couverture-mouche-instant-presentJe poursuis le survol entrepris dans un billet précédent (« les chroniques d’une école du 3ème type ») en piochant cette fois dans « La pédagogie de la mouche » éd. L’Instant présent.

Le « scolaire » est caractérisé par son aseptisation totale de façon à ce qu'il soit absolument inoffensif pour l'ordre établi et le programme prévu. (p. 13)

« Baisse les yeux mais ne les détourne pas des directions que je te donne » a été la clef de l'enseignement. Il va falloir que les enfants reprennent leur regard... ou que j'arrive à le leur rendre. (p. 14)

Ce n’est pas en attendant, sagement et passivement alignés, qu’un maître distribue une nourriture intellectuelle prête à être ingurgitée, digérée et censée les faire grandir que les enfants grandissent. (p 15)

Plus la civilisation pèse, moins existent ces lieux où l’on peut n’être que soi. (p. 15)

Vous trouverez étonnant qu'il se mette à lire et vous pourrez croire que c'était grâce à vos belles leçons de lecture parfaitement « ordonnées »... En réalité, cela aura peut-être été le lavabo... qu'il aura pu boucher ! (p. 16)

Dans l’océan des possibles il doit y avoir la mer des rencontres avec les autres. (p. 17)

Réorganiser sans cesse ses informations, c'est la connaissance, c'est la seule voie vers la connaissance. Suivre et subir un ordre de pensée qui n'est pas le sien, c'est l'anti-connaissance, c'est l'impossibilité d'atteindre la connaissance. (p. 19)

Lorsqu’on se laisse aller à parler à une mouche, on suscite des regards de pitié. Voyons ! Tu n’es plus un bébé ! (p. 20)

« Silence ! » dit le maître. Combien de choses se perdent dans ce « Silence ! (p. 21)

Il est plus facile de « maîtriser » (encore un mot épouvantable !) le nombre de pattes de la mouche que de laisser partir, sans contrôle, l'enfant sur le dos de la mouche. (p. 23)

Il n’y a pas communication si, à l’intérieur de ses espaces, elle ne provoque pas d’interactions, d’évolutions ou de transformations des personnes, d’auto-organisation sociale des communicants dans des finalités communes. (p. 25)

Permettre que parmi tous les possibles, il y en ait un ou deux qui aient UNE chance d'être utiles à UN enfant et que CHAQUE enfant ait LA chance de pouvoir se servir d'un ou deux possibles.*

Laissez les merles frapper aux carreaux des fenêtres des écoles ! (p. 36)

Plus on contrôle plus il faut contrôler et plus le contrôle est difficile. (p. 44)

Qu’est-ce qui est éducatif ? Naturellement tout même si on ne sait pourquoi. Même si on ne le veut pas. (…) Tout ce qui est exclu de l’école. (p. 49)

Mettons partout des canapés, des mobylettes, des machines à laver, laissons entrer les mouches, les merles… et l’école se refondera. (p. 50)

On s’obnubile sur ce qu’ils « doivent » apprendre, comment ils « doivent » apprendre, alors que l’important ce sont les conditions qui provoquent l’apprendre. Seul l’enfant est maître de son apprendre. C’est lui… le maître. (p.57)

A noter : une ancienne version du texte (1995) avait été traduite en espagnol par Iris PÉREZ  (Costa Rica) (Ici) ainsi qu’en russe et en portugais (Brésil) pour des revues mais je ne retrouve pas ces deux derniers.