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Second interview réalisé par Jean-Guillaume Bellier. Marie-Chantal D’Affroux. Comme Sylvette Brivet sa grande amie (vidéo précédente), Marie-Chantal faisait partie de la « bande des CREPSC, des « ploucs » comme nous nous appelions à l’époque. Des classes de la banlieue difficile de Grenoble, puis du petit bijou de la classe unique de St-Jean de Chambre en Ardèche, puis des classes encore plus difficiles que celles de nos banlieues à la Réunion, c’est bien une étonnante aventure qui nous est contée. Mais comme, Sylvette Marie-Chantal n’est pas un personnage tout à fait courant !

Dans cette tranche de vie racontée avec passion et humour, il y a plein de leçons que nous donne Marie-Chantal sans vouloir en donner et sans s’embarrasser de théorie.

https://www.youtube.com/watch?v=nSXVUC0gyaw

Les deux amies, Marie-Chantal et Sylvette, seront ensemble dans la prochaine vidéo de Jean-Guillaume Bellier (à suivre donc)

Quelques précisions concernant tout ce qu’elle raconte.

- Marelle. Dès 1984 dans la Vienne et dans le mouvement Freinet nous avions détourné le minitel pour créer des listes de diffusion entre écoles et enseignants et des journaux télématiques en squattant des serveurs de collectivités territoriale (Conseil Général de la Vienne, Ville de Chatellerault, rectorat de Nice). Puis la bande des classes uniques en pleine lutte à partir de 1989 s’était débrouillée pour avoir leur propre serveur et créer le réseau Marelle.[1]

- Fax. Aujourd’hui on parle de télécopieur et on ne s’en sert plus beaucoup. A l’époque cela coûtait très cher. Nous nous étions débrouillés, après la participation à Média-jeunesse à Niort de deux ou trois classes Freinet dont la mienne, à obtenir de la société Alcatel le prêt d’une soixantaine de ces fameux fax.

- La Tunisie. Marie-Chantal raconte qu’elle, avait amené sa classe unique en Tunisie. Ce qu’elle ne dit pas c’est que c’était pendant les premiers attentats à Paris. Ses petits Ardéchois n’avaient jamais vu de maghrébins et ignoraient qu’il pouvait y avoir des musulmans. Ils en discutaient et l’un d’eux dit tout bêtement « il faudrait aller les voir !»  Pourquoi pas ! Vous n’imaginez pas comment Marie-Chantal a dû se débrouiller pour qu’un tel projetr se réalise. Ce qu’elle ne dit pas non plus, c’est que tant qu’à aller voir la vie des tunisiens, autant le faire à fond et ils sont allés jusque dans une oasis en plein désert ! Rien que ce qui s’est passé pendant cette aventure mériterait un livre !

- Ecoles parallèles : c’étaient les écoles hors contrat (voire sauvages) qui s’étaient créées dans els années 70 dans la mouvance ou l’euphorie de mai 68. Rares sont celles qui ont perduré.

- Paul Le Bohec : C’était un ami et une très grande figure du mouvement Freinet qui avait beaucoup participé à nos échanges sur l’école du 3ème type.

- Juste une petite erreur que je lui pardonne : Meirieu n'a jamais "parrainé" les classes uniques encore moins une école du 3ème type ! 

https://www.youtube.com/watch?v=nSXVUC0gyaw

 


[1] Tout ceci est raconté dans « La fabuleuse aventure de la communication » et dans deux chapitres de « L’école de la simplexité » http://thebookedition.com