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Cela fait longtemps que ce projet est réfléchi, muri, et proposé à l’Education nationale au sein de l’association CELESTIN. A Nantes. Pour se faire il faudrait que l’ensemble des forces et pouvoirs départementaux le soutiennent. Le professeur Hubert MONTAGNER qui s’est déjà investi dans de nombreux autres projets (voir par exemple l’école de Monticello lui apporte tout son soutien qui est aussi celui d’un scientifique. Ci-dessous son texte qui contient des arguments pouvant servir ailleurs.

 Le projet CELESTIN

Hubert MONTAGNER, Professeur des Universités en retraite, ancien Directeur de Recherche à l’INSERM

Les autorités académiques et les différents pouvoirs locaux, départementaux, régionaux et nationaux doivent s’unir et se coordonner pour soutenir le projet du nouvel « ensemble collège-lycée » proposé par l’Association CELESTIN, en reconnaissant pleinement sa pertinence et en lui donnant les moyens humains,  matériels et « organisationnels » nécessaires à une mise en œuvre rapide et à un développement optimal dès la création.

C’est en effet un projet sérieux qui fait honneur aux personnes et à l’équipe qui le portent, après des années de rencontres, lectures, réflexions et débats, nourris d’apports théoriques, de pratiques et d’expériences individuelles de tout ordre.

De plus en plus compliquée, complexe et « multiforme », la société française, l’Etat et la nation ont besoin de structures éducatives qui soient accueillantes, bienveillantes, innovantes, flexibles, « intégratives », ouvertes et évolutives, « à l’image » de CELESTIN. Conçues dans l’intérêt supérieur des différents enfants, préadolescents et adolescents, elles sont des creusets de relation confiante avec les partenaires bienveillants qui les façonnent au quotidien dans leurs dimensions d’élève et d’enfant, mais aussi d’être social et de citoyen... sans les « dénaturer ». En permettant que des liens également bienveillants et confiants puissent se nouer entre les parents (les familles), les enseignants et les autres « acteurs » concernés.

Ayant eu la responsabilité d’animer et de diriger plusieurs équipes scientifiques à l’Université et à l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale au plan national et au plan international, souvent en lien avec d’autres structures de recherche, je sais qu’un projet a une forte probabilité de réussite dès lors qu’il est porté par une équipe cohérente, solidaire, respectueuse des personnes, prête à s’investir dans une « expérimentation » réfléchie, mais aussi altruiste et ambitieuse. De toute évidence, c’est le cas du projet CELESTIN.

J’ai eu en effet le plaisir de le découvrir en cours d’élaboration, à l’occasion de rencontres consacrées aux enfants, préadolescents et adolescents dans leurs différents lieux et milieux de vie, en particulier à l‘école, au collège et au lycée. Alors que je n’étais pas (je ne suis pas) un pédagogue, ni un chercheur en Sciences de l’Education, j’ai découvert des personnes et des professionnels curieux, réfléchis, intelligents et ouverts aux différentes études, données, réflexions, théories, innovations... qui puissent permettre de mieux appréhender les enfants-élèves dans leurs différences et, ainsi, de mieux concevoir, organiser, ajuster et remodeler les démarches, les façons d’être et les pratiques dans la transmission des savoirs et des connaissances.

J’ai retrouvé dans ces rencontres des « valeurs phares » de l’éducation et de l’école, non réduites au seul plan national mais à vocation universelle, en particulier Pauline KERGOMARD (qu’on ne saurait « limiter » à l ‘école maternelle, qu’il faudrait redécouvrir et « redimensionner) et Célestin FREINET (également à redécouvrir dans toutes les dimensions de sa pensée... remarquablement moderne). J’ai perçu dans les échanges et les débats avec les concepteurs du projet CELESTIN les mêmes convictions humaines, la même « force humaniste » et la même cohérence intellectuelle.

Forgées par les recherches des équipes que j’ai eu l’honneur d’animer sur le développement individuel, les conduites, les rythmes et les différentes « constructions » de l’enfant (biologiques, comportementales, affectives, cognitives, intellectuelles...), mes conclusions, convictions et propositions rejoignent celles des porteurs du projet CELESTIN. Comme eux, je suis soucieux que l’organisation et le mode de fonctionnement des différentes structures éducatives (crèches, écoles maternelles, élémentaires, secondaires... ) puissent être pensées pour libérer toute la gamme des possibilités, particularités, potentialités, capacités, compétences, talents... « cachés » et latents des élèves (non lisibles ou non fonctionnels), en étant respectueuses du « rythme » des constructions de chacun au sein du groupe classe (des moments au fil du temps où chacun peut, veut ou sait être prêt). Tout en créant les conditions qui permettent d’en acquérir d’autres.

Les particularités, principes et « fondements humains » d’une « école FREINET », la rigueur, les exigences et l’excellence que les enseignants et les autres « acteurs » de cette école s’imposent à eux mêmes, nécessitent que l’administration et les pouvoirs concernés réservent des locaux et lieux spécifiques aux enfants et à l’équipe éducative, sans oublier les alliances avec les parents (familles), étroitement associés, et sans oublier les rencontres et interactions avec les partenaires « extérieurs ».

Comme les porteurs du projet CELESTIN l’ont souligné, en conformité avec les règles institutionnelles,  « l’article 34 peut être l’occasion d’assouplir les grilles horaires d’enseignements de manière à favoriser un enseignement pluridisciplinaire et à renforcer le soutien aux élèves qui en ont besoin ».Les particularités du projet CELESTIN peuvent s’inscrire dans ce cadre, sans contradiction ou difficulté. On peut souligner en particulier :

* le suivi individualisé et personnalisé des enfants- élèves, une partie des cours pouvant être encadrée par deux professeurs ;

* le travail en équipe des enseignants

* la participation de chaque élève à la vie coopérative, mais aussi à un projet culturel et artistique deux fois par mois ;

* l’invitation des parents à des temps de présentation des travaux d’enfants trois fois par an.

Les chercheurs engagés dans des études scientifiques sur le développement et les différentes constructions du « petit de l’Homme » dans ses différents lieux et milieux de vie, ne peuvent que souscrire aux propositions de l’association CELESTIN.

Le projet permet de respecter les différents rythmes à tous les âges (le ou les moments 0ù chacun peut, veut et sait être prêt à comprendre et à apprendre), sans que l’établissement scolaire enferme les élèves de façon catégorielle dans des clases d’âges strictes, dans des à priori et dans des différences de « croissance » trompeuses entre les personnes, surtout au moment des « transformations » apparentes ou profondes qui sont liées à la puberté (rythme de développement, rythmes d’activité, rythmes d’acquisition et d’apprentissage, rythmes biopsychologiques...).

Je souhaite vivement que le projet CELESTIN soit reconnu à sa juste valeur dans ses particularités, tout à fait compatibles avec les attentes et exigences de l’Institution scolaire. Porteur de réalités  incontournables et de modernité, respectueux des personnes et de leurs différences, il est un atout pour l’avenir de L’ECOLE.

Et je rappelle inlassablement l'appel qui en est à 20 000 signatures et commentaires : http://appelecolesdifferentes.blogspot.fr/