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14 000, ce n’est pas encore beaucoup mais ce n’est pas rien. Le caractère d’extrême urgence soulignée dans « ces affaires qui empoisonnent l’école », les enfants, les parents, les enseignants, se confirme de jours en jours. Les 14 000, qui seront beaucoup plus à la rentrée, sont aussi des sonneurs d’alerte.

Que l’Etat et que tout le monde ne les entendent pas, et ce sera une situation beaucoup plus grave, pour l’école publique, que toutes les grèves ou manifestations.

C’est de l’intérieur que l’école publique se détériore. Dans des consensus impossibles à trouver quand ils sont recherchés, dans des oppositions de plus en plus inconciliables quant à ses finalités, ses modes opératoires, oppositions qui s’expriment de plus en plus au grand jour dans les écoles (ce qui en soi peut être considéré comme un progrès !), tant entre enseignants, qu’entre parents et enseignants, qu’entre parents.

Le principal malaise est bien là, il était invisible il y a quelques années, aujourd’hui il est partout, se voit, au grand dam des enseignants qui traduisent cela comme être injustement « mal aimés ». Et l’Etat reste aveugle.

Les grands discours des chantres politiques ou médiatiques, qu’ils aillent dans un sens ou dans un autre, qu’ils soient dans un camp ou dans un autre, ne sont plus crédibles pour un hypothétique et lointain changement, ce d’autant qu’ils ne font que brasser des lieux communs que tout le monde entend depuis des décennies.

En attendant, ce sont des cohortes d’enfants et d’adolescents qui sont broyés, au nom de quoi ? Du fantasme d’une République qui n’a jamais pu être une démocratie (peut-être un autre fantasme !) ? De « résultats » ? Lesquels ? Peut-il y avoir d’autres résultats que la vie présente et à venir de ceux qu’on ne cesse d’appeler « élèves » ?

Parents, enseignants et surtout politiques, éveillez-vous ! C’est immédiatement qu’il faut faire ce que nous proposons, s’il n’est déjà trop tard. Souvenez-vous du principe de la thermodynamique, l’entropie, qui aboutit à l’autodestruction de tout système : c’est un processus qui une fois enclenché est irréversible. Il est enclenché depuis longtemps. L’école publique s’autodétruit toute seule au nom de principes qu’elle ne sait même plus définir.

Il n’y a pas besoin d’être sorti d’une haute école quelconque pour voir que le malaise empire, que le doute, la méfiance, l’exaspération, puis la fuite de ceux qui peuvent, gagnent et s’étendent à tous les bords. De plus en plus d’écoles sont touchées et il y en aura de plus en plus.

On peut juste y trouver le côté positif que les citoyens se mettent… à penser. Ah ! Ils ne pensent pas tous pareil ! Mais ils commencent à assumer ce qu’ils pensent, au moins pour leurs enfants. Qui pense bien ? Qui pense mal ? Ce ne sont que les faits qui peuvent confirmer les bienfondés des uns ou des autres, faut-il encore que ces faits (des écoles différentes) puissent exister. Nous demandons seulement cela.

L’avenir de la Nation, cette expression qui justifie tout et surtout l’immobilisme et l’uniformité d’une machinerie éducative ? Mais ce n’est pas nous qui pouvons le déterminer, nous sommes tous bien trop mal placés actuellement pour le prétendre, vu ce que nous en faisons, les exemples que nous donnons. Nous ne pouvons plus attribuer à l’école une telle finalité étatique sachant le leurre qu’elle est et où elle nous a conduits.

Si tant est que la notion de service public ait eu un sens pour les politiques, il s’agit bien qu’il soit au service d’un public et pas l’inverse : un public captif d’un service.

L’Education nationale, en tant que service public, se doit de fournir les moyens, tous les moyens pour contribuer à l’instruction et à l’épanouissement des enfants en adultes. Il n’y a plus personne qui puisse oser dire que ces moyens doivent être les mêmes pour tout le monde. L’égalité n’est pas dans l’uniformité mais dans l’accès à la diversité. C’est tout ce que nous demandons. Ce n’est même pas politique, même pas idéologique !

La proposition qui est faite dans l’appel est simplement d’enclencher concrètement, rapidement (et facilement) un autre processus qui ne chamboule même pas trop l’architecture du système éducatif mais qui reconnait qu’il y a des convictions pédagogiques différentes tant qu’un consensus général n’est pas encore possible.

Veut-on que l’école publique reste dans cette guerre (1) interminable et de moins en moins sourde d’où personne et surtout pas les enfants ne sortent et ne sortiront gagnants ? Est-ce qu’un peu de bon sens et de pragmatisme pourrait guider l’Etat ? Les citoyens ? Une école publique diversifiée au service de tous… les enfants et adolescents !

(1)   Le mot n’est pas trop fort : c’est ce que vivent en cette fin d’année scolaire des parents et des enseignants d’écoles (dont je suis quelques-unes), où tous les coups bas sont permis dans l’irrationalité la plus totale.

http://appelecolesdifferentes.blogspot.fr/

 

Encore quelques extraits de commentaires parmi les dernières centaines

 Parce que cela semble juste

Que nos dirigeants politiques prennent conscience qu'une autre école est possible.

L'école actuelle sert plus à désapprendre qu'à apprendre...

Offrir à nos enfants une éducation "humaniste

ON NE PEUT PLUS FERMER LES YEUX QU’IL FAUT AGIR ET REAGIR MAINTENANT !

Que ce ne soit pas l'enfant qui s'adapte à un système dépersonnalisant

La liberté de choix est importante à mes yeux

L'espoir d'un souffle nouveau se fait ressentir.

Mon métier est de moins en moins tenable face à la pression de l'école et la non différenciation pédagogique.

AUDREY G. _ Je suis maman de 2 enfants de 5 ans 1/2 et 3 ans que j'ai fait le choix d'inscrire en école associative bilingue suivant une pédagogie institutionnelle d'inspiration Freinet. Il me semble nécessaire que nos dirigeants politiques prennent conscience qu'une autre école est possible, pour ne pas dire nécessaire. Une école à l'écoute de l'enfant et de son développement personnel, une école qui ne laisse pas au bord du chemin ceux qui ne courent pas assez vite pour suivre le train des apprentissages formatés, une école qui responsabilise et développe le sens critique de nos enfants, une école qui développe l'entraide et la coopération, une école qui laisse la place à l'apprentissage par l'imagination... cette école existe, ces pédagogies ont été développées et leurs résultats sur le bien-vivre à l'école et le bien-apprendre des enfants sont démontrés; il est temps que ces méthodes pédagogiques prennent pleinement place dans l'école de la République.

Catherine B. - Il est grand temps de compléter l'éducation dite "académique" avec l'éducation de l'être humain pour pouvoir faire face efficacement aux enjeux de demain et redonner le goût d'apprendre aux enfants

Benoit R. - Le bon sens ! Notre avenir à tous. La conscience de la diversité humaine. L'altérité

Chantal D. Ces expériences différentes ne peuvent qu'enrichir le processus de l'enseignement des enfants qui sont tous différents et ne se retrouvent pas toujours (depuis des lustres) dans l'enseignement proposé par l'éducation nationale actuelle.

Emmanuelle L. Ma fille a été dans l’école de Bernard Collot : tout était si facile !

Pascale L. - Parce que je suis convaincue en tant qu'enseignante et en tant qu'adulte que j'ai plus à apprendre des enfants, que je n'ai la faculté de les enseigner. parce que l'école actuelle sert plus à désapprendre qu'à apprendre...

Cécile F. - Je signe car je souhaite, pour tous les enfants de mon pays, et pour les enfants que j'aurais un jour, qu'ils puissent se révéler pour se qu'ils sont et s'épanouir à l'école, afin qu'au moyen venu ils puissent être des citoyens responsables et bien dans leurs vies. Je pense que nous pouvons faire évoluer le système actuel, même si cela peut prendre du temps pour accompagner les mentalités.

christian C. Partisan de la méthode Freinet dont l'une de mes filles a bénéficié, alors que ses ainées ont subi un enseignement non pas "classique", ce qui n'est pas forcément un mal, mais un enseignement bêtement tatillon, pusillanime et étriqué, par des intervenants eux mêmes étriqués et infantilisés. Et ça continue, avec des classes où l'accès aux toilettes est fonction de la "bonne conduite" des élèves!

Florence G. - Pour que notre système éducatif ne laisse plus de côté les enfants qui n'arrivent pas à "suivre" dans le système traditionnel, et qui se retrouvent rebutés au banc de notre société avec pour seul espoir un avenir condamné à lutter pour survivre dans cette société. Énormément d'enfants se "révèlent" à partir du moment où ils se trouvent dans un milieu éducatif qui leur permet de s'épanouir et de trouver leur voie.

Michel G. - Pour que la créativité naturelle des enfants soit libéré du formatage du système actuel.

Astrid T.Parce qu'il me semble essentiel d'offrir à nos enfants une éducation "humaniste" pour le bienfait de toute notre société,de tout notre monde .

LAURENCE D. - PARCE QUE JE SUIS PERSUADEE QU’EN L’ETAT ON NE PEUT PLUS FERMER LES YEUX QU’IL FAUT AGIR ET REAGIR MAINTENANT !

Sandra M. - Parce que j aime avoir le choix et décider ce qui sera le mieux pour mes enfants. Egalité des chances d'épanouissement, a chacun son rythme, pas de compétition... pour demarrer la vie paisiblement, sans stress inutile et surtout dans le partage, la coopération, le dialogue, le respect et la joie. On leur doit au moins ça à nos bout d chou !!!

Z R - Parce qu'il est grand temps que la nouvelle conscience se manifeste concrètement dans notre système éducatif (et tous les autres systèmes d'ailleurs)

Thierry G. - Directeur de crèche confronté à la scolarisation des tous petits, je trouve important que l'enfant soit au centre des préoccupation et que ce ne soit pas l'enfant qui s'adapte à un système dépersonnalisant

Myriam D. Mon fils aîné est en difficulté à l'école, il ne rentre pas dans le moule, "trop excité, pas motivé, ne s’intéressant à rien, fainéant" pour certain enseignant "cultivé, curieux, travailleur" pour d'autre. Si l'école s'ouvre à d'autres méthodes peut-être les enseignants comprendront que chaque enfant est différent avec un rythme, des compétences à comprendre, accepter et en faire une force.

Isabelle B. - Pour que l'école cesse d'étouffer la créativité et l'envie d'apprendre de nos enfants. Pour que l'éducation évolue dans le bon sens tout simplement

Jean-Yves L - Parce que cela semble juste

Agnès G. Parce que j'ai eu l'occasion d'avoir mes enfants dans le système Montessori et sais combien une approche différente peut être bénéfique. Les enfants ne sont pas tous faits de la même manière, et la liberté de choix est importante à mes yeux.

Quentin V. - L'éducation est le poumon d'une France différente. Malheureusement, elle respire de plus en plus mal mais l'espoir d'un souffle nouveau se fait ressentir.

Bénédicte D. - Je suis actuellement enseignante spécialisée rééducatrice en RASED et suite aux nombreuses fermetures de nos postes et du tout au tout pédagogique apporté par le maître qui place l'enfant dans une position d'objet par rapport au savoir et non de sujet dans son envie d'apprendre, mon métier est de moins en moins tenable actuellement face à la pression de l'école et la non différenciation pédagogique.

ANNAICK G. - J'ai mis mes enfants en primaire dans une école d'inspiration Freinet. Mes adultes d'enfant se sont épanouis parce ce qu'ils ont vécu durant ces jours et non par les systèmes de compétitions actuelles à rentrer dans une seule case...

Brigitte G. Pour qu'une école autrement puisse continuer de prendre l'essor espéré.

Géraldine G. Ma fille a la chance d'avoir eu 2 ans une enseignante pratiquant montessori dans une école publique nous en sommes ravis malheureusement l'an prochain l'enseignement deviendra "classique" j'appréhende un peu pour elle. Je souhaiterai que ces méthodes se développent dans toutes les écoles afin que les enfants soient rendus autonomes de leurs apprentissages.

(…)

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