

http://www.questionsdeclasses.org/?Pisa-un-fetiche-utile-a-quoi

Extraits à propos des premiers de la classe (asiatiques)

Pourtant, derrière ce cliché de "premier de la classe", il y a un système éducatif profondément pathologique, et pathogène, stressant et "infernal", et au bout du compte, peu performant, éducatif, formateur. Toute la vie du jeune coréen est réduite au travail scolaire et à la préparation aux examens, 6 jours par semaine de 8h à 23h, cumulant sa journée à l'école publique, sa soirée à l'institut privé (55 000 hagwons en Corée), et les cours privés. Et en quoi consiste ce "travail scolaire" ? Essentiellement en la préparation aux tests, en la capacité à répondre à des QCM, où le programme se réduit à quelques matières, et où l'apprentissage consiste en mémorisation, discipline, répétition.

 L'unique moteur de cette instruction est la compétition à outrance pour être toujours le meilleur. C'est pourquoi on ne peut comparer un élève coréen et un élève français, c'est un peu comme si on comparait un pilote de formule 1 qui s'entraine tous les jours sur son circuit et le conducteur lambda qui y vient pour la première fois.

Les effets de ce système peuvent être ainsi décrits: "Ces orientations favorisent la compétition la plus débridée entre les élèves avec la réapparition des examens préparatoires aux concours d’entrée, le bachotage, les cours privés. Les enseignants sont gagnés par le même esprit de compétition favorisé par le « bonus system » hérité de l’industrie et que le ministère de l’éducation tend à instaurer comme système de promotion. Mais surtout règne l’indifférence aux problèmes humains que génère une société scolaire partagée entre gagnants et perdants. Cette évolution a entraîné une chute de l’enseignement public et sa désaffection par les classes moyennes. Le nombre d’élèves quittant le secondaire en cours de cursus a atteint 600 000 en 1997. Certes quelques groupes tentent de réagir contre la propagation, le « fléau social majeur », véritable psychose sociale. En fait l’inégalité est prônée comme le moteur de l’évolution de l’éducation, selon une sorte de darwinisme scolaire. Elle correspond à ce monde des marchés dans lequel l’éducation n’est plus considérée que comme une marchandise. ( In “effect, education is seen as simply one more product like bread, cars, and television”. Le principe de cette marchandisation de l’éducation est que l’école doit être rentable. "(4)

 Le contre-coup de cette compétition à outrance (5), de la pression des familles qui surinvestissent financièrement jusqu'au sacrifice, de la honte de l'échec, du respect aveugle de l'autorité, c'est que la Corée du sud est aussi le n°1 pour un autre palmarès: celui du nombre de suicides de jeunes qui n'arrivent pas à supporter les exigences que l'on fait porter sur eux. En 2009, 202 élèves du secondaires se sont suicidés selon les chiffres du ministère.

 Selon un universitaire très critique de ce système, les élèves coréens sont préparés pour les tests, mais quand ils entrent dans le monde de la culture universitaire, ils n'ont pas les compétences pour réussir, et 44% abandonnent avant d'obtenir un diplôme. Autrement dit, l'école fabrique énormément de jeunes dociles, mais privés de ce qui fait une éducation culturelle complète et riche. "L'école est morte, l'éducation reste morte, les élèves agonisent", dit un jeune coréen (6).