L'éducation ou l'école au jour le jour

Réflexions pour une autre école, une autre éducation, sous forme de billets. L'école vue par un ex enseignant toujours parent, en complément au site "Une école du 3ème type" (http://perso.orange.fr/b.collot/b.collot/)

19 mars 2008

Système éducatif Finlandais encore !

J’ai souvent cité le système finlandais dans ce blog, j’avais en particulier signalé l’article d’un principal de collège, Paul ROBERT, qui n’avait pas hésité à se rendre en Finlande pour se rendre compte, de visu, ce qui rendait ce système éducatif si efficace.

Il vient de compléter son analyse dans un bouquin paru ces derniers jours aux éditions EFS (voir ci-dessous).

A lire ! et ce devrait surtout être les gouvernants et ministres de l’éducation actuels qui devraient impérativement le lire (les anciens pourraient le lire aussi !). Il est assez surréaliste d’entendre nos dirigeants seriner à tout bout de champ et de discours qu’il faudrait voir ce qui se passe ailleurs… quand cela les arrange et même quand ça ne marche déjà plus ; mais, en ce qui concerne l’école, nos « libéraux » qui sont loin d’être des « libertaires » maintiennent et renforcent de façon dramatique un système et la conception archaïque de l’école qui en font un des système éducatif le plus étatique et le plus rigide de la planète. En réussissant le tour de force de l’acheminer simultanément vers la privatisation ! Ah ! les français sont vraiment forts !

Bonne lecture.

La Finlande

Un modèle éducatif pour la France ?

Les secrets de la réussite

Paul Robert

Comment peut-on amener les élèves à des performances exceptionnelles en lecture, en mathématiques et en sciences sans les accabler de travail ? Peut-on les motiver sans passer son temps à les évaluer ? La décentralisation et l’autonomie iraient de pair avec une remarquable uniformité des résultats entre établissements ? En démontrant que tout cela est possible, la Finlande est devenue le pays du paradoxe éducatif où, depuis ses brillants résultats aux évaluations internationales PISA en 2000, 2003 et 2006 tous les éducateurs du monde entier viennent y chercher la solution aux maux de leur propre système.

Pourtant, aucune étude approfondie du phénomène finlandais n’était encore parue en France. Ce livre a l’ambition de combler cette lacune. Il propose à tous ceux, enseignants ou responsables éducatifs, qui veulent sortir l’école française de l’impasse, de faire le détour par un pays qui a su, en 30 ans, transformer un système sélectif et inégalitaire, générateur d’ennui et de violence, en une école où l’excellence va de pair avec l’équité, et l’épanouissement de l’élève avec l’acquisition des connaissances.

Dans quelle mesure la France, sans idéaliser abusivement le système finlandais ni minimiser les

difficultés d’une simple transposition de ses méthodes, pourrait-elle s’inspirer de cet exemple pour construire enfin vraiment une école de la réussite pour chacun ? L’auteur se propose ici de transmettre les clés d’un tel succès en analysant une démarche. Il donne des réponses précises et concrètes à des questions essentielles en pédagogie.

« Car en sortant des débats hexagonaux nous sommes en mesure de réinterroger notre propre institution, voire d’envisager d’autres modalités d’enseignement que celles qui dominent aujourd’hui chez nous et paraissent immuables. Nous sommes aussi invités à dépasser des polémiques stériles sur l’autorité ou la pédagogie... La lecture de cet ouvrage s’impose pour quiconque veut s’impliquer dans la réflexion sur l’avenir de notre École. On en sort plus informé et plus lucide. Ragaillardi aussi. » Philippe Meirieu

L’auteur

Agrégé de lettres classiques, Paul Robert, après avoir enseigné pendant 20 ans en utilisant des pédagogies de contrat et de projet qui visent à responsabiliser l’élève par rapport à ses apprentissages, est actuellement principal d’un collège dans le Gard où il expérimente depuis 3 ans avec une équipe d’enseignants des solutions d’hétérogénéité modulée qui s’avèrent prometteuses. Il a effectué en avril 2006 un voyage d’étude en Finlande, qui l’a convaincu que les solutions mises en place dans ce pays pouvaient être une source d’inspiration pour faire évoluer le système éducatif français.

Parution : Mars 2008

ISBN : 978-2-7101-1934-0

160 pages – 22 !

Auteurs : Paul Robert

Collection : Pédagogies

www.esf-editeur.fr

Commandez directement ce livre avec un chèque de 22 euros (port gratuit) à ESF éditeur, Chantal Marez, 2 rue Maurice Hartmann, 92133- Issy les Moulineaux cedex

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03 janvier 2008

Finlande

Il m’est arrivé de citer fréquemment la Finlande et son système éducatif, champion du monde en ce qui concerne ses résultats. J’ai eu la chance, il y a quelques années, de côtoyer des enseignants et universitaires finlandais au cours d’une rencontre européenne « Erasmus » et, comme par hasard, malgré la barrière de la langue, c’était avec eux que j’étais le plus en phase. Et pour cause !

Pour celles et ceux que cela intéresse, je signale le passionnant rapport fait par un principal de collège du Gard, Paul ROBERT, qui a voulu aller voir sur place pourquoi cela marchait si bien. (ici) ainsi qu’une réflexion de Laurent CARLE, psychologue scolaire, à ce propos : (là)

Résumé du système finlandais qui, finalement, a beaucoup de ressemblances avec ce que préconisait en France le fameux plan Langevin-Wallon en 1945… et qui n’a jamais été mis en route. Soixante ans de perdus et probablement encore beaucoup à se farcir de fausses ruptures !

Ecole fondamentale de 7 à 16 ans (sans rupture à la française entre primaire et secondaire) : pas d'enseignement prématuré, pas de forçage

Pas de cours magistral

Le dialogue maître-élèves passe avant le monologue magistral

Journée de classe plus courte

Peu de travail à la maison

L'école est un service public. Les professeurs sont au service des usagers (les élèves et leurs familles), ils dialoguent directement sans intermédiaire (conseiller de "vie scolaire", assistante sociale ou psychologue). Les problèmes ne sont soumis aux parents que lorsque la recherche de solution directe par le dialogue avec l'élève n'a pas abouti (et en ce cas l'élève n'est pas tenu à l'écart de l'entretien)

Les élèves participent activement à la construction du sens et des savoirs

C'est à chacun de choisir son chemin pour parvenir à la connaissance (tous les chemins sont respectés et légitimes)

Les conduites d'apprentissage ne sont pas moralisées. L'échec n'est pas attribué à une insuffisance de travail, à une résistance ou à un refus des savoirs. Il n'est pas l'indicateur de l'immoralité de l'élève. La réussite n'est pas le révélateur de sa "bonne volonté". L'humiliation n'est pas une arme pour stimuler les "mauvais élèves". On accorde toujours une deuxième chance de réussir un test raté.

L'hétérogénéité est la norme

Pas de compétition

Pas de notation chiffrée avant 13 ans (et quand des notes chiffrées sont enfin données, elles sont étalées sur une fourchette réduite entre 4 et 10). Aucune note ne venant "récompenser l'effort", l'élève ne "travaille" pas pour la note.

Pas de redoublement

Pas de filière

Pas d'orientation par défaut, c'est l'élève qui choisit

Pas d'examen en fin de cursus fondamental (type BEPC)

Le partage des savoirs par la coopération entre élèves est la norme (ce qui exclut la compétition)

L'école est la maison des élèves, ils s'y sentent chez eux, ni intrus, ni otages.

L'espace scolaire n'est pas un territoire réservé.

Bref, l'élève est au centre du système et la pédagogie est la préoccupation première des enseignants. 

(…) Entre système scolaire finlandais et système français il y a le même écart qu’entre une république parlementaire et une monarchie de droit divin. Là-bas, concordance entre système scolaire et démocratie, ici, contradiction frontale du système scolaire avec le régime politique et les principes de la République. 

(...)

Alors qu’en France, le maître et les savoirs sont depuis toujours au centre du système, les Finlandais ont fait le choix sans ambiguïté d’y placer l’élève.

Estime et considération lui sont accordées sans préalable. Le respect des droits de l’homme et de l’enfance sert de loi organique à tout le système. Là où les élèves sont bien dans leur peau, les profs aussi. Le bonheur des uns fait le bonheur des autres. Et contrairement aux prédictions calamiteuses de nos gardiens du temple, quand les élèves sont heureux, épanouis, libres d’avancer à leur rythme, « le niveau monte ».

Posté par bernard_collot à 15:04 - système éducatif - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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