gilets-jaunes

On ne bâti rien à partir d'une théorie, mais la théorie peut éclairer une situation. Une société, une école sont en elles-mêmes des systèmes. A l'heure où les systèmes sont contestés, la théorie peut éclairer les analyses et orienter les perspectives vers lesquelles aller. Elles m'ont aider à comprendre ce qui se passait dans les écoles du 3ème type, voire dans une société composée de systèmes fermés.

Je reprends quelques textes parus dans mes ouvrages ou sur le site où j'ai emmagaziné de vieux textes. A noter qu'Orange a modifié l'adresse de ce site qui est devenue : https://b-collot.pagesperso-orange.fr/b.collot/index2.htm   

Notion et théorie des systèmes vivants.

L’approche systémique consiste à appréhender tout objet d'étude dans son environnement, dans son fonctionnement, dans ses mécanismes, dans ses interdépendances, dans ce qui n'apparait pas en faisant la somme de ses parties.

La cybernétique concerne le domaine des systèmes mécaniques (elle aboutit à la robotique). Elle a mis au jour des phénomènes, des notions importantes comme l’interaction, les mécanismes de feedback (rétroaction positive ou négative), l’autorégulation…

Avec la systémique étendue dans la biologie à tous les systèmes vivants, apparaissent les notions de systèmes ouverts ou fermés, d’homéostasie (capacité que peut avoir un système à conserver son équilibre de fonctionnement en dépit des perturbations internes ou externes), de structure dissipative (structure capable de se modifier, d’évoluer suivant les perturbations de son environnement ou de les utiliser)… Jusqu’à l’autopoïese des biologistes Francisco Varela et Humberto Maturana qui caractérise le vivant par sa capacité de s’auto-organiser, de s’auto-créer.

La systémique s’est appliquée aux systèmes sociaux considérés comme systèmes vivants constitués d’autres systèmes vivants (les individus, d’autres groupes sociaux), en interdépendance et en interaction dans des écosystèmes sociaux.

Elle distingue deux sortes de systèmes :

- Les systèmes fermés : Confrontés au phénomène de l'entropie (augmentation normale et irréversible du désordre, de la perte de l’énergie, de l’usure) les systèmes fermés ne peuvent faire autrement que de renforcer sans cesse leur autoprotection pour empêcher qu'ils soient perturbés et puissent rester immuables et stables (augmentation constante de l’ordre, la néguentropie). L’école traditionnelle est un système fermé.

- Les systèmes ouverts à l'inverse se complexifient, se réorganisent et évoluent sans cesse par rapport aux perturbations internes ou externes et s'en alimentent. Ce sont les systèmes vivants. L’école du 3ème type est un système ouvert.

- Tout système a une finalité. Dans les systèmes mécaniques et les systèmes fermés, la finalité est extrinsèque. Leur fonctionnement est déterminé et organisé en fonction de cette finalité qui n’émane pas d’eux. Dans les systèmes vivants, donc ouverts, les finalités sont intrinsèques. La finalité de la vie est la vie.

C’est cette approche qui a permis de comprendre et d’éclairer ce qui se passait dans une école du 3ème type. Nous considérons donc que les enfants se construisent comme des systèmes vivants (tous les apprentissages nécessaires à l’adaptation sont une modification et une complexification de leur état), dans d’autres systèmes vivants (les systèmes sociaux). L’école doit donc devenir un système vivant, une entité autonome dans un espace particulier mais en interaction avec son environnement social.

Les langages ne sont pas seulement les outils de l’interprétation et de la création d’informations, de la création des mondes dans lesquels nous vivons. Ils sont aussi ce qui permet de relier les différents éléments d’une entité dans une interdépendance et une synergie, en même temps qu’ils lui permettent de produire sa propre vie. Ils sont à la fois : produits par l’interaction, outils de l’interaction, outils permettant aux entités, enfants et école, d’être, de fonctionner, d’évoluer.