31 mars 2008
carte scolaire et classes uniques
C'est l'époque où dans chaque département tombe le couperet des suppressions. En milieu rural, comme depuis de nombreuses années, les classes uniques sont les premières visées.
Il devrait paraître surprenant que ce soit dans ces villages qui doivent "subir" une classe à 5, 6 parfois 7 cours, que la mobilisation pour défendre une école que l'on dit archaïque soit la plus forte. Cela n'intrigue personne. Rares sont ceux qui vont se rendre compte que dans ces lieux, en fait d'archaïsme, il s'agit d'une autre conception de l'école qui s'est mise en place tranquillement, qui est acceptée et défendue parce que, contrairement à ce que l'on veut croire, les enfants comme leurs résultats en bénéficient. A moins d'imaginer que ces parents qui défendent becs et ongles leur école à classe unique sont des français particulièrement stupides, incapables d'en juger les effets, incapables de suivre ensuite leurs enfants au collège, en somme des irresponsables... qui font confiance, eux, en leur école publique !
J'ai dù déjà signaler dans ce blog que même des Finlandais étaient intrigués et intéressés par ce qui se passait dans certaines de ces classes ! La direction de l'évaluatuion et de la prospective du ministère a même du convenir, qu'à la surprise générale, les résultats des CU étaient même supérieurs à la moyenne nationale (1990, 1993, 1995), ce qui a été confirmé par le très officiel laboratoire de l'école rurale.
Alors ? alors on se prive sans sourciller d'un laboratoire qui ne coûte rien, qui est déjà opérant depuis longtemps, dont on n'a même pas à convaincre les usagers et les partenaires de son intérêt. Aucune entreprise soucieuse de son avenir ne s'amputerait ainsi d'un tel outil. Mais c'est ce que l'Etat fait en même temps qu'il n'arrête pas de proclamer l'efficacité à tous crins, en même temps qu'il n'hésite pas à se lancer et à lancer toute une population dans une réforme pour le moins hasardeuse et qui n'est étayée que par des croyances.
J'avais, en 2002, au nom de mon organisation les CREPSC, fait au ministère encore socialiste la proposition que vous trouverez ci-après. Elle n'avait eu évidemment aucun écho, tant auprès des décideurs que des organisations d'enseignants ou de parents d'élèves qui auraient pu s'y associer. Probablement trop simple et surtout ne concernant en apparence qu'une microscopique minorité. A moins qu'elle ait pu faire courir un risque aux croyances bien établies. Elle me paraît toujours d'actualité. Des établissements expérimentaux qu'il n'y aurait même pas besoin de créer ! Une boputeille à la mer ?
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Proposition pour une Transformation de l'ensemble des Classes Uniques en "observatoire de l'hétérogénéité et des petites structures".
Bien qu'il n'y ait pas à notre connaissance de directive ministérielle organisant l'éradication des classes uniques depuis la fin du moratoire, chaque année un bon nombre sont supprimées dans la plupart des académies, et ce contre la volonté de parents et de municipalités de les conserver.
Considérant que ces classes sont des lieux particuliers où un certain nombre de conditions telles l'hétérogénéité maximum, la disposition du temps, de l'espace, l'osmose avec l'environnement, l'interaction plus forte qu'ailleurs entre les partenaires de l'école (parents, municipalité) induisent une approche notablement différente de l'acte éducatif,
Considérant que tous les travaux ont démontré, contrairement à ce qui était généralement attendu, que les résultats y étaient au moins aussi bons que la moyenne nationale mais sans que l'on en ait réellement déterminé les causes,
Considérant qu'elles ont généralement moins posé de problèmes qu'ailleurs pour l'application des réformes officielles (du Tiers-temps pédagogiques à la réforme des cycles en passant par l'introduction des TNC),
Considérant qu'elles ont été le berceau de la plupart des pédagogies modernes,
Considérant que toutes les hypothèses actuelles permettent de penser qu'un certain nombre de leurs caractéristiques et les pratiques qu'elles induisent pourraient être des éléments indicateurs important quant à la solution d'un certain nombre de problèmes actuels (hétérogénéité, violence, citoyenneté, échec scolaire....)
Considérant enfin que tous leurs praticiens se trouvent engagés de facto dans une recherche d'innovation face à une problématique différente, et que cette problématique en elle-même oblige à reconsidérer un certain nombre de pratiques,
Nous proposons au Ministère de l'Éducation Nationale :
1/ Le classement de toutes les classes uniques en "établissements faisant partie d'un dispositif d'observation" sous réserve :
Que municipalités et parents le demandent conjointement.
(à noter qu'il est de facto impossible qu'une classe unique se maintienne sans la confiance des parents et des municipalités en ce type de structure.. La manifestation de cette confiance et de cette volonté semble un préalable logique à l'engagement de l'administration).
Que les 3 partenaires (enseignant, parents, municipalité) s'engagent à participer à un certain nombre de recherches, soit sur le plan académique, soit sur le plan national (groupe de travail, communication, accueil de visiteurs ....)
(Serait induite ainsi une implication active et participative des parents et municipalités et la démarche deviendrait ascendante. "L'usager parent" serait transformé en véritable acteur. Les modalités seront à inventer et les endroits où déjà cette implication existe pourront servir de points d'appui)
Que chaque enseignant s'engage à travailler au sein d'un réseau de classes uniques (et/ou classes hétérogènes), ce réseau constituant à la fois un lieu d'aide, de formation et de recherche. Ces réseaux sont distincts des RRE et n'ont pas la même fonction. Des réseaux existant déjà depuis longtemps et utilisant la télématique (réseau Marelle dont l'origine date de... 1985!) ont une certaine expérience sur laquelle on peut s'appuyer. D'autres plus réduits peuvent être créés à l'échelon départemental ou académique.
(S'inscrirait officiellement dans un dispositif une pratique qui a justement permis à de nombreux praticiens des CU, et depuis longtemps, à la fois de s'entraider, de progresser et de chercher. D'autre part cette proposition s'inscrit justement dans les dernières volontés affirmées du MEN de généralisation des TNC)
2/ L'ensemble du dispositif "classes uniques" a pour objectif d'identifier les éléments qui ont permis à ce type d'établissement d'obtenir des résultats positifs et les possibilités de réinvestissement éventuel dans le système éducatif.
Constitution d'un (ou plusieurs) groupe(s) de travail et de recherche praticiens/chercheurs (INRP, CNRS, INSERM, UNIVERSITES.....)
Les axes de recherche de ce groupe concerneront d'une façon générale la recherche des paramètres qui permettent l'enclenchement des processus d'apprentissage dans ces lieux particuliers. Ils pourront être :
- les processus d'apprentissage dans les classes hétérogènes,
- l'hétérogénéité et les transformations qu'elle induit dans les représentations et les pratiques,
- la communication (interne et externe) son rôle dans les processus d'apprentissage et les transformations qu'elle induit,
- les processus qui conduisent à une modification des pratiques et l'identification des éléments qui la rendent difficile ou facile,
- les nouvelles formes de relations enseignants-parents-élus et leurs implications dans la professionnalisation du métier d'enseignant,
- l'importance de l'espace et du temps et de l'osmose avec le milieu.
(Praticiens, parents, élus seraient impliqués dans cette recherche dont l'intérêt dépasse le seul cadre des classes uniques et peut concerner l'ensemble du système éducatif-)
3/ Les classes uniques ne sont pas considérées comme établissements expérimentaux ou d'application. Elles font partie d'un dispositif d'observation d'une situation jusqu'à maintenant ordinaire (c'est sur l'ensemble des classes uniques qu'ont porté les travaux de la Direction de l'Evaluation et de la Prospective et de l'IREDU). Elles continuent à faire partie du mouvement des instituteurs, pouvant toujours être choisies par n'importe quel enseignant, y compris les débutants. Le réseau dans lequel ils sont alors inclus assure la sécurité de leur action.
(Les CU sont considérées globalement comme un terrain d'observation existant et non pas comme un nouveau terrain. Au demeurant cela élimine autant de problèmes administratifs, financiers ou structuraux)
4/ L'ensemble des classes uniques constitue donc un laboratoire et un observatoire reconnu. Leur suppression ne peut intervenir que si la démographie actuelle et prévisible ne donne aucun espoir de survie et que si les parents et la municipalité y renoncent.
5/ Les praticiens des CREPSC (instituteurs de classes uniques ou classes hétérogènes), s'engagent à participer avec leurs moyens et leur expérience à cet observatoire.
(Depuis 1990, les CREPSC, groupe d'enseignants essentiellement de classes uniques ont constitué une réseau d'échanges, de mutualisation et de recherche en utilisant entre autre les Technologies Nouvelles de Communication, d'abord sur le serveur 3614-Marelle qu'ils ont créé, ensuite et actuellement sur internet)
22 juin 2007
Concurrence pédagogique : qu’est-ce qui fait peur à tout le monde ?
La carte scolaire n’a pas fini de faire couler de l’encre et pondre des décrets, des circulaires, calculer des quotas…
Il est évident que ce qui est engagé par le nouveau ministre ne change rien quant à la conception de la répartition uniquement territoriale des moyens scolaires. Les dérogations permettant seulement à quelques-uns d’échapper à un milieu, à un environnement considérés comme défavorables. Comme si la « qualité » d’un établissement dépendait du public qu’il reçoit. Comme si la « qualité » d’un jardin dépendait uniquement des graines que l’on y sèmerait et non des façons culturales et des amendements apportés au sol. Pour faire archaïque, difficile de faire mieux !
Ainsi que je l’ai déjà maintes fois répété, le seul choix rationnel possible n’est pas celui du territoire mais celui de la pédagogie ou de l’approche éducative privilégiée. Au contraire, il a été démontré, en milieu rural par exemple, à quel point la proximité était un facteur favorisant[1]. Ce n’est pas le choix du territoire (cas actuel) qui est à défendre mais le choix de ce qui peut se faire de différent sur le même territoire.
Il est curieux de constater à quel point cette idée de permettre aux parents (et au moins aux ados) de choisir un type de pédagogie si celle-ci est clairement affichée donne des boutons à la totalité des partenaires du système éducatif. Comme il est curieux de constater que chaque projet d’établissement encore appelé « expérimental » se heurte à d’énormes difficultés chaque fois qu’il n’émane pas de l’institution elle-même.
Il encore curieux de constater que l’on continue d’ignorer et d’occulter toutes les expériences d’approches différentes qui se sont déroulées depuis près d’un siècle et qui ont donné toute satisfaction et continuent d’en donner même si elles s’effectuent avec des publics dits difficiles.
Il est vrai que ces approches différentes qui permettent d’aboutir à une amélioration des résultats « scolaires » sont toutes basées sur une autre conception des activités favorisées, des projets individuels ou collectifs permis et de l’auto-organisation qu’ils nécessitent, de l’implication très forte des enfants dans cette auto-organisation, de la très haute valeur accordée à l’expression, la création, la communication, etc. Autrement dit, ces approches différentes sont, dans les principes qui les sous-tendent, complètement opposées à l’approche classique actuellement généralisée. C’est bien au-delà des pratiques dénoncées ces derniers temps par les lobby et chantres libéraux, simples variantes dans la même logique classique.
On peut donc dire que ces approches sont… subversives. Si on ne peut faire autrement que constater qu’elles sont efficaces en termes d’apprentissages, on ne peut faire autrement que de constater qu’elles favorisent la construction de citoyens actifs. C’est d’ailleurs probablement pour cela que l’État, de gauche ou de droite, s’est toujours bien gardé d’évaluer officiellement les résultats des dits établissements. Ce qui est tout aussi surprenant pour un État de gauche (qui devrait être attentif à la construction des citoyens) que pour un État de droite (qui n’arrête pas de proclamer que pour lui seuls les résultats comptent).
Donner le choix, sur le même territoire, entre deux approches qui ne cessent de faire l’objet de polémiques, ne semblerait que du bon sens et relever de l’efficacité de l’entreprise (seul la mise en œuvre permettant de vérifier la validité des concepts et théories).
Que l’État se refuse à admettre qu’il existe deux approches contradictoires de l’acte éducatif se comprend : si la seconde, celle qui fait l’objet de dénigrement depuis plus d’un siècle, venait à démontrer son efficience et sa supériorité quant aux apprentissages, cela impliquerait la transformation radicale de tout le système éducatif. Une sacrée « rupture » qui ne serait plus alors un simple slogan. La première vraie révolution depuis 1789 !
Que les parents soient massivement réticents, cela se comprend aussi : « vous avez peut-être raison, on sent que vous avez même raison, mais comme il y a un risque, on aimerait autant que vous fassiez comme tout le monde : même si c’est moins bien, au moins tout le monde est à la même enseigne », c’est ce que me disaient certains parents lorsque l’on a commencé à vivre autre chose dans ma classe unique. Et il a fallu un certain temps, la vérification des faits, pour que, peu à peu, l’approche différente soit acceptée de façon tranquille. Avoir un choix à faire est bigrement embarrassant puisqu’il faut l’assumer. Donc prendre une partie de la responsabilité.
Que les parents privilégiés soient même franchement contre, cela se comprend : dans un système bancal et inefficient, ils sont à peu près certains qu’ils pourront permettre à leurs enfants de tirer leur épingle du jeu, et du coup d’être à leur tour privilégiés dans une monde de la compétition impitoyable. Les exceptions mises en exergue jusque dans des fonctions gouvernementales ne sont là que pour créer les rideaux de fumée nécessaires et justifier l’injustifiable.
Que les enseignants soient particulièrement réticents à toute possibilité de choix, cela se comprend : cela leur évite d’avoir à rendre compte de leurs propres choix qu’ils revendiquent par ailleurs. Et il faut reconnaître qu’alors ce serait un sacré bouleversement parce qu’alors il faudrait déterminer devant qui, dans quelles instances, suivant quels critères ils devraient rendre compte. Et cela supposerait alors l’intervention des intéressés dans l’élaboration de ce qui pourrait être proposé comme choix et qu’ils seraient les premiers à subir.
Que les enseignants qui pourtant revendiquent la possibilité de « faire autrement » soient aussi réticents est plus surprenant. Ils réclament par contre la possibilité de participer à des établissements « expérimentaux ». De ce fait ils suscitent la méfiance de la corporation quant aux moyens différents, aux conditions particulières, au public plus ou moins sélectionné dont ils pourraient bénéficier ; même si ce n’est jamais le cas et si, au contraire, ces établissements, quand ils sont créés, récupèrent plutôt les publics en difficulté. Mais c’est vrai qu’en se situant hors de la normalité (expérimentation)… ils y restent, comme par exemple les lycées autogérés de Paris ou St-Nazaire.
Et l’on en reste perpétuellement à un système archaïque, même lorsque les enquêtes européennes démontrent que justement ce sont les systèmes éducatifs qui sortent de la norme tayloriste qui obtiennent les meilleurs résultats pendant que les autres s’enfoncent inexorablement, malgré toutes leurs réformes… qui ne changent surtout pas le système.
Ce qui est encore plus étonnant, c’est que permettre le choix entre deux approches radicalement différentes aurait dû être prôné autant par un gouvernement « de gauche » que par un gouvernement « de droite » : les premiers au nom de la participation et de la responsabilisation citoyenne, de l’humanisme, de l’émancipation des individus les seconds au nom de la concurrence, de l’efficacité, de la culture du résultat, de la diminution de l’omnipotence de l’Etat
Est-ce que l'on pourrait suggérer que ce refus constant de permettre un vrai choix éducatif dénote une société stéréotypée, figée dans un fatalisme suicidaire, plus capable de maîtriser son propre destin, et ceci dans toutes ces strates ?
[1] J’ai créé en 1993 avec des éducateurs portugais et espagnols l’Association Européenne de Défense d’une Éducation de Proximité (siège à Setubal).
26 octobre 2006
Choisir son école, choisir la pédagogie, interdit aux parents
La question de la carte scolaire revient de façon récurrente en ces temps de campagne électorale. Et pourtant on tourne autour du pot en évitant soigneusement d’y tomber. Ce n’est pas la carte qui est en question, c’est le droit au choix..
Le choix de quoi ? Le choix d’une école où il n’y aurait que des riches ? que des blancs ? que des « intelligents » ? que des très obéissants ? plus de moyens ?… allons donc ! le seul choix sensé qui soit possible c’est entre deux types d’écoles radicalement différents. Ce sont ces deux possibilités que tout le monde, enseignants, comme parents, comme politiques évitent soigneusement. Paradoxalement au même moment où l’on s’étripe par médias et ministres complices pour proclamer que telle méthode (celle que l’on défend bien sûr) est bien meilleure que telle autre. Au même moment où la « liberté pédagogique » est intouchable au prétexte que, justement, on ne sait pas quelle est « la méthode » qui pourrait être universelle. Ce qui n’est qu’un aveu de l’incertitude absolue dans laquelle se trouve le monde enseignant quant aux façons de conduire ou favoriser des processus d’apprentissage dont on ignore encore quasi tout.
Dans le même temps, il n’est pas un responsable de l’éducation qui puisse ignorer qu’il existe, depuis plus d’un siècle, d’autres approches de l’école qui ont fait la preuve de leur efficience et qui inspirent d’ailleurs des système éducatif comme le Finlandais placé au hit parade de la réussite éducative. C’est le mouvement qui a débuté avec des Sébastien Faure (l’école de « La ruche »… malheureusement Sébastien faisait partie de la mouvance anarchiste), des Janus Korkszak (orphelinats « Dom Sierot » créée en 1912 et « Nasz Dom » ; en 1919… malheureusement Janus était Juif ), des Montessori (« Casa dei bambini »…malheureusement Maria n’était que la première femme médecin italienne), AS Neil (« Summerhill »… malheureusement Alexsander n’était qu’un psy), Célestin Freinet (« école de Vence » et des milliers d’enseignants en un siècle… malheureusement ce n’étaient que des instits), et Paolo Freire le Brésilien, Francisco Ferrer l’espagnol, etc. etc. Tous ces pionniers ont tous eu la caractéristique suivante : ils ont tous mis en œuvre ce qu’ils disaient, voire n’ont dit qu’après avoir fait. Ce qui n’est évidemment pas le cas de tous ceux qui tiennent le devant des micros et caméras actuellement.
C’est là, et là seulement qu’il y a une possibilité de choix. Comme je le disais précédemment entre Athènes et Sparte. Deux approches radicalement différentes, voire opposées, de l’école et de l’acte éducatif. Mais ni les enseignants, ni les parents, ni les politiques n’ont jamais osé admettre cela, même si on peut se demander d’ailleurs si l’immense majorité n’ignore pas carrément qu’il y a bien deux façons d’envisager l’école. Comme un tabou, soigneusement entretenu.
Et j’en viendrais presque à donner raison aux illuminés intégristes de la syllabique : à avoir voulu prendre des morceaux de ces pédagogies modernes en les sortant de la cohérence et de la globalité dans lesquelles ils étaient inscrits, tout en gardant le cadre général et antinomique de l’approche traditionnelle, on a abouti à une espèce de bouillie pédagogique dans laquelle personne ne s’y retrouve vraiment et qui ne cesse de boiter et d’être insatisfaisante.
Alors, engageons-nous résolument dans les propositions de Ségolène Royal (choix entre deux écoles au moins), mais à condition qu’il y ait la possibilité de choisir entre deux approches différentes ! C’est vraiment là qu’est l’enjeu. En plus, c’est la seule solution pour que l’on puisse vérifier la justesse des dire des uns et des autres et que cela aboutisse de facto à un véritable choix démocratique. Une réforme, révolution, du système éducatif pourrait ainsi avoir lieu en testant en temps réel les directions possibles à prendre.
Et, en plus, nous sortons de la ghettoïsation dont tout le monde s’accorde sur sa dangerosité : je peux par exemple assurer qu’il existe déjà des écoles qui se situent dans la mouvance des pédagogies modernes, en pleine ZEP, où j’aurais aimé pouvoir envoyer mes enfants, que des écoles publiques comme celle de Vitruve à Paris, Antoine Ballard à Montpellier, Célestin Freinet à Brest, Grimaud à Rennes, Anatole France à Vaulx en Velin, etc. font envie à beaucoup de parents. Il a été prouvé, à Gand[1] par exemple que kle choix ne se fait plus alors sur des critères sociaux, les écoles « Freinet » de la ville ayant autant d’enfants de parents immigrés (en particulier Turcs) que d’enfants de « bobos ».
Bien sûr que le choix dépend de critères variés dont la conception que l’on a de l’épanouissement de l’enfant ou une certaine vision des rapports humains. En ce qui concerne l’efficacité sur les apprentissages, peu peuvent encore vraiment juger, et pour cause. Seule une organisation permettant deux approches pourra un jour apporter de vrais éléments de réponse.
Alors pourquoi la possibilité que l’on ait un vrai choix à faire fait-elle si peur aux enseignants en premier, aux parents ensuite et n’emballe pas tellement les politiques enfin ?
Nous verrons cela dans un prochain billet !
[1] A Gand, la présence dans les écoles communales de ces deux types d’écoles est due à l’action du militant de gauche Armand De Meyer dans les années 70/80
14 septembre 2006
Carte scolaire. Exemple des classes uniques.
suite des billets précédents :
Le vrai scandale de la carte scolaire -
Pédagogies différenciées et carte scolaire
Je n’ai jamais rien affirmé que je n’aie préalablement vécu, expérimenté, vérifié. En ce qui concerne l’inexistence des conséquences annoncées de la suppression d’une carte scolaire, je l’ai vécu une vingtaine d’années… en classe unique.
La classe unique est un espace bien particulier et à part du système éducatif.
D’une part les parents d’un village qui ne disposent plus que d’une classe unique peuvent, sans aucun problème, inscrire leur progéniture à l’école du gros bourg le plus proche : personne ne leur fera aucune remarque ou refusera leur inscription, trop content au contraire d’étoffer des effectifs qui risquent toujours la suppression d’une classe. Et puis, les cars de ramassage scolaire en direction du collège passent presque devant la porte de chacun.
Si vous n’êtes pas content de l’école, si la classe unique vous fait peur, pas de problèmes, inscription à la « grosse » école !
D’autre part, c’est le seul endroit du système éducatif où l’enseignant qui y exerce ne peut se défausser sur un collègue précédent pour excuser un échec ou se débarrasser vers le collègue suivant des cas qu’il n’aura pu résoudre. En plus, il a quotidiennement sous les yeux les « résultats » de ses actions professionnelles : ses anciens élèves rentrant du collège, du lycée, voire, pour mon cas après plus de 20 ans à y avoir travaillé, à l’université, dans la vie active. Le seul endroit où l’enseignant a réellement à rendre des comptes ! Pas à une hiérarchie souvent peu compétente mais à ceux mêmes que l’on appelle les usagers de l’école, d’un service public. Et en classe unique la sanction est immédiate : l’école se vide ! Ceci explique probablement à quel point les classes uniques ont été par avance fuies !
Lorsque je suis arrivé à Moussac, dans la Vienne, l’école venait de perdre sa seconde classe. Elle avait encore un effectif, surtout parce que les parents n’avaient pas eu le temps de prendre les dispositions de fuite. Mais tout le monde se demandait bien ce qu’un type de 35 ans, avec son ancienneté, venait faire dans cette galère.
En plus, lorsque les collègues du canton surent les méthodes que cet hurluberlu utilisait, il se disait partout « Il ne tiendra pas 3 mois à Moussac ». Non seulement l’école a tenu 3 mois, mais elle a tenu 20 ans, puis encore 10 ans après moi… et, à ma connaissance, elle tient toujours.
Il n’y a pas eu la fuite prévue, fuite qui aurait même due être immédiate en raison de la pédagogie pratiquée : il continue à se dire que sans la carte scolaire qui maintient les enfants et leurs parents captifs, non seulement certaines écoles se videraient mais aussi que celles où se développerait une pédagogie beaucoup plus axée sur l’épanouissement n’auraient aucune chance. C’est vraiment prendre les citoyens pour des crétins (ce que font certains auteurs médiatisés !).
Mais, à Moussac, d’emblée les parents ont été inclus dans l’élaboration des stratégies éducatives. L’enseignant n’est qu’un professionnel[1], qui peut apporter, normalement, un éclairage sur ce qui fait l’objet de sa profession, en l’occurrence les apprentissages[2], qui peut analyser le contexte et, à partir de tout cela, proposer à la discussion des stratégies éducatives à celles et ceux qui devront les subir ou les faire subir mais en tout état de cause devront y participer pour leur réussite. Et toute stratégie n’a d’efficience, pour un professionnel, que si elle peut être rectifiée suivant ses effets. Et toute stratégie ne devient acceptable que lorsque celles et ceux pour qui elle est élaborée, d’une part participent à cette élaboration, d’autre part savent que le professionnel tiendra compte du décalage entre effet escompté et effet constaté pour la modifier avec eux. Tout le secret est là ! Les parents de Moussac ont donc eu le choix entre d’une part une pédagogie de l’épanouissement où ils avaient leur mot à dire mais aussi leur propre responsabilité à engager, et une pédagogie traditionnelle d’où ils étaient aussi traditionnellement exclus, ce qui est cependant plus confortable.
Le véritable choix que j’ai fait moi-même, ce n’est pas de croire à une pédagogie mais de penser que chaque individu a vraiment la capacité d’être un citoyen, de l’assumer, et, plus surprenant encore, qu’il y prendrait du plaisir.
Mais ceci ne serait qu’anecdotique si on n’avait retrouvé des situations relativement semblables dans de très nombreuses classes uniques. Lorsqu’en 1989, probablement plein de bonnes intentions, le Ministre de l’Education, Lionel JOSPIN lança un plan d’éradication des classes uniques, grande fut la surprise de voir un nombre surprenant de villages se soulever pour conserver ce qui était devenu leur classe unique. Nombre suffisamment significatif pour provoquer d’abord des travaux pour éventuellement clore définitivement le bec à ces résistants genre Astérix. Puis, lorsque ces travaux ont montré l’invraisemblable, à savoir que les résultats des CU étaient meilleurs, il y eut un moratoire suspendant leur suppression. Moratoire qui dura jusqu’à… Ségolène ROYAL sous-ministre de l’Éducation ! Curieuse boucle et curieux aboutissements pour la même personne qui aujourd’hui revendique le choix ! Comme quoi rien n’est simple, surtout quand on complique tout !
Il n'empêche qu'il s'est trouvé et qu'il se trouve encore des centaines d'écoles de proximité, non protégées par la carte scolaire, apparemment peu intéressantes pour tout le monde, presque toujours avec les pédagogies qui font peur, des centaines d'écoles non seulement qui n'ont pas disparu par délaissement, mais dont les usagers, habitants des lieux, se battent pour tenter de les conserver. Comme d'habitude, cela n'interpelle personne.
[1] Mais l’enseignant est-il un professionnel ? ou un fonctionnaire ?
[2] Là encore est un autre problème : reçoit-il vraiment une formation concernant ce qu’il va avoir à faire quand on sait qu’un jeune sortant de l’IUFM ignore pratiquement tout ce qui concerne les pédagogies, tout ce qui concerne les sciences cognitives. Un peu comme un médecin qui ignorerait qu’il existe des microbes, la génétique,… Paré, Pasteur ou Laborit, qu’il existe la chirurgie, l’acuponcture, la diététique… etc. Et un médecin qui ne se tiendrait pas au courant des progrès de la médecine !
13 septembre 2006
Pédagogies différenciées et carte scolaire
Suite au billet du 7 septembre
Ce billet, publié dans « rebonds » de Libé, m’a valu une volée de bois vert de la part… de gens plutôt dans une mouvance semblable à la mienne ! des enseignants bien sûr. J’ai d’ailleurs toujours été surpris de voir appliquer le terme de « démagogue » à ceux qui vont à rebrousse-poil des idées communément admises. Je croyais que c’était plutôt caresser dans le sens du poil… comme quoi j’ai dû être formé dans cette école de crétins (pardon, cette école qui forme des crétins !)
Il est évident que si logiquement on donnait la possibilité de choix aux parents (et peut-être même aux enfants), il y aurait un certain nombre de conséquences :
D’abord il faudrait qu’on accepte enfin comme une réalité le fait, qu’en ce qui concerne les processus d’apprentissage, on n’en est encore qu’aux balbutiements de nos connaissances. Les affirmations péremptoire d’un Ministre sur l’apprentissage de la lecture sont grotesques et rappellent, qu’en d’autres temps, les plus doctes penseurs affirmaient que la terre était plate et l’édictaient en circulaires (pardon, en dogmes !). Mais nier aussi que les sciences cognitives ont fait quelques progrès (celles auxquelles se réfèrent les « pédagogues » fustigés) serait aussi stupide que d’en rester au temps de la saignée et nier Pasteur, la génétique… Ce d’autant que les pistes abordées par certains chercheurs comme Varela et ceux de Palo Alto sont aussi dérangeantes que celles sur lesquelles nous ont lancé des Darwin ou Mendel. Cette reconnaissance engagerait donc l’ensemble du monde enseignant dans une humilité plus féconde que les outrecuidances complaisamment affichées et médiatisées.
Ensuite il faudrait que les établissements aient le courage d’afficher leurs orientations et stratégies éducatives. Pour ce faire il faut d’abord en avoir, ensuite que des équipes se forment autour de ces orientations et s’inscrivent dans ces stratégies.
Or, cela ne devrait pas être très difficile puisque depuis la loi de 1989 chaque école doit avoir un « projet d’école », fixé pour 3 ans, débattu avec les partenaires de l’école dont les parents. Le problème, c’est, qu’actuellement, la quasi totalité de ces projets n’ont aucune globalité, évitent de toucher l’essentiel des apprentissages et se contentent d’évoquer quelques activités annexes ou complémentaires qui n’ont pas toujours grande signification et dont on évalue rarement les maigres effets.
Théoriquement chaque projet devrait être évalué pour être ajusté chaque année, avec les partenaires (en conseil d’école).
Et, théoriquement encore, tout nouvel arrivant dans l’école doit accepter le projet en cours. Ce qui est stupéfiant, c’est que lors des mouvements de professeurs des écoles, aucun document ne précise le projet d’école afférent aux postes à pourvoir… Les enseignants postulent donc sans se préoccuper des caractéristiques de l’emploi qui les attend. Etonnant non ?
Il suffirait donc simplement d’appliquer la loi un peu plus à fond (que le projet d’école définisse véritablement l’approche éducative qui a été adoptée) et de faire respecter des règles élémentaires.
Si en ville il y a plusieurs écoles donc plusieurs possibilités de choix, resterait le problème des bourgades où il n’y a qu’une seule école. Mais là aussi les structures existantes rendent possible la différenciation :
La loi de 89 a instauré les cycles qu’aucun ministre n’a encore défait. On sait que les petites unités sont plus efficientes que les macrostructures. On sait que les classes hétérogènes ou classes multiâges sont également plus efficientes (je vous en reparlerai plus longuement, mais vous pouvez aussi aller voir mon site à ce propos). Alors ? Alors il suffit, dans le même bâtiment, de scinder ce qui faisait un établissement en deux établissements. Cela n’a rien de démago : cela se fait dans quelques écoles de ZEP où l’on a même coupé la cour en deux, cela se fait dans une école de la Paillade à Montpellier où l’on a le choix entre des classes uniques, des classes de cycle, et des classes mono-cours (ce qui donne un éventail du moderne au traditionnel).
Quant aux écoles de campagne, presque toutes en RPI, le ramassage scolaire existe ; il suffirait que dans un regroupement on retrouve une classe unique (dont les approches vont nécessairement être du côté des pédagogies modernes) et deux autres écoles moins hétérogènes et plus traditionnelles.
Et tout cela ne coûterait rien ! Mais, faire disparaître la carte scolaire sans laisser cette possibilité de choix serait alors la pire des ghettoïsation
07 septembre 2006
Le vrai scandale de la carte scolaire
suite de ce billet le 13 septembre (billet publié dans "Rebonds" de Libération du 12 septembre 2006)
Dans la polémique déclenchée par Ségolène Royale, il est pour le moins surprenant que ne soit jamais évoqué ce qui constitue un véritable scandale dans une société démocratique ou tout au moins où chacun se réclame de la démocratie.
Dispenser de « l’instruction » à chaque enfant est obligatoire depuis Jules Ferry. Personne ne conteste cette formidable avancée sociétale. L’État, les communes devant donner à chaque citoyen parent les moyens d’assumer ce devoir qui lui incombe (comme le devoir de subsistance par exemple). En fait, cette obligation d’instruction pour le citoyen parent et cette obligation de lui en fournir les moyens par l’État et les communes s’est métamorphosée en obligation scolaire… Et c’est du coup l’État qui se substitue au citoyen quant à la responsabilité et au devoir d’instruction.
Tout se passe donc comme si à partir de 5 ans l’enfant est « enlevé » aux familles, sans qu’elles n’aient rien à dire, les fonctions habituelles de la parenté étant alors assurées par des fonctionnaires. Bien sûr, ce n’est pas un enlèvement total, il reste des soirées quand elles ne sont pas largement occupées par le prolongement de l’obligation scolaire et son intrusion dans l’intimité familiale, les devoirs ! L’enfant trouve alors un nouveau père, l’État, une nouvelle mère, l’école. C’est d’ailleurs bien comme cela que c’était perçu au moment des hussards noirs de la République. Quand les échecs de l’école deviennent de plus en plus apparents et gênants, bizarrement les mêmes qui excluent totalement les parents de ce qui se peut se passer à l’école les montrent alors du doigt en se gargarisant alors du mot « parentalité » qui serait mal assumé.
Parce que le scandale se situe dans le fait que la totalité d’une tranche d’âge de la population est « captive » d’une institution qui est totalement hors du contrôle, du regard des citoyens dont elle s’empare des enfants. Le mot « captif » est bien le mot exact, d’une part parce que, à moins d’être très privilégié, on ne peut se soustraire à ce qui est bien un « enfermement » dont l’État désigne lui-même le lieu à chaque citoyen (carte scolaire).
L’incroyable déni de démocratie se trouve bien là : non seulement les parents citoyens sont obligés de « laisser » leurs enfant là où l’État le leur dit, mais en plus ils n’ont rien à dire sur ce qui s’y passe, les fonctionnaires qui opèrent dans un lieu que l’on peut qualifier de « carcéral » disposant d’un pouvoir absolu qui n’est que vaguement contrôlé par sa propre hiérarchie. Autrement dit, l’école est un État dans l’État qui échappe totalement au contrôle démocratique et qui s’auto-protège lui-même. Cela a pu aboutir à l’insensé : des enseignants tortionnaires ou pédophiles pouvant opérer en toute impunité.
Mais admettons que les fonctionnaires de cet État aient conscience à la fois du pouvoir dont ils disposent et de l’immense responsabilité qui est de facto la leur dans une situation aussi anormale, ce qui est heureusement le cas le plus général. Chacun sait aujourd’hui que la façon d’aborder les apprentissages, autrement dit la pédagogie ou les stratégies éducatives, n'est pas neutre. Les pratiques éducatives à Sparte n’étaient pas les mêmes qu’à Athènes ! Comme on apprend à lire et à écrire on devient citoyen !
Les polémiques récurrentes entre traditionnels et modernes, particulièrement ravivées par un ministre irresponsable aujourd’hui, démontrent au moins que nous n’en sommes qu’aux balbutiements de la science des apprentissages collectifs. Elles démontrent qu’il y a aussi d’autres enjeux derrière de soi disant batailles d’experts. Mais alors, comment accepter que des enseignants aient la liberté de choisir par exemple des stratégies éducatives fondées sur l’épanouissement (disons Athènes) ou sur la soumission (disons Sparte), qu’un Ministre puisse décider de ce qui est bon ou mauvais, et que les parents, seuls responsables de leurs enfants, doivent accepter et faire subir à leurs enfants ce qu’aura décidé… une carte scolaire et ses fonctionnaires ?
Le vrai problème, soigneusement dissimulé, n’est pas celui de la discrimination sociale par la carte scolaire, c’est l’obligation d’accepter les pédagogies décidées selon le seul bon vouloir des enseignants. Si dans un même secteur des parents pouvaient choisir entre un établissement aux pédagogies traditionnelles et un établissement aux pédagogies modernes, il est certain que les choix ne s’effectueraient plus sur des critères sociaux, prétexte mis en avant par les défenseurs de la carte scolaire.
Tant que les parents sont exclus de l’élaboration des stratégies éducatives des établissements de leurs quartiers[1] (ce qui sera un jour une vraie révolution culturelle), tant qu’ils sont soumis à laisser leurs enfants à partir de 5 ans dans une institution hors du contrôle des citoyens, on ne peut pas continuer, dans une société démocratique, à les obliger à subir les choix d’enseignants (ou d’un ministre) dont chacun sait qu’ils ne dépendent que d’appréciations individuelles (puisqu’elles peuvent toutes être contestées) et qu’ils auront des conséquences sur le développement cognitif, psychologique et citoyen de l’enfant.
Cela implique donc la possibilité de choix entre des établissements aux pédagogies différentes… et que ces établissements existent. Dans la Ville de GAND (Belgique flammande), plus d’un tiers de la quarantaine d’écoles communales sont officiellement des écoles de type Freinet, les deux tiers de type officiellement plus traditionnel. La mixité sociale y est parfaite dans toutes ! Seul problème, les listes d’attente pour inscrire les enfants dans les écoles communales Freinet sont très longues ! Ce qui suppose que le choix implique ce que l’on considère, à tort, comme une concurrence et qui fait si peur à nos enseignants. Pourtant ce serait une façon simple de faire cesser les polémiques et qui rendrait bien dérisoires les joutes médiatiques des Le Bris et autres Boutonnet : le citoyen et ses enfants auraient bien alors la capacité de se faire eux-mêmes leur propre opinion et de prendre eux-mêmes leurs risques au lieu que d'autres les prennent pour eux... sans avoir à les assumer !
suite de ce billet le 13 septembre
[1] Lire « Du taylorisme scolaire à un système éducatif vivant » Editions Odilon.
