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Une journée debout dans les établissements scolaires paraît impensable et dangereuse à beaucoup. Probablement parce que tout ce qui s’apparente à une manifestation ne peut être pensé autrement que « contre… » et le « contre… » appelle à la révolte contre ce qui est institué qui se transforme vite en combat[1]. Or c’est justement de cela que cette journée voudrait faire sortir.

Est-il impensable que quelque chose puisse être proposé pour se réaliser non pas contre une Institution, des chefs d’établissements, des profs, MAIS AVEC EUX ? Un ministère de l’Education intelligent devrait la soutenir, voire en instituer une régulièrement !

Ce n’est pas un appel à contester, c’est un appel à la reconnaissance mutuelle pour créer COLLECTIVEMENT un moment de vie différent, ce faisant mettre à contribution toutes les capacités imaginatives et sociales des enfants, des adolescents… et même des profs dans leur espace quotidien.

Rien que la réflexion, la préparation de l’organisation d’une telle journée serait aussi passionnant et révélateur que la journée elle-même. Est-ce à dire que ce serait facile partout ? Bien sûr que non mais n’est-ce pas la difficulté qui est enrichissante à vaincre collectivement ? (voir le blog ouvert par les premiers voulant s’y lancer, auquel peuvent aussi participer enfants, collégiens, lycéens : https://journeedebout.wordpress.com/category/blog/)

Les jeunes seraient irresponsables ? Mais accepte-t-on qu’ils soient responsables collectivement de quelque chose ? Nous pensons qu’ils seraient incapables de gérer une liberté, alors faisons-en l’essai, une fois, en y participant avec eux à cette liberté, ne serait-ce que pour les y aider.

Je me demande si parfois nous n’aurions pas peur justement de ce qu’ils sont capables et de ce que cela révélerait. Je pense même que beaucoup seraient satisfaits si des journées étaient émaillées d’incidents : vous voyez bien ce qu’on vous disait !

Et pourtant, même sans rien changer des journées suivantes, on peut imaginer qu’elle aurait un impact sur les relations, les confiances retrouvées en soi et en les autres, le sentiment d’appartenir à une communauté éducative dont les jeunes sont aussi les acteurs. N’est-ce pas le plus important pour s’engager dans un avenir commun que l’on pourrait rendre autre ?



[1] Les nuits debout prenaient bien la direction d’imaginer ce que la vie de chacun comme collective devrait, pourrait être. Elles s’extirpaient du sempiternel « contre… ». L’imagination quand en plus elle devient collective est alors dangereuse et les « casseurs » l’ont compris aussi bien que l’État dont ils sont les alliés objectifs.