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Plus de 15 000 parents et enseignants demandent et justifient la liberté et la possibilité pour tous de pouvoir choisir, dans l’école publique, une autre approche pédagogique.

Cet appel n’est pas sponsorisé, n’est pas du ressort du sentimentalisme, celles et ceux qui le signent sont directement impliqués (les pétitions pour obtenir la fin de la faim dans le monde, la protection des poissons des grands fonds ou la démission d’un député obtiennent des dizaines ou des centaines de milliers de signatures !). Plus qu’une demande, il est une proposition concrète qui est argumentée sur son site.

La mise en œuvre de cette proposition ne lèserait en aucune façon les tenants des pédagogies classiques. Elle ne met pas en danger le service public, au contraire elle permettrait à beaucoup d’y rester ou d’y revenir. Elle le pacifierait : toutes celles et ceux, enseignants ou parents, qui subissent les tensions, voire les affrontements dans l’école, qu’ils soient d’un camp ou dans l’autre, peuvent en témoigner.

Je peux même rajouter qu’elle ne coûterait pas grand-chose : permettre qu’une des écoles d’un secteur (ou même partie d’un établissement important) soit dédié à ces pédagogies qu’on appelle nouvelles ou alternatives (elles ont plus d’un siècle !), cela ne demande aucun moyen supplémentaire. Cela demande juste d’informer et une petite modification du mouvement des professeurs et de la carte scolaire (pour le choix des parents) ; à l’heure de l’informatique, rien de plus facile et l’administration a déjà l’habitude avec les lycées sans que cela ne pose problème à personne.

Certains ont opposé les risques hypothétiques habituels qui ont immobilisé de tout temps les machineries sociales[1]. Ils veulent bien que le système éducatif change globalement (mais pas tous dans le même sens !), il y a des décennies qu’ils le disent… et on pourra encore attendre des décennies… mais pas les enfants.

Alors, il serait peut-être temps que cette demande soit portée à la connaissance des médias et des politiques.

Des médias d’abord : internet, du clavier à clavier, ne peut porter une information à la connaissance de tout le monde. Or tout le monde est concerné et ce ne serait que mettre sur la table de l’opinion publique ce qui de toute façon mérite un débat, beaucoup plus que les frasques d’une personnalité, les petites phrases d’une autre ou leurs sondages.

Les politiques ensuite. Est-ce le concret et le réalisable qui leur feraient peur ? Est-ce qu’ils devraient ne se pencher que sur les propositions qui proviennent de leur bord et celles qui ne viennent d’aucun bord seraient douteuses ? Pourtant on ne peut pas dire qu’ils aient beaucoup d’idées pour solutionner les problèmes de notre temps !

Alors, il faut que tous les signataires passent à un autre stade. Il faut que chacun utilise ses relations, ses réseaux, ses moyens, pour faire savoir aux médias, petits ou grands, aux politiques, petits ou grands, que des citoyennes et des citoyens se moquant d’être de droite, de gauche ou d’ailleurs, réclament ce qui n’est qu’un droit quand une société se dit démocratique, ce qui n’est qu’une urgence quand tout le monde s’accorde pour dire que le nombre d’enfants qui souffrent et ne se réalisent pas dans l’école croît dans cesse.

Il n’y a même plus besoin d’interlocuteurs patentés qui iraient négocier suivant le rapport de force établi. C’est la proposition qui doit être l’objet d’un débat public.

Nous n’avons encore jamais eu vraiment conscience de la force que représente l’audace de la citoyenneté et n’utilisons que très peu les moyens mêmes du système. Nos enfants méritent que chacun le fasse.

L'appel est toujours ici : http://appelecolesdifferentes.blogspot.fr/

 PS : une citation :

« Et sur les indications du diable, on créa l'école. L'enfant aime la nature : on le parqua dans des salles closes. L'enfant aime voir son activité servir à quelque chose : on fit en sorte qu'elle n'eût aucun but. Il aime bouger : on l'obligea à se tenir immobile. Il aime manier les objets : on le mit en contact avec des idées. Il aime se servir de ses mains : on ne mit en jeu que son cerveau. Il aime parler, on le contraignit au silence. Il voudrait raisonner : on le fit mémoriser. Il voudrait chercher la science : on la lui servit toute faite. Il voudrait s'enthousiasmer : on inventa les punitions. […] Alors les enfants apprirent ce qu'ils n'auraient jamais appris sans cela. Ils surent dissimuler, ils surent tricher, ils surent mentir. »

Adolphe FERRIÈRE, 1922