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Le rite des anniversaires a parfois du bon : on revisite mai 68 !

Vu la poursuite inexorable des « détricotages » qui ne sont même plus dissimulés, vu le malaise grandissant d’une société qui est d’ailleurs plus ressenti que réellement exprimé, voilà que cette période considérée comme une chienlit  cause de tous nos maux par les uns, avec la nostalgie d’un tournant loupé par les autres, devient un fait historique qui mérite d’être analysé. On peut même s’étonner (et être ravi) qu’une radio publique comme France-inter y consacre pendant une semaine la plupart de ses remarquables émissions en ne se contentant pas de faire parler les ténors d’alors qui ont depuis quelque peu changé de bord.

L’apparente brutalité et spontanéité avec  lesquelles ces « événements » s’étaient déclenchés en inquiète beaucoup, en fait rêver d’autres. Et s’il y avait un mai 2018 ???

J’avais 28 ans à cette époque. Comme ceux de mon âge j’avais vécu enfant l’occupation, puis à 20 ans la guerre d’Algérie. Ces années 68 comme celles qui les ont précédées et les quelques-unes qui ont suivi étaient pour nous vraiment l’annonce d’une nouvelle erre que nous vivions et faisions. On ne peut imaginer aujourd’hui les fraternités découvertes bien ailleurs que sur les barricades, les barrières des clivages sociaux qui se fissuraient, le souffle qui entrainait même quelques traditionnels. Cela a été bien autre chose que les manifestations qui occupaient surtout les médias d'alors.

En 1998 (c'était juste le trentenaire) j’avais consacré aux années 68 un numéro de la revue « école rurale, école nouvelle » dont j’étais le directeur de publication. Il a un peu vieilli, je puisais surtout dans ce que j'y avais vécu,  mais le voilà à peu près sauvegardé :

« Le bouillonnement des années 60-70 »

(l'image dont je me sers souvent comme logo de mes billets était celle de la couvetrture de ce numéro !)