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L’éradication des petites écoles est bien à nouveau programmée. Avant le Lot, le Cantal en avait déjà concocté le processus (Pièce jointe : Convention pour un aménagement du territoire scolaire cantalien : Cantal). Il ne s'agit donc pas d'une élucubration qui serait le fruit d'une imagination mal intentionnée de quelques illuminés.

Les arguments n’ont pas changé depuis le premier plan Mauger en 1989[1]. Ils sont toujours aussi fallacieux. Les raisons évidentes sont les économies d’échelle… pour l’Education nationale. Déjà, en 1993, d’autres travaux produits par Alain Mingat de l’IREDU (Institut de recherche en économie de l’éducation) avaient démontré qu’en réalité il s’agissait d’un transfert de dépenses aux collectivités locales (transports, restauration, locaux, garderies…) avec en plus les effets collatéraux sur les familles.

En gros il s'agit de bloquer la baisse des nombres de postes du département sur 3 ans. En contre partie : les élus s'engagent à fermer les petites écoles de 1, 2 et 3 classes. Dans le texte cela donne ceci :

Les partenaires signataires prennent les engagements suivants :

- création de regroupements pédagogiques intercommunaux dans l’intérêt des élèves et de leurs apprentissages[2] ;

- mise en place progressive de réseaux pédagogiques[3] adossés à des collèges, se fondant sur le nouveau cycle 3[4] et les conseils pédagogiques écoles-collèges prévus dans le cadre de la loi ;

- développement de dispositifs pédagogiques permettant de répondre aux besoins de scolarisation en termes quantitatifs et qualitatifs (scolarisation des enfants de moins de trois ans, dispositif « Plus de maîtres que de classes »[5], élèves à besoins éducatifs particuliers[6], développement de l’ENT 1er degré[7]) ;

- identification par l’Education nationale, après concertation, des zones à étudier et des zones fragiles. S’y ajoute l’évolution de la démographie[8] pour déterminer le nombre de classes à ouvrir, à protéger, à regrouper, à fermer sur la durée de la convention ;

- approches qualitatives et quantitatives des conditions de scolarisation dans le cadre d’une politique d’aménagement du territoire (labellisation d’écoles à partir d’une charte départementale).

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 [1]  Voir la « contre-analyse du rapport Mauger » rédigée en 1990.  Voir aussi la demande de protéger les classes uniques comme laboratoires, publiée et adressée au ministère en 1999.

[2] Primat de l’intérêt structurel et pédagogique pour l’école sur le territoire concerné (…) création de regroupements pédagogiques intercommunaux dans l’intérêt des élèves et de leurs apprentissages

FAUX : tous les travaux et en particulier ceux de Françoise Oeuvrard (du département de l’évaluation et de la prospective du ministère de l’Education nationale lui-même !) ont démontré que les résultats des petites écoles multi-âge, et en particulier les classes uniques, étaient supérieurs à la moyenne nationale. A contrario, ceux des RPI étaient eux inférieurs !

[3] Ces « réseaux pédagogiques » comme par hasard ce sont les petites écoles rurales qui ont créé les premiers il y a plus de 30 ans ! En regroupant les écoles, on les supprime au lieu de les promouvoir !

[4] Curieux argument quand la réforme des cycles datant de 1989 n’a jamais été réellement mise en application… sauf dans certaines petites écoles rurales et classes uniques !

[5] Evidemment, le plus de maîtres que de classes ne concerne que les grosses écoles et l’on voit bien ce que veut résoudre l’EN : où trouver ces maîtres promis par une loi ?

[6] Il y a bien longtemps que l’on sait que c’est par des pédagogies différentes que les classes multi-âges ont résolu le problème.

[7] Politique numérique académique concernant le premier degré : généralisation des accès Internet, développement programmé des ENT et constitution de ressources pédagogiques partagées, formation des enseignants

FAUX : c’est dans les classes uniques que tous les plans informatiques ont été les plus vite intégrés, ce sont les classes uniques et rurales qui ont, sans attendre les injonctions étatiques, créé les premiers réseaux télématiques d’échanges et de partages entre élèves comme entre enseignants (1983).

 [8] L’évolution démographique est influencée, et de plus en plus, par la présence ou non d’une école dans un village. En la supprimant (ainsi que tous les services publics) l’EN est certaine de l’influencer dans le sens qui l’arrange ! Des dizaines de maires ruraux peuvent en témoigner.