Canalblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Publicité
Le blog de Bernard Collot
Le blog de Bernard Collot
Derniers commentaires
30 août 2018

Même pas de « petits pas » pour l’école !

revolution2

Avec la rentrée, la floraison d’émissions, de bouquins, de discours, avec cette année les doctes réflexions sur les méthodes scientifiques, le numérique, la psychologie, tout ce qui fait, ben voyons, que les enfants ne vivent plus dans le monde d’autrefois et qu’il faut que l’école se mette à la page… avec juste un peu plus de bienveillance qu’avant (ce qui semble vouloir dire un peu plus de gentillesse !).

Tout ça pourquoi ? Ben pour mieux apprendre tout ce que les enfants, pardon, les élèves, doivent apprendre pour notre monde d’aujourd’hui dont pourtant tout le monde sait que ce ne sera pas le monde de demain, le demain devenant de plus en plus immédiat puisque le climat nous fait des noises. A l’allure où vont les soubresauts des perturbations planétaires, on pourrait facilement se dire que la connaissance et l’usage du numérique ne va bientôt plus servir à grand-chose pour survivre, pas plus que les comptes bancaires bien remplis, les situations haut perchées et confortables obtenues à coups de diplômes, etc.

Tout ceci évidemment dans la même macro-machinerie, la même logique, la même finalité. En somme nos experts veulent transformer les centrales scolaires en superphénix scolaires ! Il y en a même qui croient qu’un superphénix scolaire pourrait être écologique, démocratique… !

 A la rentrée, les enfants continueront à être enfermés et alignés à 20 ou 30 quotidiennement la plus grande partie de leur vie dans 50 m2, dans des concentrations de plus en plus vastes… avec des méthodes plus scientifiques ou innovantes, des programmes et des contrôles de plus en plus sophistiqués ! Plus les constats sont simples et n’ont pas besoin d’experts, moins on s’autorise à les faire.

Imaginons que l’Education ait fait partie du ministère de Nicolas Hulot. Que ce fameux mardi matin il ait dit « on ne peut rien faire sans changer radicalement la conception et la logique du système scolaire actuel, ce que personne ne veut faire » ? Il est vrai qu’en matière d’école il n’aurait même pas pu faire quelques petits pas s’il en avait eu l’intention et ressenti l’urgence ! Est-ce que le choc de sa notoriété et de son aura médiatique aurait été le même ? J’en doute : les enfants ne semblent pas faire partie de la planète !

Publicité
Publicité
Commentaires
C
Oui ce constat est affligeant; il reflète le statut de l'école dans nos société: un espace de consommation pour consommer ailleurs dans le monde du travail. L'OCDE, organisme maître d'oeuvre en matière d'évaluation des systèmes et donneuse de leçon pédagogique aux dirigeants et à l'opinion publique, valorise l'employabilité!... Formez des producteurs compétents. La question est cependant: a-t-on à ce point besoin des politiques pour les pratiques pédagogiques? Doit-on suivre les directives pédagogiques de personnes qui n'ont aucune pratique pédagogique? Les acteurs de l'éducation ne seraient-ils que des agents au service d'une idéologie pédagogique dominante? Non, et notre responsabilité est de résister par la pratique, par l'écriture, par les prises de parole et dans tous les réseaux sociaux. Nous, les acteurs et les auteurs de l'éducation et de la formation, nous avons avec nos pratiques des outils; utilisons-les!..
Répondre
J
Hélas toujours le même constat affligeant et rien ne semble aller en s'améliorant. Quand tout est fait pour que rien ne change en profondeur on ne peut qu'être négatif quant à la situation et l'avenir de l'école et surtout de celui des enfants qui continuent de souffrir et de s'éteindre à petit feu. Je crois qu'il ne faut plus rien attendre de positif de la part des politiques; à moins d'un miracle ils iront toujours dans leur volonté de formater des citoyens dociles et obéissants, dépendants de l'Etat pour créer des pauvres et des riches.
Répondre
C
Le constat est pessimiste. Il est vrai que de nombreux faits nous y poussent. Pour parler de l'école, il faut peut-être aller à l'encontre de ce que nous impose l'organisation scolaire. On ne parle de pédagogie que lors d'événement; or, la pédagogie se vit tous les jours dans des pratiques et des dynamiques. La bureaucratie qui n'est pas seulement étatique (voir l'ouvrage de David GRAEBER, la bureaucratie) nous impose comme tout pouvoir son emploi du temps. Ce n'est pas celui des acquisitions, c'est celui des apprentissages définis dans des programmes où la didactique clé-en-mains s'impose. Valorisons les lieux et les actions de résistance (il y a de nombreux et souvent dans des endroits insoupçonnés). Ce n'est de toute façon qu'en octobre que l'on pourra faire le constat de ce qui libère et ce qui enferme ! Il n'y a que les ministres qui prévoient les résultats avant que les choses se vivent.
Répondre
J
Tu n'es peut-être pas assez explicite dans ce billet ! Mais quand on te suit depuis des années, tu n'as pas arrêté de le dire !!!!<br /> <br /> De toute façon il n'y aura jamais un ministre de l'éducation qui aura une vue globale des systèmes éducatifs inclus dans le conditionnement et la perte de l'humanité. Aucune démission spectaculaire à craindre :-( ! D'ailleurs elle se ferait dans l'indifférence générale (exemple Savary ?)
Répondre
Publicité