vieux

Il y a quelque temps que je n’écrivais plus sur ce blog, mais rassurez-vous, je suis toujours debout !

Et puis, quoi dire de plus sur le niveau devenu délirant d’absurdité atteint ? Le petit virus ou un Donald (pas le canard !) n’ont fait que le mettre au grand jour… ce que seulement quelques-uns avaient compris et savaient depuis longtemps. Ce qui est le plus terrible c’est qu’on ne peut même plus accuser les seules élites de débilité puisque les populations obtempèrent, voire soutiennent pour une partie.

C’est vrai qu’il faudrait que ces populations puissent réfléchir avec d’autres éléments d’information que les seuls qu’on leur donne. Réfléchir, tout le monde en est capable. Mais réfléchir n’est qu’établir des relations entre diverses informations, parfois contradictoires, parfois sans lien apparent,  pour en faire émerger, une vision, une compréhension, une idée,  une conduite, une action… Comme nous sommes une espèce sociale, c’est de la mise en commun de ce que chacun a fait émerger qu’émerge, dans le même processus de réflexion commune cette fois,  l’action commune. Je n’invente pas grand-chose en disant que pour éviter l’absurdité il faut réfléchir ! Mais il est impossible de réfléchir avec les quelques informations triées qu’on vous donne et dont la mise en relation ne peut aboutir qu’à ce qu’on vous demande. Nos gouvernants ont eux toutes les informations à leur disposition, ils peuvent même en fabriquer, ils n’utilisent que celles qui leur conviennent pour déterminer ce qu’ils imposent, ce qui est bien réfléchi par rapport à la finalité réelle qu’ils veulent atteindre et non celle qu’ils proclament : tout action dépend de la finalité qu’on lui assigne ; lorsque celle annoncée parait douteuse ou sa cause manifestement inavouable (destruction du service hospitalier) ou manifestement inatteignable (arrêter un virus !) toute contestation est rangée dans l’invention du complotisme.

Admettons que l’épidémie soit grave, tout au moins faudrait-il déterminer en quoi elle est grave, plus grave que certaines grippes. Personne n’étant suicidaire il suffirait  que chacun suive de lui-même et à sa façon les conseils donnés et apparaissant raisonnables, sans qu’il y ait besoin que des mesures soient imposées par ceux qui in fine ne les subissent pratiquement pas. C’est exactement ce qui s’est passé en Suède.

Mais, et c’est là où je voulais en venir, en Suède et surtout en Finlande, l’éducation et l’école apprennent dès le plus jeune âge aux enfants à réfléchir, à critiquer, à échanger, à s’organiser, à réaliser en commun, à oser l’initiative… à se faire confiance. Plutôt que « apprennent à réfléchir… » je devrais dire « permettent de réfléchir… » ce qui est plus qu’une nuance. Dans ces pays nordiques (comme dans les peuples autochtones) personne ne claque ou ne fesse un enfant, pas seulement parce qu’une loi en a décidé mais parce que c’est compris comme contre-nature, comme contre-social. La bienveillance réciproque,  réelle, vécue, constatée, c’est l’ingrédient indispensable à la confiance et à la réalisation d’un commun. Mais chez nous à l’école les enfants ne vivent que la compétition, l’obéissance, l’exécution et n’y font rien d’autre.  Il ne peut en résulter que la passivité, la soumission, la recherche de « guides » même s’ils ne sont pas encore « suprêmes »…  et la méfiance vis-à-vis des uns et des autres.

Vous me direz que c’est une marotte et que je ramène systématiquement la « cause des causes » pour tout à l’école. Bien sûr que l’école n’est pas la cause directe d’une épidémie, du changement climatique, des inégalités insupportables… Et pourtant quels que soient les domaines et les situations qui mènent droit dans le mur et que la société (nous !) est incapable de résoudre (économie, environnement, sanitaire, démocratie, vivre ensemble…) c’est l’école qui a formaté tous ceux qui les vivent passivement et acceptent ce qu’imposent ceux sensés désignés pour les résoudre (mais tous autant formatés par la même école). Malheureusement ce n’est pas demain la veille que la conception et la finalité de l’école seront mises en cause : elle a fort bien réussi ce qui lui était assigné par ceux qui l’ont créée !

PS : j’écris moins puisque je ne peux que répéter ce que je dis et écris depuis des années. J’ai trouvé plus réjouissant et plus léger de faire parler des photos puisées dans mon stock personnel sur instagram : https://www.instagram.com/collotbernard/