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Le blog de Bernard Collot
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16 juin 2015

En supprimant le bac, c’est tout le système en amont qu’on libèrerait

bac2

Tout le système éducatif est basé sur ce bout de papier à obtenir. Cela en devient, dans les faits, son unique finalité.

Qu’a besoin éventuellement un jeune adulte qui termine ou qui sort du temps scolaire ? D’un« bilan de compétences » lui permettant de décider :

- soit vers quelles voies de la vie active ou vers quelles formations professionnelles il pourrait s’engager,

- soit de rester momentanément dans le système éducatif pour améliorer des potentialités,

- soit de poursuivre dans la partie supérieure du système éducatif l’exploration de domaines spécifiques (les diverses branches de l’université à l’issu desquelles d’autres bilans de compétences devraient pouvoir être faits).

Un bilan de compétences n’a rien à voir avec un examen se soldant par un diplôme ou avec n’importe quel contrôle classique, qu’il soit continu ou non.

Or, nous savons les faire puisqu’ils existent dans la vie professionnelle et constituent même un droit. Il y a des outils, des techniques, des spécialistes formés aux longs entretiens que cela nécessite. Un bilan de compétences demande du temps et de la tranquillité, s’effectue dans la confiance et la bienveillance.

Remplacer une dernière année de course à la fin des programmes, de bachotage stérile, pour un résultat sans grande signification, par une année de réflexion sur un long vécu, de débriefing, de discussions collectives, de discussions avec des actifs, des étudiants, de visites… et de multiples entretiens individuels avec des spécialistes formés qui ne seraient plus des profs, un année toujours dans le système éducatif mais libérée de toutes contraintes, de tout stress, de toute sanction (spectre de l’échec) ou récompense fallacieuse (un papier), ne serait-ce pas le souffle à donner pour que chacun vole de ses propres ailes ce qui est quand même la vraie finalité d'une éducation ?

En supprimant le bac, c’est tout le système en amont qu’on libèrerait, jusqu’à la maternelle. On devine facilement tous les possibles qui s’ouvriraient immédiatement, toutes les transformations pouvant s’opérer, tous les problèmes sur lesquels buttent sans solution l’école qui n’existeraient plus ou deviendraient différents (rythmes, programmes, évaluations, apprentissages…).

Et c'est peut-être bien ce qui fait peur et fait maintenir ce verrou que tout le monde ou presque admet comme néfaste (à part pour le monôme qui s’en suit lorsqu’on en est débarrassé !), c’est bien la remise en cause radicale de tout ce qui le précède. Autrement dit, le bac serait nécessaire pour ne rien changer !

Ce qui est étonnant, c’est que très peu se penchent sur cette hypothèse. On cherche bien, sans y arriver, à améliorer, à modifier le verrou, mais pas à le supprimer. Pourtant, si on veut changer l’école, ce ne peut être qu’une école sans bac, sans diplômes. C’est incontournable.

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Un système éducatif sans diplôme dans « Ecole et société » TheBookEdition.com

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Commentaires
M
Je suis en terminale et je peux confirmer qu'un bilan de compétences serait bien plus utile qu'un bac dénué de sens qui nous met la pression (je dirais qu'environ les 3\4 de ma classe ne savent pas ce qu'ils veulent faire après le bac, dont moi).
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L
Au contraire, peut-être en sortiraient-ils plus vite, trouvant alors plus de sens à leur vie ;) ! Je suis frappée comme on pense que c'est toujours une "bonne" chose d'écarter les jeunes gens de la vie de la société !
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B
En supprimant le bac, c'est bien tout le cortège de problème insolubles qui disparaît (et de moyens qu'ils absorbent en pure perte). L'échec scolaire n'aurait plus de sens ! Il et probable aussi que très peu de jeunes auraient envie de quitter le système scolaire avant 18 ans !
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P
Notre système éducatif n'est pas fondé sur de la rationalité et des finalités discutées et partagées. C'est un corpus religieux qui structure depuis plus de 200 ans toutes les mentalités et une part toujours croissante de la société. La remise en question rationnelle y est inadéquate.<br /> <br /> En soulevant cette hypothèse -modifier le bac- Bernard se fait carrément hérétique et aggrave son cas en attaquant de front un pilier de la religion scolariste. Il risque d'essuyer quelques ricanements et surtout une énorme indifférence àquoiboniste qui est une arme bien plus efficace que les kalachs.<br /> <br /> Il faudrait recenser quelles études, quels chercheurs patentés ont fouillé cette piste.<br /> <br /> <br /> <br /> Chapeau bas.
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L
Mais ce sera la ruine des officines de préparation au bac, de rattrapage pendant les vacances, de soutien scolaire, des indemnités des correcteurs, des laboratoires pharmaceutiques, le chômage de tous ceux qui préparent les épreuves, des commentateurs, des coachs, des services d'ordre des manifs,... Le bac, c'est du bisness :-) :-) :-) et le PIB alors ?
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