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Des lieux de… 3ème type ! Je suis arrivé le premier soir dans le fabuleux jardin d'ALEX Poulingue (Graine de sens). Puis il y a eu le centre équestre d'Aurelia où une quarantaine de chevaux, à la lisière de la forêt de Brocéliande, vivent vraiment socialement comme les tribus qu'ils constituent à l'état sauvage, un lieu où on apprend et où on s'entraide à être avec le cheval avant d'être sur le cheval. Il y a eu les rencontres sous les arbres à palabres comme celle à Augan dans l'herbe sous un pommier dans un lieu où il y a épicerie, bar, scène de spectacle, jardin, verger,le tout coopératif… comme il y en a de plus en plus en Bretagne. À Auray c’était en soirée sous un grand chêne, mon dos ne me permettant plus de m’asseoir dans l’herbe c’était assis sur un rocher que je pouvais me prendre pour un druide… malheureusement je n’ai aucune recette de potion magique ! A Brech c’était sous un cerisier avec les enfants des lueurs des champs…

Je reviens sur le jardin d’Alex en permaculture et la photo que j'ai placée en introduction pour résumer tout le périple : à gauche une butte qu'Alex venait de constituer. À droite une butte qui était rigoureusement semblable il y a… deux mois ! Nous avons là toute l'école du 3ème type : créer artificiellement un terrain pour qu'il devienne naturel et que les plantes elles-mêmes rendent naturel… et après le jardinier n'a plus qu'à être là.

Evidemment, en dix jours en continu, les discussions ont balayé la plupart des champs et leurs problématiques d’où germe une autre école, et n’hésitons pas à le dire, une autre société. Le premier jour à Augan se rencontraient pendant la journée les instigatrices(eurs) de cinq ou six projets d’écoles démocratiques. Elles (ils) étaient « dans le dur » puisque l’ouverture de tous les projets était prévue pour la rentrée… bien que la plupart des lieux n’était pas encore définitivement trouvée. Aménagement des espaces, matériel, financements, les parents, les démarches administratives, la place des adultes permanents, le conseil de justice… Je vais m’attarder sur deux points qui ont été récurrents pendant tout le périple :

- Une fois le lieu trouvé, les accords conclus avec les propriétaires, les démarches faites avec les autorités académiques, reste le dernier point : le feu vert des maires des communes. A « Graine de sens » (Mauron), comme pour Coopcinelle dans la Drôme (billet sur le périple précédent), alors que le propriétaire s’apprêtait à faire à ses frais la mise aux normes pour l’accès aux handicapés, à la dernière minute le maire s’y est opposé sous le prétexte fallacieux d’une interprétation du PLU. Vous imaginez le découragement qui a pu s’abattre sur les épaules de celles et ceux qui y ont consacré des jours et des nuits et qui virtuellement étaient déjà dans les locaux. Il y a les peurs électorales (des marginaux dans la commune), celle de voir la concurrence avec l’école publique,… C’est bien l’implantation de l’école qui est le plus gros problème pratique. Tout le monde chante l’innovation, à condition qu’elle ne soit pas dérangeante.

- Le second point qui a traversé tout le périple c’est le cadre de départ et la place de l’adulte (les permanents et les parents). Dans tous les projets ou écoles en fonctionnement que j’ai pu voir il y a bien un cadre et il faut bien un cadre pour démarrer. Dans les projets plus anciens, ce cadre était généralement soit la pédagogie Freinet, soit la pédagogie Montessori, soit un mélange avec d’autres pédagogies actives ou d’autres sources, permettant ensuite d’ouvrir et d’aller vers… la planète de liberté et d’autonomie. Dans ces cas, le poids de l’adulte, fort au début, va en s’amenuisant au fur et à mesure. Dans les projets plus récents sous l’expression "école démocratique", c’est le modèle Subdury qui paraît plus simple et immédiat. C’est l’assemblée des enfants et du staff qui établit le règlement[1] et le conseil de justice qui statue sur les dérogations aux règles et vote les sanctions, avec comme principe l’égalité parfaite enfants/adultes. C’est semblable à la pédagogie institutionnelle née en France dans les années 1950 (Jean Oury psychanalyste de la mouvance des anti-psychiatres de l’époque et son frère Fernand instituteur dans les classes pour enfants « à problèmes »), à la différence que la PI s’inscrivait dans la pédagogie Freinet devant conduire aux apprentissages visés et dévolus à l’école. Il y a déjà bien longtemps que j’avais constaté les limites et même les dérives auxquelles pouvait mener la régulation du vivre ensemble par ces deux institutions dans la pédagogie institutionnelle ; je l’ai aussi constaté plus récemment dans deux ou trois écoles démocratiques. Paradoxalement elles peuvent arriver à déshumaniser le groupe qui ne se comporte plus que par rapport à une infinité de règles à respecter (il faut bien tout réguler… sur le papier et l’affichage !), de rappels aux règles, une infinité de « plaintes » déposées, de débats sur leur pertinence, de la procédure à suivre (comme dans les tribunaux)…  Et même, comme je l’ai vu à plusieurs reprises, le conseil de justice peut être utilisé très habilement par des enfants (dans les dépôts de plaintes, dans le déroulement de l’accusation) comme une violence vis-à-vis d’autres enfants, ce qui est un comble ! Ce qui disparait dans ce qui n’est plus qu’une procédure, c’est le recours à l’adulte qui, en amont, aurait pu régler l’essentiel de tous les problèmes sans avoir à se référer à des règles. Qu’est-ce qui assure le plus l’exercice de la liberté de faire en respectant l’être de chacun ? Le papier qui régit ou d’autres êtres qui comprennent ? Allez, les deux bien sûr, mais pas l’un sans l’autre !

D’où toutes les interrogations que se pose tout le monde par rapport à la place et au poids des adultes permanents, avec comme corollaire le choix de ces permanents. Vous connaissez ma position : les adultes de l’école ne sont pas comme les enfants, ils ont une responsabilité à assumer, une expérience (un vécu et un recul) qui les légitime et ils doivent arriver à être perçus comme « faisant autorité », faire autorité n’étant pas imposer son autorité. Je disais à un de ces permanents que celui qui doit avoir le plus d’empathie (aussi bien vis-à-vis des enfants que vis-à-vis des parents), c’était lui. Facile à dire !!!.

Ce problème a bien été central dans toutes les nombreuses discussions. Dans la relation éducative, qu’elle soit duelle ou de groupe, c’est « l’autre », c'est-à-dire « nou’zotres » qu’il faut revisiter[2].

Je vais évoquer la rencontre que j’ai eu à Rennes avec les acteurs du réseau «à l’école de Berlioz ». Je ne connaissais pas et pensais que ces écoles existaient. Pas du tout, tout au moins pas encore. L’instigatrice, Catherine Latrompette, a pris le problème de la création d’écoles par l’autre bout : en prenant la pédagogie Montessori comme base de départ[3], elle a créé une structure (avec statuts déposés, constituant donc une « personne morale ») dans laquelle ont pu rentrer plusieurs projets encore virtuels ou à créer dans différents lieux. A partir de cela, du nombre d’enfants et de familles potentiellement concernés, avec probablement de grandes compétences juridiques et financières, une grande connaissance des institutions et de leurs couloirs, des diverses fondations et organismes nationaux et européens et de leurs multiples programmes lançant des appels à projet, elle a obtenu, à l’avance, un financement global permettant de budgétiser tous les projets faisant partie de la structure des écoles Berlioz. Si bien que d’emblée chaque future structure peut annoncer que le coût par famille ne dépassera pas 30 € par mois ! La formation très sérieuse des futurs permanents est même déjà commencée (formation au matériel Montessori, formation avec des pédopsychiatres, des psychologues… et même avec moi puisque mon intervention se situait dans ce cadre !).

Je vous ai souvent parlé de l’ACEPP (association des collectifs parents enfants professionnels) qui fédère actuellement plus de mille lieux d’accueil parentaux de la petite enfance, allant dans le même sens et la même philosophie que tous les projets alternatifs d’écoles[4]. Ce faisant, d’une part elle constitue un poids auprès des pouvoirs publics, des institutions, des communes, des fondations, d’autre part elle se donne les moyens d’avoir au niveau national une petite équipe professionnelle qui se consacre à temps plein à tout ce qui permet d’aider chaque structure (comment monter les dossiers, ne pas se perdre dans les réglementations, organiser l’information et la formation simultanée parents/professionnels, mettre en réseau toutes les structures pour mutualiser les apports, les expériences – site, gazette, relations avec les divers organismes administratifs, financeurs…- etc.). L’ACEPP est l’organisation la plus pointue que je connaisse en ce qui concerne la création de structures par les parents-citoyens, dans l’expérience qu’elle a des rapports parents/professionnels, structures/institutions, d’une façon plus générale de la démocratie participative.

Ces deux exemples confirment ce qui depuis longtemps me paraît le plus urgent : si toutes les écoles alternatives se dotaient d’une structure les englobant toutes en respectant l'identité de chacune, se donnant ainsi les moyens d’agir, de peser, de mutualiser les expériences, les savoirs et savoir-faire acquis, de ne pas avoir à explorer sans cesse et à se débattre dans les mêmes problèmes, ce seraient des milliers d’enfants et de familles qui constitueraient alors une force. Rien qu’en Bretagne il y a de quoi se rassembler ! Mais pour ce faire il faudrait que chacun sorte de ses prés carrés. Qu’importe les dénominations, les différentes façons d’aborder la conquête de la liberté et de l’autonomie par les enfants, les différentes sources ou modèles qui inspirent les uns ou les autres, les différentes façons dont elles se sont constituées, pour moi toutes vont dans le même sens.

Dans le périple j’ai pu voir ou rencontrer trois écoles qui fonctionnent.

« Le carré libre » des « semeurs d’écoles » à Quimper. Je les avais rencontrés il y a trois ans (voir le billet). Enfin ils ont de magnifiques locaux ouverts depuis la rentrée (j’imagine leur soulagement quand enfin ils ont pu concrétiser ce qu’ils cogitaient depuis si longtemps). Leur fonctionnement est calqué assez strictement sur le modèle Sudbury avec une quarantaine d’enfants de trois à quatorze ans. Je n’y suis passé qu’une matinée, insuffisante pour avoir un ressenti étayé.

« Les petits ruisseaux » près de Lorient (au bord de l’océan !). Je les avais rencontrés il y a deux ans alors qu’ils venaient juste de trouver leur lieu (billet). Je n’ai pu que les rencontrer lors de la soirée à Concarneau pour discuter avec eux des turbulences relationnelles qu’ils ont rencontrées lors de leur première année de fonctionnement. Ces turbulences sont normales puisque nous sommes tous des humains avec nos affects et nos faiblesses. Je ne cesse, non pas de mettre en garde mais de dire qu’elles font partie d’un processus. L’analyse et la réflexion qu’en tirent les parents et les permanents des Petits ruisseaux seraient utiles à tous, ce d’autant que d’autres structures rencontrées par ailleurs ont traversé ou traversent des turbulences semblables. La mutualisation dont je parlais précédemment !

Je parlerai un peu plus longuement des « Lueurs des champs » (Blech), parce que c’était le terme du périple (donc le plus frais dans ma mémoire !) et parce que j’y ai passé toute la journée et la soirée.

J’avoue avoir été stupéfait par l’ambiance, la tranquillité, la convivialité de toute cette bande d’enfants de 3 à 14, 16 ans et d’adultes, atteintes en à peine six mois. Lorsque l’on voit des enfants de 3, 4, 5 ans, discuter d’égal à égal avec des plus grands, ces derniers très attentionnés et intéressés à ce que disent ou ce que montrent les petits, une réunion où tout le monde est bien et s’écoute et où les plaintes sont absentes, le multiâge prend toute sa dimension. Je garderai une image de ma journée : dans l'herbe, un enfant de 8 ans, racontant une histoire à un petit groupe de 6, 12, 14 et... 17 ans dont tous les regards étaient concentrés sur le narrateur. Peut-on déterminer ce qui a permis d’arriver très vite à ce stade d’équilibre et à cette dynamique ? J’émets quelques hypothèses.

Les lieux tout d’abord. Il s’agit d’une vieille maison appartenant à Cédric et Emilie. Le rez-de-chaussée est l’école, le reste attend sa rénovation pour héberger les propriétaires et leurs enfants installés en attendant dans un mobil home ! L’espace est un peu petit mais aménagé comme dans un bateau ! Je pensais qu’il était impossible d’installer un atelier peinture, mais il était bien là, dans un recoin, et surtout… il servait ! Dans un bateau il n’est nullement besoin d’édicter des règles qui interdisent de courir dans les cabines ! Disposant d’un très vaste extérieur, il y a plein de perspectives d’extensions, d’aménagements. Déjà des cabanes de verdures sont construites, les lapins les hamsters ont leur enclos, est envisagé le verger, le chemin fleuri qui va conduire à un espace de permaculture, etc. C’est l’avantage d’être propriétaire du lieu dont on peut faire ce que l’on veut. J’ai toujours remarqué que le présent se vit très bien quand en aval il y a plein de possibles à explorer.

Ensuite les bases multiples qui ont servi à Cédric et Emilie à élaborer leur projet. Ils n’ont pas pris un modèle mais différentes sources avec lesquelles ils ont bâti leurs propres bases. Par exemple ils n’ont pas négligé le fait qu’il fallait booster, même artificiellement, l’entrée des plus petits dans tous les langages sans l’imposer. Ils privilégient tout ce qui favorise la communication, les interactions et les interrelations entre tous (on raconte, on montre, on discute de ce qu’on a fait ou veut faire…). S’ils ont repris une partie des institutions Sudbury, c’est d’une façon beaucoup plus souple : il n’y a pas une multitude de règles affichées en dehors des grandes consignes pour chaque espace, les problèmes, s’il y en a, sont d’abord traités directement en amont par les enfants et les adultes eux-mêmes, puis s’ils le requièrent ou s’il y a répétition par la médiation d’Emilie (fonction de directrice), puis en dernier recours par le Conseil de Paix. Paco, 14 ans, m’expliquait qu’au début le Conseil de Paix était surchargé mais que très vite il n’a servi que dans des cas exceptionnels et rares. Mais le règlement n’hésite pas par exemple à restreindre à deux heures la présence devant un écran. Non seulement c’est bien accepté, mais je n’ai pas vu un seul enfant devant un ordinateur pendant la journée ; conséquence : même les plus grands s’impliquent dans de nombreuses et variées activités, y compris des activités à plusieurs et avec des plus jeunes. Au lieu de restreindre leur liberté la restriction leur ouvre cette liberté qui est aussi de se libérer, ce que m’expliquait tranquillement le même Paco.

Ce qui m’amène à observer le poids des adultes clairement assumé aux Lueurs des champs. Le temps de leur présence ils sont constamment dans l’attention à ce qui se passe, s’intéressent à toutes les activités, proposent, participent quand ils le sentent, tempèrent s’il le faut… ils ne sont pas là seulement pour assurer la sécurité où n’intervenir que lorsqu’il y a une demande. Le poids des plus grands est aussi important dans la vie collective mais un garçon comme Paco, bien que n’ayant que quatorze ans, n’est pas très loin de la maturité d’un adulte. Peut-être que l’espace réduit par rapport à d’autres structures le favorise, comme quoi tout inconvénient peut avoir des avantages.

Il y a aussi la mixité dans l’équipe. Lorsque je suis arrivé, il y avait Cédric, Pierre et Emilie dans l’école. Je ne vais pas faire une théorie des genres, mais j’ai souvent observé que dans les crèches parentales la complémentarité féminin/masculin favorisait l’équilibre et l’harmonie des équipes… et du groupe d’enfants. L’autre particularité c’est que l’école a été créée par un couple, Emilie ayant eu des activités tournant autour de l’éducation, Cédric ayant bourlingué dans des activités diverses (le vécu). Il leur est bien plus facile d’être sur la même ligne, de maintenir l’école sur cette ligne tout en s’adaptant et prenant en compte les autres et la réalité. Le problème de gouvernance, du pilotage d’une structure, est bien plus complexe (mais aussu enrichissante) lorsque les créateurs sont un groupe de parents qui de surcroit doit faire face au turnover dans la durée (n’est-ce pas le Carré libre et les Petits ruisseaux  ;-) ). C’est une situation que les crèches parentales connaissent depuis longtemps.

A Douarnenez, parallèlement au projet d’école démocratique du Moulin des connaissances, il y a dans le lycée St-Blaise une expérience particulière portée par son proviseur, un bonhomme barbu, cheveux hirsutes, qu’on verrait aussi bien au coin d’une rue avec une guitare et qui a fait dire à Martin mon fiston (17 ans) « Un proviseur avec une tête et une dégaine comme ça, on va tous dans son lycée ! ». Il s’agit de constituer à la rentrée une classe regroupant 5ème, 4ème, 3ème, seconde, donc quatre ans de vie ensemble. J’avais bien suivi une expérience dans un collège voisin de Moussac une autre expérience avec une classe réunissant 6ème et 5ème qui s’était avérée très efficiente. Mais je ne connais aucune expérience de cette ampleur dans un lycée (les lycées autogérés, Summerhill, le collège Anne Franck du Mans… laissent la liberté du choix et son autogestion mais ne vont pas aussi loin dans l’éclatement du traditionnel). Vous vous doutez de mon intérêt et j’espère que le proviseur barbu et son équipe nous narreront régulièrement comment cela se passe.

Il y a eu bien d’autres choses pendant ce voyage sur une autre planète. Le festival des écoles démocratiques de Brest où les organisateurs étaient déçus par le peu d’affluence alors qu’il y avait des stands, des jeux pour les enfants, une scène ouverte avec en particulier un remarquable guitariste polonais,… Mais le point culminant et inaperçu a été un enfant qui, dans un coin, créait un monde imaginaire extraordinaire avec une vieille carte-mère d’un ordinateur découverte dans le bric à brac du patronage laïc. Partout, ce sont les enfants qui expliquent tout, bien mieux que n’importe quelle conférence, quand on ne leur demande rien mais qu’on s’attarde à les observer. Des enfants, il y en avait plein par exemple à Mauron avec toutes les familles de Graine de sens et les nombreux intéressés par leur projet dans une soirée qui était surtout festive (Ah ! Les galettes bretonnes !), par exemple les petits Alexis, Isaac et Hermine qui nous ont amenés dans les rochers de l’océan puis pilotés jusque sous le grand chêne de Auray, à Bain de BretagneÀ l'ombre du Banyan…et bien d’autres ailleurs (un périple fait de rencontres tellement intenses et diverses… que je m’y perds dans les noms et dans les lieux !). Ce sont eux, ces enfants, qui ont tout à nous apprendre, pas quelqu’un à qui on colle une étiquette de conférencier !

Un merci à Alex de Graine de sens qui a organisé savamment le périple en même temps qu’il a mis ainsi en contact des structures et des personnes qui ne se connaissaient pas encore. Je retiens l’incroyable énergie que tous consacrent à leurs projets et aux enfants, en même temps que l’incroyable énergie qu’ils dégagent et remplit d’optimisme ceux qui vont les voir.

PS : il y a bien eu aussi quelques petites anecdotes personnelles comme le portière de ma bagnole que j'ai gaillardement enfoncée dans mon incompétence à la garer (Martin rigolard me disait que comme ça elle était plus vivante et liée à son conducteur !) où une heure à la retrouver dans un parking géant et désert de Rennes ! La canicule dans une Bretagne qui n'est vraiment pas faite pour cela.... Thierry Pardo, adepte de l'éducation par le voyage et le nomadisme, dirait que le voyage c'est valable pour les vieux adultes comme pour les enfants !!!

Le multi-âge aux Lueurs des champs

 

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Palabres aux Lueurs des champs

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[1] En réalité la matrice de ce règlement est bien préconçue par des adultes sans les enfants.

[2] Nous en faisons avec Thierry Pardo le thème d’un ouvrage à paraître chez l’Instant Présent.

[3] En étant sous le sigle de la pédagogie Montessori, l’avantage c’est qu’elle est universellement connue et reconnue. Tous ceux sollicités n’ont pas à s’interroger sur sa valeur et ce qui fonde les projets.

[4] L’ACEPP s’est constituée en 1980. L’association nationale met en réseau et aide les fédérations départementales ou régionales de lieux d’accueil parentaux. Constituant ainsi une force, elle a par exemple obtenu un statut particulier auprès des pouvoirs publics et bénéficie ainsi des mêmes subventions que toutes les autres crèches (CAF, conseil généraux, communes). Comme son nom l’indique, il y a parité entre parents et professionnels. Elle prône le multi-âge et les petites structures, la place du parent. Elle a pu peser sur la formation des EJE, créer les Universités populaires parentales qui essaiment même en Belgique ou en Allemagne, inclure le rôle des structures parentales dans les programmes de développement local et durable, inventer les stages de coformation parents/professionnels, mettre en pratique le cadre d’une démocratie participative, etc… et elle a participé activement à notre lutte contre l’éradication des classes uniques !