revolution2

Je sais que beaucoup d’entre vous, sur la plage, sur un sentier montagneux, pendant une sieste… cogitez déjà sur la prochaine… rentrée. Curieux d’ailleurs ce terme « rentrée » qui indique que tout le monde était sorti, sorti de quoi si ce n’est de quelque chose où l’on n’avait pas envie de rester ? Mais il va falloir y revenir ! Bon, je sais aussi que beaucoup avez quand même envie d’y revenir pour tenter d’y mieux vivre et y faire mieux vivre les enfants. Vous avez d’ailleurs de la chance parce que si c’était pour revenir à la caisse d’une grande surface, dans votre poste d’une chaîne de montage ou  dans la queue des assedic, vous essaierez le plus possible d’oublier jusqu’au dernier jour la rentrée à laquelle tout le monde est condamné. Pour ceux-là d’ailleurs la sortie ne les aura pas beaucoup éloignés des soucis de la rentrée.

Bon, vous cogitez beaucoup sur ce qu’il faudrait que les enfants aient. Recherche de matériel, de leur emploi, de méthodes,… etc. Sur le marché, même sur le marché alternatif, cela ne manque pas !  

Qui est-ce qui a le plus besoin du matériel de Montessori, des fichiers autocorrectifs ou plans de travail de Freinet, des règles et instances démocratiques de Oury (pédagogie institutionnelle) ou  Greenberg (Sudbury)… ? Pas les enfants  mais NOUS les adultes, enseignants, animateurs, facilitateurs et autres Resssponsssables de tout poil d’enfants ! Responsables d’ailleurs devant qui ? Certainement pas devant les enfants qui ne sont pas nos employeurs ! C’est nous qui avons besoin de NOUS rassurer. D’ailleurs pourquoi les programmes, évaluations, devoirs et autres carcans, dont il n’est plus possible de ne pas savoir quels sont leurs objectifs réels, sont acceptés sans trop rechigner, voire réclamés, par tous les enseignants de la planète des écoles publiques ? Pour les mêmes raisons, sauf que pour beaucoup pour se rassurer il vaut mieux éviter de cogiter !

Il n’est pas honteux d’avoir besoin de se rassurer. C’est comme quand on veut partir à l’aventure pour la première fois : on embarque des tonnes d’équipements sophistiqués sensés répondre à toute situation anticipée. On aura trouvé des tas de conseilleurs experts, certains n’étant d’ailleurs jamais sortis de leur propre confort. Si vraiment l’aventure s’engage et se poursuit, à l’arrivée on aura laissé sur la route tout ce qui nous surchargeait inutilement ! On ne suivra même plus aveuglément les cartes embarquées. Mais tout cela nous aura quand même permis… de partir !

Si vous cogitez sur la rentrée c’est que vous avez un peu envie de repartir ou de continuer plus loin, pas tellement de recommencer dans l’état où vous étiez sortis. Vous avez raison, bien peu peuvent partir à l’aventure les mains dans les poches, le nez au vent, sans carte indiquant des chemins balisés et la besace vide. Mais le plus important c’est de cogiter tranquillement, vous remplissez les neurones autant que la besace et vous serez plus tard prêts à l’alléger parce que c’est au cours de l’aventure qu’on remplit sa besace de pleins d’autres choses qui n’étaient pas sur les marchés.

Allez, je vous souhaite une bonne fin de vacances avec des neurones affutés.