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Le blog de Bernard Collot
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25 juin 2020

Petites structures, base du pouvoir par le peuple

vieux

Un des phénomènes produits par les Gilets jaunes et même la crise sanitaire a été la recrudescence de la réflexion sur d’autres modes d’organisations politiques pour « redonner le pouvoir au peuple » ou tout au moins réduire celui des classes dominantes. Mais, quelles que soient les propositions, toutes butent sur des écueils, des défauts, voire des impossibilités.

Il me semble qu’il est fait une impasse majeure : celle de la taille des structures territoriales dans lesquelles on tente d’insérer des formes de pouvoir direct du peuple. Demander à 60 millions de personnes de discuter pour prendre une décision concernant ces mêmes 60 millions de personnes n’est évidemment pas possible. En tirer par exemple au sort une ou deux centaines pour le faire au nom des autres est quelque peu… aléatoire et ne peut aboutir qu’à des propositions molles pour qu’elles soient ensuite ratifiées non pas par l’ensemble mais par une majorité de cet ensemble (évidemment dans l’hypothèse où ce n’est pas le pouvoir en place qui décide ce qu’il en fera).

Ma propre réflexion a découlé de mon vécu avec les enfants d’une école du 3ème type. Je l’ai explicitée à de nombreuses reprises, plus récemment dans ce billet et dans celui-là . Je ne reviendrai pas sur les raisons de la nécessité des petites structures évoquées dans ces deux écrits entre autres.

Lorsque par rapport à l’Europe et à la mondialisation il est revendiqué le retour à des indépendances ou à de plus grandes autonomies nationales, cela ne facilite pas plus l’autogestion de ces nations par le peuple ni n’empêche le pouvoir des macrostructures économiques et financières. Seuls de petits pays comme la Suisse (qui plus est organisée en cantons plus ou moins autonomes), comme l’Islande, ou ceux qui luttent pour être vraiment indépendants comme le Royava, arrivent à une participation plus grande et plus directe des citoyens.

Ce qui me semble crucial, c’est d’entrevoir une organisation territoriale où les petites structures territoriales (villages, hameaux, quartiers) puissent être autonomes dans l’autogestion de leur vie commune. Je dis autonomie et non pas indépendance qui elle supposerait l’autarcie : si à l’intérieur de chacune leurs occupants sont nécessairement dans les interdépendances, les complémentarités, les solidarités propres à toutes les espèces sociales, de tout temps il y a eu d’autres interdépendances entre ces petites structures dans un rayon plus ou moins grand, ce rayon s’étendant aujourd’hui de par les nécessités accrues produites par ce qu’on appelle le progrès et ses besoins.

L’essentiel me semble donc d’admettre en préalable l’autonomie, l’auto-organisation et l’autogestion de toutes les petites structures territoriales, ce qui implique leurs libres choix de la forme de leur organisation.

Reste alors à concevoir comment les interdépendances entre elles peuvent être organisées dans une organisation qui devient réticulaire (comment par exemple les quartiers d’une ville vont concevoir et gérer les moyens de communication communs, l’utilisation ou la production et le partage de l’énergie…, les villages et villes entre elles, … 

Une multitude d’entités constituant des écosystèmes économiques et sociaux, eux-mêmes inclus dans d’autres écosystèmes économiques et sociaux…  Si on ne pose pas d’emblée ce principe de petites structures de vie autonomes ne dépassant pas la taille qui les rendent perceptibles à chacun, il me semble vain de vouloir imaginer n’importe quelle organisation politique qui serait de la démocratie directe.

C’est ce que nous apprennent tous les systèmes vivants naturels, y compris dans le monde végétal.

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Commentaires
C
Les territorialités sont multiples et sont comme des coquilles d'être (notion que j'ai élaboré à partir d'Abrahams Moles) autour des individus. Chacune a ses caractéristiques et ses intérêts. La classe est une ces coquilles; l'établissement en est une autre; le quartier ou le village un autre environnement. Dans les structures proche, on est dans des relations concrètes qui jouent un rôle important dans les acquisitions des élèves; dans les structures comme l'Etat, on se situe au niveau abstrait. Or l'école s'est plus construite comme une organisation abstraite que comme un espace. Merci aux grands spécialistes des Sciences de l'éducation!... À travers les programmes, les didactiques clefs en mains, les contrôles planifiés, on mis la dimension abstraite au centre oubliant les vrais acteurs, les élèves, les enseignants. C'est ce que G. VINCENT et al. (1994) on nommé la forme scolaire et que pour ma part, j'ai nommé la scolaritude. Des normes sociales sont venues organiser les structures, les enfermer dans des déterminations au nom d'un égalitarisme nécessairement abstraits. Si l'on parle d'acquisition des connaissances et de structuration des compétences, on est obligatoirement dans des espaces de vie concrets. Il ne faut cependant pas oublier que ces espaces de vie sont inscrits et non pas totalement déterminés par les espaces de plus en plus abstraits. Si la Suisse peut apparaître comme un exemple, dans la réalité des fonctionnements, elle ne l'est pas toujours. Chaque Canton est un Etat et se comporte comme un Etat. Pour se centrer sur les acquisitions des élèves, il y a un effort identique à celui qui doit être réalisé en France. La pédagogie se construit dans des espaces de vie et non par des décrets et des normes. Les modalités de participation des acteurs dépendent donc de la structure. Il est plus facile pour un élève de se faire entendre dans une petite structure sur ses besoins, ses buts, les modes d'existence, etc. La pédagogie et c'est cela qui est interessant va de la personne jusqu'au vaste Monde et doit être envisagée à tous les niveaux. Elle appartient à tous les acteurs. La seule question est les modes d'expression de ces acteurs.
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