vieux

Pas avant 6 ans ! Pas après 16H30 ! Pas pendant le temps de midi ! Pas pendant de longues vacances ! Pas pour beaucoup pendant les travaux agricoles demandant l’aide des enfants (absence autorisée) ! Pas pour beaucoup après 14 ans !...

Nous vivions beaucoup plus librement dans notre environnement (ne serait-ce que pour aller à l’école à pieds !) : moins de surveillances et de craintes parentales. Moins d’interdits de ceci, d’interdits de cela. Plus de débrouillardise nécessaire.  Plus de confrontations à des risques de toute sorte. Plus d’obligation à l’imagination et à l’inventivité pour s’occuper…

Certes, nous étions souvent obligés pendant ce temps de participer aux divers travaux de la maison, du jardin, de la ferme, de l’atelier…, mais ce n’était que participer à la vie courante des adultes.

Ce que l’on appelle aujourd’hui le temps des activités d’éveil, de découverte, de loisirs soigneusement dirigées et encadrées, n’avaient pas besoin d’exister, il y avait suffisamment de quoi nous inciter librement à la curiosité, aux expérimentations et aux découvertes. Certes il n’y avait pas d’ateliers de théâtre ou de musique, mais beaucoup de nos jeux n’étaient que du théâtre. Certes il n’y avait pas de clubs sportifs mais les ruisseaux à sauter, les murs à escalader ou les arbres à grimper pour dénicher les pies, une boite de conserve pour jouer au foot dans la rue… étaient notre salle de sport. Même en ville (la rue, les bas d’immeubles,  les terrains vagues…)  l’environnement était encore un peu à nous.   

Certes, pendant ce temps que ne prenait pas l’école et  où on ne s’occupait pas trop de nous, nous pouvions faire et faisions  beaucoup plus de « bêtises » ensemble qu’aujourd’hui ! Mais que deviendraient les enfants s’ils ne faisaient pas des bêtises[1] ?

NOUS, c’étaient les enfants du petit peuple !

Certes vous me direz que c’est quelque peu idyllique et vous aurez raison. Heureusement qu’il y avait l’école pour beaucoup d’enfants entassés dans les banlieues (à la Zola à cette époque) ou coincés chez eux par des principes dits éducatifs, et même pour TOUS pour construire d’autres relations sociales malgré les contraintes scolaires, parfois contre les contraintes (apprentissage de la rébellion !).

Mais l’école n’était pas mieux[2], il y avait même les claques, les cheveux arrachés, les oreilles tirées, les coups de règles sur les doigts… elle n’est pas à regretter.

C’est le temps qu’elle nous laissait qui était important, mais ça, c’est devenu inaudible voire impossible aujourd’hui… sauf si on se remettait les yeux en face des trous !


[1] « La guerre des boutons » était certes un roman mais pas tellement de la fiction : j’ai moi-même vécu môme une histoire semblable, entre les mômes de mon hameau ouvrier et plutôt rouge, et ceux du bourg plutôt paysan et catho, lorsque nous étions obligés de nous y rendre pour aller au cathé par les chemins de campagnes bordés de bois avec les tire-pierres dans la poche. Mais nous n’avions pas imaginé la prise de guerre des boutons !!!!!  Un peu plus tard (années 60), devenu instituteur, il y avait aussi des « guerres » entre les cathos de l’école privée et les laïcs de la publique du village où j’ai débuté.

[2] Elle n’était pas mieux… quoiqu’aujourd’hui sous le prétexte sanitaire elle est devenue pire et risque fort de le rester.