Humeur !

Dans la réforme qui ne réforme surtout rien, notre ministre Darcos, comme ses prédécesseurs, fait de plus en plus fort (1). Je n'arrête pas, dans ce blog, sur mon site, dans mes écrits, de dénoncer le taylorisme scolaire. Si avec cette dernière mesure ministérielle on ne comprend pas, c'est à désespérer !

Le maillon de la 6ème attend désespérément des "produits conformes" pour pouvoir fonctionner. Tout le module collège que l'on n'a pas touché depuis la massification de l'enseignement, demande cette conformité pour que tout aille à nouveau pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Alors, puisqu'il y a trop de produits défectueux, on va les rendre conformes au forceps. On va les garder un peu plus dans la machine en rajoutant une dose. Dans une machine à laver, on peut essayer de faire disparaître les taches réfractaires en choisissant un programme plus lourd (plus long, plus chaud, plus de lessive) … en prenant le risque de transformer le coton, le linge fragile en charpie.

Faire disparaître ainsi les taches scolaires qui déparent la garde-robe et qui gênent la bonne marche de l'organisation éducative immuable, cela devrait paraître pour le moins douteux à tous ceux qui considèrent qu'un enfant, un ado, ce n'est pas une pièce vestimentaire. Cela paraît encore plus surréaliste quand on fait faire le supplément de nettoyage par ceux qui ont produit les taches ! Il est vrai que dans le marché des taches scolaires, il y a déjà, depuis pas mal de temps, d'autres nettoyeurs marchands, prêts à ramasser le linge sale et à faire monter la cote de leurs affaires en bourse.

Devoirs, leçons à apprendre comme le Coran, stages pendant les vacances, cours particuliers, internats…, qu'est-ce que nos ministres vont bien encore pouvoir "réformer" pour ne pas réformer la machine, leurs pensées, leurs croyances et peut-être leur idée de ce qu'est un enfant, un individu, un citoyen ?

Quelle chance nous avons de vivre dans un monde intelligent !

(1) D'ailleurs, ile terme de "réforme" qui nous est ressassé à longueur de discours et de médias , dans tous les domaines, est assez stupéfiant : il s'agit chaque fois de raffermir ou de revenir au système existant qui édicte de façon immuable les rapports sociaux, sociétaux figés depuis des décennies, voire des siècles. Et la position de chacun dans ces systèmes : que chacun reste à sa place. Et nos dignes et bien sûr irréprochables transmetteurs de l'info correcte, ne parlent que de LA réforme, les contestataires de LA réforme ne pouvant être que de stupides rétrogrades. Il ne vient à l'idée de plus personne que des réformes, il peut y en avoir une infinité de différentes, ayant des fondements, des objectifs tout aussi différents mais remettant en cause ce sur quoi quelques-uns sont confortablement assis. Et on ose fustiger "une pensée unique" ! Je crains que nous soyons justement devenus inaptes à penser.