rentrée2022

Je soupçonne que beaucoup d’entre vous cogitent avec plus ou moins d’anxiété sur le premier jour où les enfants vont se pointer à la porte des écoles. Je vous comprends parce que c’est un peu comme un match de tennis, suivant comme on rentre dans les premières balles la suite va être plus facile ou plus difficile ensuite à rattraper. Les enfants eux-mêmes sont soit excités, soit stressés.

Alors pourquoi ce jour, dit de rentrée, rentrer dans les classes ou les écoles ? Ce n’est pas du tout illégal ni même révolutionnaire : vous faites souvent en fin d’année des pique-niques, des journées de ballades, des classes nature, de mer ou de montagne, parfois un peu parce que les enfants ne peuvent plus rien ingurgiter, que vous ne pouvez plus rien leur faire ingurgiter et que tout le monde a besoin de quitter les murs avant la date de la libération.

Alors, il suffit de le faire le premier jour ! Pourquoi vous précipiter et précipiter les enfants dans ce qui n’est quand même qu’une prison, même si vous avez tenté de la rendre la plus agréable possible ? Vous avez bien le temps de les coincer devant un bureau, de les coller le nez sur des cahiers, de découper leur vie en tranches d’emplois du temps et de vous escrimer à faire ingurgiter des programmes !

Celles et ceux qui ne l’on jamais fait ne peuvent pas savoir tous les avantages que tout le monde en tire, même pour les plus traditionnels d’entre vous. Offrez-vous, offrez-leur cette journée ou une ou deux semaines, où l’on renoue les uns avec les autres, où l’on fait connaissance avec les nouveaux, où l’on se raconte ces deux mois de liberté, où l’on peut parler, rigoler comme on veut, rassurer les plus inquiets ou consoler les tristes d’avoir à quitter leurs parents… C’est l’alchimie qui fait qu’un vrai groupe se reconstitue tranquillement, que l’on se sent à nouveau parmi les autres, reconnu des autres peut-être même par vous, heureux d’être avec les autres... et peut-être à l’école !

Pour une ou deux semaines c’est vrai qu’il aurait fallu les prévoir et les préparer avant les vacances, mais pour une grande ballade ou un pique-nique, il n’y a qu’à leur faire poser leurs indispensables cartables et, au moins pour un jour, vous n’aurez plus affaire à des élèves mais des enfants. Vous vous prendrez la tête à faire de la pédagogie, à avoir des objectifs...  les jours qui suivront.

Vous allez me dire que vos futurs élèves du lendemain risquent d’y avoir pris goût ! Aïe, ce serait subversif ? Surtout si vous aussi y avez pris goût !

J’dis ça, j’dis rien !

PS - Dans ma classe unique et quelques autres classes uniques c’était devenu chaque année un rituel attendu, même les parents le savaient !