debuter

Dans quelques jours, vacances ! Ouf ! Décompression ! Mais tu as reçu ton affectation pour la rentrée. Peut-être est-ce une classe multi-âge et même, horreur, une classe unique ! Tu n’y penses pas trop encore, mais cela ne va pas tarder à te trotter dans la tête, peut-être même sur la plage ! Respire, parce qu’au contraire tu vas pouvoir mieux respirer toute ta prochaine année scolaire, et les enfants avec toi. Je te livre un article écrit il y a bien longtemps pour débarquer décontracté(e) à la rentrée dans ta nouvelle classe !

 Article paru dans la revue Marelle, 1995.

 « Débarquer » en classe unique cause toujours un choc ! Brutalement tous les repères péniblement acquis au cours de ta formation disparaissent. « Que faire ? Comment m'en sorti ? Où vais-je trouver "la méthode" ?  Et puis assumer seul (e) le parcours de ces enfants dont j'ai la charge, oulalala ! »

C'est un vaste inconnu qui s'ouvre devant toi. Mais c'est aussi un vaste champ expérimental, un immense espace de liberté, l'occasion de changer ta pratique, d'en inventer de nouvelles. L'occasion de faire (enfin) autre chose et surtout de découvrir d'autres choses, en particulier... les enfants. Et ce peut être très facile 

Quelques principes simples, quelques actions simples, quelques trucs ... simples.

Le premier principe indispensable à intégrer (et peut-être le plus difficile) c'est que tu as le temps. Que les enfants ont le temps. C’est l’immense cadeau que te fait une classe unique.

Il faut donc oublier dans un premier temps (!) les programmes, les échéances (lecture, 6ème....) .... et cela peut très bien durer trois mois sans aucun risque pour les objectifs scolaires à atteindre. Rien de positif ne peut se faire tant qu'une organisation ne s'est pas mise en place, des habitudes prises, des rituels établis, une tranquillité instaurée. Inutile de s'affoler au bout de deux mois ou plus si Jean n'a pas encore démarré en lecture alors « qu'à son âge… », si Pierre qui va entrer en 6ème ne maîtrise pas encore les multiplications etc. Les paramètres dont dépendent les apprentissages sont si infinis et si complexes qu'ils continuent à agir à ton insu, même si une évaluation de type scolaire ne met pas forcément en évidence les connaissances qui concluent tout apprentissage. Tu seras alors surpris(e), au bout de quelques mois, de voir la rapidité de ce qu'on appelle encore leurs « progrès ».

En général, on part toujours à l'envers : D'emblée on a à l'esprit les programmes, les compétences à faire acquérir, des dates buttoirs. On se fait un échéancier (quel vilain mot qui rappelle surtout... le carnet de chèques !). Et dès le premier jour on agit en fonction de cela... et tout le monde court après le temps ! Alors que rien n'est mis en place... pour que ce temps existe ! Remets donc les choses à leur place : Occupe d'abord ton temps à mettre en place les conditions nécessaires et indispensables pour qu'au bout d'un... certain temps, ce temps n'ait plus d'importance. Ce que tu « dois » faire acquérir s'acquerra en dehors d'un temps prévu, te libérant et libérant les enfants d'une pression qui va à l'encontre de ce que tu cherches. Facile à dire, difficile à vivre les premiers mois.

Le deuxième principe est qu'il faudra toujours partir d'une situation existante. Ce n'est pas par un coup de baguette magique que tu vas libérer les enfants et te libérer toi-même des représentations qui pèsent sur les comportements de tous ceux qui vivent l'école. Les enfants attendront que tu leur indiques ce qu'ils doivent faire, les parents que tu apprennes à leurs mômes la même chose et dans le même ordre que ce qui se fait ailleurs, et toi tu n'auras comme références que... tes propres souvenirs.

Tout renverser d'entrée, c'est l'angoisse assurée pour tout le monde. C'est donc à partir de cela, d'une façon générale, que tu démarreras. Et tu feras probablement des choses que tu trouveras ensuite aberrantes (cahiers, exercices... voire même "devoirs", rangées, etc.). Mais cela n'a pas d'importance, y compris leur inutilité : Tu t'engages dans une transformation profonde de ce que l'on pourrait appeler un référentiel pédagogique. Autrement dit, tu vas quitter un référentiel connu pour t'engager vers un autre référentiel que, ni toi, ni les parents, ni les enfants ne perçoivent encore. L'abandon du premier ne se fera donc que peu à peu... et simultanément par tous les membres de la communauté école.

Une maison... et un atelier

Quoi faire alors ?

S'occuper d'abord de l'aménagement du lieu. J'y ai personnellement passé beaucoup de mon temps. Ce que l'on prend comme secondaire est en réalité essentiel. Faire que l'endroit où un certain nombre de personnes vont vivre ensemble pendant au moins 1 an soit un endroit... à vivre. Un rideau, des fleurs, un tapis, un fauteuil, un chat, la cafetière électrique, le coin des jus d'orange, une lampe de chevet, une chaîne hi-fi, la guitare du maître... Mets dans ta classe le maximum de choses qui ne soient pas... scolaires. Ce que l'on met chez soi pour y être bien. Même si les tables sont encore en rang, l'heure de la récréation fixe... tout aura déjà changé ou pourra changer. Le bouquet de fleur aura un rôle beaucoup plus important dans les transformations de la pédagogie que toutes les théories préalables. C'est dans une maison que les enfants et toi devez vivre. Faite de couleurs, d'inutile, d'agréable.

Tu ne vas pas pouvoir aussi t'empêcher de penser au scolaire, disons plutôt à l'éducatif. Alors d'emblée pense que ce qui va servir à des objectifs très professionnels soit le plus possible visible et accessible : Les enfants auront besoin à tout moment du mètre, d'une balance, d'un microscope, du globe, d'une carte, d'une machine à calculer etc. Il ne faut pas avoir à tout déranger pour aller se servir d'un outil. D'autre part, le simple fait qu'il soit accessible en permanence induit son utilisation. Tu ne peux imaginer par exemple à quel point les enfants (et toi) vont faire de la science du simple fait qu'un microscope soit posé en permanence et prêt à l'emploi sur une table ! Si, dès le départ, il y a un ou deux aménagements qui prévoient le déplacement des enfants vers des outils, la première occasion va être immédiatement saisie... et ils (les outils) vont même suggérer des occasions. Après avoir pensé maison, pense garage ou atelier !!

Chaque fois que j'ai fait cette préparation, c'est en la faisant que me venaient des idées... pédagogiques !

Des actions, des outils structurants.

Tu démarres donc traditionnellement dans un lieu un tout petit peu différent du parallélépipède scolaire habituel. Tu as même un emploi du temps compliqué et savant. Tu sais que tu vas avoir, et les enfants aussi, le plus grand mal à le suivre et à ce qu'il soit efficace. Tant pis. Mais, dans cette organisation du temps, prévois un ou deux moments clefs :

L'entretien.

Un petit truc : ne le place pas en début de matinée. Si tout le monde sort d'une situation traditionnelle, il sera pris pour ce qu'il est souvent : un simple échauffement en attendant les choses sérieuses. Si tu le veux source d'activités, il sera immédiatement trop désorganisant. S'il vient un peu plus tard (10 H 30) il s'insérera déjà mieux comme faisant partie du courant de la classe. D'autre part, dès que ta classe se nourrira de la vie, il aura aussi comme fonction de réguler l'activité qui va démarrer dès qu'un enfant rentrera dans la cour, dans la classe. A ce moment, les enfants ne feront plus la différence entre la vie en dehors de l'école et la vie dans l'a classe.

C'est de cet entretien, véritable briefing dans certaines classes, que vont pouvoir surgir ces fameuses informations non prévues qui, peut-être, rebondiront et provoqueront d'autres activités auxquelles ton programme n’aura pas pensé. Mais, dans un premier temps, ne te préoccupe pas de cela : L'important est que les enfants se sentent libres et confiants dans ce moment. La seule chose qui comptera est qu'ils y parlent, s'écoutent. Ne cherche surtout pas à ce que ce soit scolaire, n'y cherche aucun objectif pédagogique, ni dans l'instant (vocabulaire...) ni pour la suite. Les enfants le sentiront tout de suite... et se tairont ou se permettront de parler seulement... si cela te convient. Encore une fois, prends ton temps, il ne sera pas perdu.

Le bilan de fin de journée.

C'est un autre moment important. Prendre l'habitude de savoir ce que l'on a fait. C'est déjà un transfert du pouvoir de jugement réservé au maître qui devient un pouvoir d'analyse donné aux enfants. Pendant ce moment, laisse les enfants totalement libres de leur analyse de la journée, même et surtout si elle te parait simpliste ou peu pertinente. Aide-les à chercher le positif, même s'il est inattendu. Le négatif, ils ont l'habitude ! Au fur et à mesure que la journée va devenir plus complexe, vous (eux et toi) allez avoir besoin de vous rassurer sur ce qui s'est passé. C'est aussi un moment que tu pourras utiliser pour transmettre aux parents quelque chose qui va les rassurer eux aussi : quelque chose que l'on relève sur un cahier. Tu n'hésites pas : tu choisis soigneusement ce qui va être communiqué (CR collectif, travail de calcul, copie soigneuse d'un texte etc.). Le cahier est, dans le référentiel des parents, à la fois le lien entre l'école et eux et la preuve du travail de leur enfant. Tu ne peux pas les couper d'entrée de ce repère. Mais tu peux commencer à en faire quelque chose de différent et surtout le libérer peu à peu du coercitif et des jugements de valeur habituels dont les cahiers sont souvent chargés.

Des fichiers autocorrectifs.

Ne compte pas trop sur les fichiers autocorrectifs comme outils magiques pour faire faire des progrès aux enfants, même aussi bien fait que ceux de PEMF (pédagogie Freinet). Mais ils peuvent avoir un rôle déterminant au niveau des habitudes, des comportements et de la structure de la classe. Ils vont permettre :

- D'introduire la notion de travail et de rythmes différenciés dans la classe. Les enfants (et toi) sont dans le schéma des leçons, exercices, faits au même moment pour tous. Tout en restant scolaires, les fichiers permettent de rompre ce schéma sans trop d'angoisses pour personne. D'autant qu'on peut même les faire faire de la façon la plus traditionnelle : dans l'ordre des fiches, avec obligation quotidienne ou hebdomadaire. Mais il te sera impossible de faire faire la même fiche à tout le monde en même temps. Grâce à eux, c'est la possibilité, sans travail nocturne supplémentaire du maître, de rompre la rigidité d'un emploi du temps, d'introduire la notion de travail personnalisé et de progressions individuelles. Et ceci d'une façon relativement facile à. contrôler. Et puis peu à peu ces fiches ne se feront peut-être plus dans l'ordre, viendront peut-être en complément d'autres activités, provoqueront peut-être d'autres activités (math, sciences etc.)... et, un jour, elles seront inutilisées. Un cap sera franchi.

- D'introduire la mobilité dans la classe. Cela parait anodin et pourtant c'est aussi une clef du changement : L'enseignement traditionnel est marqué par l'immobilité. Dès que ça bouge, c'est l'affolement et une grande partie sous-marine de l'iceberg pédagogique consiste à maintenir l'immobilité ou à contrôler tout déplacement qui va troubler cet ordre indispensable à l'application des prévisions et programmations pédagogiques. Les fichiers vont obliger les enfants à se déplacer (aller chercher les fiches, retourner vérifier) de façon individuelle et autonome et le maître à organiser l'espace de la salle pour que cela soit possible. Cette mobilité non dirigée aura lieu dans l'espace et dans le temps. Cela va obliger le maître et la classe à organiser espace et temps pour que cela soit possible (place des fichiers, plan de travail...) . C'est le début d'un processus qui, par la suite, va servir à toute l'activité de la classe et pas seulement pour faire des fiches.

- De casser un autre schéma : avant, on travaillait et on exécutait pour satisfaire le maître dans ce qu'il exigeait. C'est une façon de changer la façon de percevoir le rôle de celui-ci : cette fois c'est l'enfant qui va aller vers le maître lorsqu'il va se trouver en difficulté. Il aura lui-même déterminé son problème (autocorrection). Le maître va alors servir à quelque chose dans une relation interactive.

- D'entrer dans les processus de l'interaction, soit avec toi l'enseignant, soit avec d'autres enfants. Tu vas même pouvoir, tranquillement provoquer cette interaction (« David, peux-tu voir avec Pierre ce qui ne va pas ? »). Au lieu qu'elle se passe en dehors des moments scolaires, elle va ainsi faire partie de ces moments.

Le plan de travail.

C'est un vieil outil des freinétistes. Il peut être utilisé de la manière la plus traditionnelle (Tu peux faire mettre à chaque enfant les exercices de Bled ou les problèmes du livre de calcul qu'ils doivent faire dans la journée et que tu as choisis toi-même). Mais c'est le premier outil de son autonomie... et de ta tranquillité ! Très vite il pourra passer de l'outil coercitif à l'outil de régulation suivant l'évolution de la classe et de toi-même.

Tu remarques que, jusqu'à maintenant, tu n'as pas touché grand chose à l'enseignement traditionnel. Et pourtant, tu as mis en place tous les ingrédients qui vont permettre une transformation de ta pédagogie. Je me garderais bien de te dire vers quelle pédagogie tu vas aller. Tu pourras toujours tout bloquer et continuer l'application de l'ordre traditionnel. Tu peux utiliser ce que je viens de te dire pour cela. Mais, si l'imprévu, la vie ne te fais pas peur alors tu auras déjà un début de structure qui rendra tout possible.

Des trucs

Je n'arrêterai pas d'insister : ce qui rend les transformations de l'école difficiles, ce sont les représentations que chacun en a. Ainsi les enfants travaillent, agissent essentiellement pour satisfaire le maître. Cela allait jusqu'à la gratification du bon point délivré magistralement. Ce renversement indispensable du sens de l'action est extrêmement difficile et tu peux et dois même faire un certain nombre d'actions pour aider à cette révolution.

Le premier truc que je vais te donner concerne les mathématiques.

Pourquoi les mathématiques ? Parce que c’est encore le domaine où l’école est la plus figée, la plus uniforme, là où l’on ose le moins, où l’on se contente le plus de faire comme autrefois.

- 1/ Dis-toi que erreurs des enfants ne sont que celles de la non mémorisation ou de la mauvaise utilisation de la mécanique que tu leur a apprise et demandé d’appliquer ! Ils peuvent faite « juste » sans rien n’avoir compris et se tromper le coup suivant parce que les données à mettre dans le mécanisme ne sont pas dans le même ordre. Alors, avant de leur apprendre, demande leur donc de chercher, d'imaginer comment ils pourraient trouver une solution à ce que tu leur proposes. Tu introduis ce qui va leur servir ensuite pour tout : mettre en branle leurs neurones, leur imagination, les représentations, même erronées qu’ils ont… mais au moins tu sauras lesquelles. Tu comprendras ainsi un des processus des apprentissages… et eux si engageront dans n’importe quelle autre situation.

Ce qu'ils écriront, essaieront, correspondra tout simplement à leurs représentations. Alors, au lieu de chercher à leur faire comprendre qu'ils se sont trompés, tu chercheras à comprendre, toi, ce qu'ils ont voulu dire, quelle représentation sous-tend leur écriture mathématique. Même si cette représentation et son écriture ne te conviennent pas, elles sont réelles, donc justes pour eux. Tu renverseras tout : c'est toi qui chercheras à les comprendre. Tu créeras alors une véritable relation d'apprentissage. Tu ne peux imaginer les conséquences que cette simple attitude peut avoir ... y compris pour ta propre compréhension des maths qui deviennent alors faciles, passionnantes pour l'enfant et pour toi ! Bien sûr, peu à peu, tu joueras ton rôle : normaliser un langage (mathématique) pour qu'il devienne compréhensible par tous et utilisable conformément... aux habitudes. Mais tu auras enclenché une transformation réellement profonde.

Penses toujours que l’imagination n’est pas réservée à la seule littérature ou aux arts, c’est dans tous les domaines qu’elle est importante. Les maths, c’est une bonne occasion pour le comprendre, le faire comprendre, la libérer (l’imagination) pour tout.

2/ Tu valoriseras systématiquement ce que l'on prend pour une erreur. Faire juste n'a pas d'intérêt. Seule l'erreur est passionnante, doit devenir passionnante. C'est elle qui propulse en avant, emmène sur les routes du savoir. « Tu n'y arrives pas ? Ça c'est intéressant ! ». Plus tu valoriseras l'erreur, plus les fameuses situations-problèmes vont se multiplier parce que plus personne n'en aura peur. Et il est facile de passer de l'erreur mathématique à toutes les autres erreurs.

Le second concerne l'écrit.

Les enfants n'auront probablement jamais écrit pour eux-mêmes. C'est un autre renversement du sens qu'il va être nécessaire de rendre possible .Alors il va falloir provoquer des chocs. L'écriture automatique est certainement un des "trucs" les plus efficaces pour cela (voir ici). Créer au moins un moment dans la classe où toi-même ne te préoccuperas plus de l'orthographe, de la calligraphie.... Tu ne prendras pas trop de risques mais tu feras rentrer un souffle qui, si tu le laisses s'amplifier, emportera tout.

N'aies pas peur de l'obligation... pour engager à être autonome et libre ! Tout au moins dans un premier temps. Parce que les enfants ont été conditionnés à elle (l'obligation). Ensuite parce qu'on ne peut prendre goût à quelque chose... que si on y a goûté. Alors faire faire par exemple un "texte libre obligatoire" n'est nullement horrible ! A condition que cette obligation ne soit pas liée à un jugement. C'est ça le truc ! L'important ne sera pas d'écrire bien, de calculer bien, d'expérimenter bien, de fabriquer bien, de peindre bien, de chanter bien... ce sera d'écrire, d'expérimenter, de peindre, de chanter etc. Alors de l'obligation, de l'activité imposée à tel ou tel moment, ta classe et toi-même passerez, sans même vous en rendre compte, à l'autonomie, à l'appropriation de l'activité, à la complexification des langages (rôle de l'école)... à la complexité. Et vous serez en plein dans les processus.

Bien sûr, dans les "trucs", il y a aussi internet, les sites, les listes de diffusion d’écoles. Ce qui ne peut être, au début, qu'une fenêtre qu'on ouvre sur ailleurs, sur les autres, sur autre chose. Là aussi cela peut se faire de façon très traditionnelle : de 16h à 16h15 on lit les messages au lieu de lire un manuel ! Sans plus ! Et cela peut rester ainsi longtemps. Mais il est fort improbable que ce que font les autres, que leur interpellation quotidienne, ne provoque pas, à force, des idées, des transformations, donne des envies... et le besoin de passer à l'acte. Il est toujours rassurant d'être relié à d'autres, de savoir ce que d'autres font et surtout de différentes manières. Cela permet de s'autoriser.

Un dernier truc, peut-être le plus important : échange avec d’autres, raconte-leur comme ils te le raconteront, tes difficultés, tes essais, tes découvertes... C’est facile aujourd’hui avec les diffusions dont certaines (comme celle-ci) sont dans l’esprit de tolérance absolu. Alors, tu, vous deviendrez très forts parce que chacun d'entre vous aura l'intelligence de tous. Débuter en classe unique, débuter dans la transformation de ses pratiques revient aussi à débuter dans l'intelligence collective.

Tu remarqueras que je ne t'ai pas dit « comment faire en classe unique ». Parce que j'en suis bien incapable ! Je ne t'ai même pas parlé du problème de l'hétérogénéité ! Et même si je le savais, ce serait tellement complexe qu'il me serait impossible de l'expliquer. Parce que c'est ça, mon dernier "truc" : Le problème n'est pas de savoir comment fonctionne la complexité, de savoir la gérer, le problème est tout simplement d'y rentrer. Et d'y rentrer le plus tranquillement possible. ............... bon courage.

 Bernard COLLOT CREPSC 1995 (le texte en.pdf : debuter)

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